Recherchez
  • Home
  • > Rétrécissement
« Article précédent Article actualité n°356/567 Article suivant »
Edito
Rétrécissement

Par Christophe Passer - Mis en ligne le 09.10.2009

 
Ce qui arrive depuis quelques mois à notre pays résulte d’un état d’esprit. La Suisse est attaquée de toutes parts. Là, ce sont des voisins comme l’Allemagne ou la France, ou les membres de l’OCDE, qui se fatiguent du secret bancaire. Ailleurs, c’est un despote africain qui oblige le président de la Confédération au dilemme du déculottage contre otages. Là-bas, c’est une administration américaine qui dénonce des criminels œuvrant pour une banque suisse organisant de la fraude fiscale, etc.

Il est certes confortable de considérer tout cela avec l’effarouchement des honnêtes gens: on en veut à notre bien-être, n’est-ce pas, notre argent, notre réussite, notre qualité de vie, notre stabilité? Tout cela énerve et provoquerait jalousies, bon sang, mais c’est bien sûr. Ce n’est pas la réalité.

Les réponses du gouvernement suisse apportées à ces problématiques sont frappées des sceaux de la précipitation, du secret et de la capitulation. On ne sait rien ou presque de ce que la Suisse a signé à toute vitesse avec les pays de l’OCDE pour sortir de la fameuse «liste grise». L’accord avec les Etats-Unis fut négocié dans une opaque discrétion et – on présentera cela comme on veut – ébrèche bel et bien le secret bancaire. Le scandale Tinner, sombre affaire nucléaire internationale qui obligea le Conseil fédéral à détruire des documents, demeure grotesquement mystérieux. Le numéro présidentiel avec Kadhafi fut le pompon: on y va, on cède et l’on reprend l’avion sans savoir alors si les prisonniers de Tripoli suivront.

Depuis une vingtaine d’années, poussée par un parti politique paranoïaque et en vogue, l’idée que tout ce qui est étranger à la Suisse est mauvais, faux et agressif s’est épanouie: un rétrécissement de la pensée est ainsi advenu, un éloignement au monde et à l’Europe. Une manière de croire à des vertus helvétiques enfantines et ressassées: la Suisse est un petit pays, plus prospère que les autres parce qu’elle est honnête et compétente au travail.

La compétence a du plomb dans l’aile depuis l’affaire Swissair, qui fit ricaner alentour. L’honnêteté est cruellement mise en défaut par la cupidité bancaire des dernières années ou les relents des fonds en déshérence. Mais l’on continue de s’effaroucher. Nous sommes juste un petit pays, avec ses ombres et ses belles lumières. Considérer cependant depuis des décennies en notre château fort que le reste du monde nous est hostile a porté conséquence: nous sommes tout seuls.

Il faudrait désormais au gouvernement un homme d’Etat qui comprenne et affronte cet enjeu. Le parti, la langue, l’âge du capitaine sont des critères de galerie. Sur les six en lice (lire en page 39), se trouve-t-il un ministre pour ce défi?

Il faudrait désormais au gouvernement un homme d’Etat. Le parti, la langue, l’âge du capitaine sont des critères de galerie.



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: Christophe Passer, éditorial, Suisse, OCDE, Kadhafi, secret bancaire, Tinner Aller en haut de page Haut de page

 

A lire aussi

Christa et Giovanni

Christa Rigozzi va se marier

Miss Suisse en 2006, la jolie blonde a quitté Fribourg pour emménager au Tessin et commencer une nouvelle vie aux côtés de Giovanni, l'homme de sa vie. »


Pour 50 000 francs

Cointrin, meurtre sur commande pour 50 000 francs

En 2008, Pierre S. est tombé sous les balles d’un tueur mandaté par sa femme et sa belle-mère. Elles ont avoué. Le tireur présumé clame son innocence. Son avocat vient de... »


Salon du livre

Les people qui écrivent

Raconter sa vie ou écrire un roman est à la mode chez les people. Beaucoup s’y sont essayés. Notre sélection. »

Page générée en 385 ms.