Avec son grain de voix si particulier, ses envolées suraiguës, son aptitude à séduire le public féminin, qui ne demande qu’à croiser ses yeux turquoise, Christophe Maé est un artiste comblé, une valeur sûre. Derrière Johnny, bien sûr, et peut-être Cabrel, mais désormais devant Bruel, il a gagné le cœur des foules, avec des mots simples et des mélodies accrocheuses.
UNE VOIX DE BLACK
S’il n’y avait eu cette rencontre radiophonique avec Stevie Wonder, véritable père spirituel, entendu pour la première fois à l’âge de 14 ans, Christophe Martichon, de son vrai nom, aurait sans doute achevé sa formation de boulanger-pâtissier et ouvert un magasin à Carpentras, sa ville. Seulement voilà, le goût de la musique, la passion pour Bob Marley et Otis Redding, l’envie de jouer d’un instrument – il choisira l’harmonica – et de prendre la route en feront un artiste. La scène, Christophe Maé ne connaît que ça depuis l’âge de 18 ans. A raison de quelque 200 concerts par année, il s’y est cassé la voix. Pourtant, malgré son accent du Sud et son timbre de Black, le talentueux Christophe a longtemps galéré. Le succès ne lui a souri qu’à 30 ans! Parmi les gens qu’il peut remercier, il y a Zazie qui l’a encouragé à monter à Paris et bien sûr Dove Attia, producteur de la comédie musicale Le Roi Soleil, qui lui a offert le rôle du frère du roi et un tremplin vers la gloire.
A l’été 2007, Christophe Maé semble enfin mûr pour une carrière solo. Son premier album, Mon paradis, sorti au printemps et porté par des tubes tels que On s’attache ou encore Belle demoiselle, s’écoule en France à 1 600 000 exemplaires et devient le plus vendu cette année-là. Moins d’un an plus tard, Christophe Maé rejoint les Enfoirés (!) et sort un album live acoustique, Comme à la maison, qui s’écoule à 500 000 exemplaires. Seuls Cabrel, les Enfoirés et Johnny Hallyday feront mieux! Maé est millionnaire. Selon Le Figaro, il encaisse 1 750 000 euros en 2007, puis 2,1 millions en 2008! Son dernier album, intitulé On trace la route, arrivé dans les bacs le 22 mars dernier, s’est vendu à 136 000 exemplaires durant sa première semaine de sortie – un nouveau record en France! – et la tournée qui a débuté au mois de juin fait un triomphe. Ce sera encore le cas ce vendredi à Rock Oz’Arènes.
Christophe Maé est sur un nuage, sa guitare en bandoulière. Aujourd’hui bien parti pour durer, il paraît moins pressé. Avec sa façon très personnelle de se livrer dans ses chansons, il plaît aux femmes et les mecs le kiffent parce qu’il s’exprime comme eux, à l’image de cette strophe de Je me lâche, tirée de son nouvel album:
C’est pas que j’aime pas mon job
Mais j’en peux plus d’être au service de mon boss
J’rêve de lui dire: «Vous êtes aussi con que moche.»
PÈRE DE FAMILLE
Discret sur sa vie privée, Christophe Maé s’est marié en mars 2008 avec Nadège, sa compagne, qui lui a donné un fils, prénommé Jules.
Ce dernier n’est jamais bien loin, caché derrière les amplis, en coulisses. «Je peux enfin lui expliquer ce que papa fait comme travail, confie l’artiste. Jusque-là, il me voyait monter et descendre de train quand il m’amenait à la gare. Il pensait que j’étais contrôleur!» Ainsi lancé sur les rails du succès, Maé ferait plutôt figure de locomotive de la nouvelle chanson française.
Rock Oz’Arènes, du 11 au 14 août à Avenches. La soirée du 13 août avec Christophe Maé est complète! Billets disponibles pour les autres soirs sur
www.rockozarenes.com
NON, LE ROCK SUISSE N’EST PAS MORT!
Fer de lance du rock made
in Schweiz, avec Marvin notamment, les Zurichois Redwood reviennent de
loin... «Il y a deux ans, au moment précis où nous avions le plus de
succès, notre chanteuse nous a annoncé son départ! J’ai bien cru qu’il
ne me restait qu’à vendre mes grattes», raconte le guitariste Dino Deck.
Sans la voix chaude et la tignasse rousse de sa figure de proue
new-yorkaise Lesley Meguid, Redwood avait-il un sens? Après avoir
auditionné plusieurs chanteuses, le choix du groupe se porte sur Nicole
Kammermann, qui rejoint Redwood en janvier 2009. Elle passe son baptême
du feu dans la foulée en première partie d’AC/DC, dans un Hallenstadion
comble, en avril!
Le groupe va ensuite s’atteler à Of Butterflies
and Hurricanes (distr. TBA), son quatrième album, sorti en mars 2010. Un
disque bien envoyé, propre et net, où la très belle voix de Nicole
répond à de furieux solos de guitare. Redwood reste néanmoins d’abord un
groupe de scène, foncièrement rock et pas nécessairement rock FM comme
le laisse supposer Who We Are, premier single tiré de l’album. La grande
scène de Rock Oz s’en souviendra! B. CA.
Redwood, en concert à Rock Oz’Arènes, mercredi 11 août, 19 heures, grande scène.