Par
Michel Jeanneret - Mis en ligne le 21.12.2011
Vous êtes d’humeur morose? Vous vous sentez à plat? Pas de souci, c’est tout à fait normal. Pour vous en convaincre, jetez un coup d’oeil autour de vous et vous constaterez qu’en cette fin de décembre beaucoup de vos semblables arborent une mine signifiant «qu’on en finisse». Parce que l’année a été riche, comme en témoignent les événements auxquels nous consacrons notre traditionnelle rétrospective. Parce que l’année a été rude et que les appels lancés notamment par la crise du franc fort, la catastrophe de Fukushima et le printemps arabe nous déstabilisent dans des repères qui nous rassuraient jusqu’alors. On parle ici de notre système économique et financier, de notre sécurité intérieure, de la valeur que nous accordons à la démocratie. Et voilà que des séismes nous lancent une série de défis que nous ne savons pas vraiment comment relever. Dur pour le moral, si l’on considère qu’il n’y a rien de plus angoissant que les problèmes, sinon le sentiment de ne pas savoir par où les empoigner.
2011 restera donc dans les annales comme l’année des questions. Il nous appartient maintenant d’oser ne pas les éluder, pour que 2012 soit celle des solutions. Car les solutions existent, bien entendu, mais elles vont nous demander une grande ouverture d’esprit et quelques concessions. Il nous faudra ainsi retrouver un certain sens des responsabilités collectives et renoncer à une partie de notre confort, si nous voulons nous passer du nucléaire. Il faudra, à la tête de notre pays, des femmes et des hommes forts, porteurs de projets, désireux de laisser une empreinte et non des ministres zapping, des blêmes qui changent de département après un tour de piste réalisé sur la pointe des pieds, comme Didier Burkhalter. Il en va de la lisibilité de l’action politique, nécessaire dans des périodes d’incertitudes qui appellent des options claires et engagées.
Mais à côté de l’ambition, les solutions passeront également par une action concertée. Et il faudra, pour cela, éviter les regards stigmatisants sur ce qui se passe au-delà de nos frontières. Restaurer notre foi en l’être humain et retrouver un rien de bienveillance. Un plan d’optimisme après les plans d’austérité? Ça ne coûte pas grand-chose et ça fait du bien.
Chères lectrices, chers lecteurs, le prochain numéro de «L’illustré» paraîtra le 4 janvier. D’ici là, toute l’équipe du magazine se joint à moi pour vous souhaiter de merveilleuses fêtes de fin d’année. A vous, ainsi qu’à ceux que vous aimez.