Dans les rues d’Addis Abeba, la voiture file entourée de gamins qui crient en agitant les bras. «Number one, number one!» «Federer! Federer! Nous t’aimons!» Roger Federer n’est pas au bout de ses émotions. Arrivé à Sululta, dans l’une des deux écoles qu’il finance en Ethiopie à travers sa fondation, le champion de tennis est accueilli par des chants. «Tous les enfants chantaient: «Roger, notre père.» Je n’ai pas compris tout de suite, mais j’avais les larmes aux yeux.»
Roger Federer n’oublie jamais qu’il est (Sud)-Africain par sa mère. «J’y allais souvent en vacances quand j’étais enfant.» Aujourd’hui, il verse chaque année un million de francs pour divers projets humanitaires en Afrique du Sud et en Ethiopie, mais aussi au Mali, en Tanzanie, au Malawi et au Zimbabwe.
Mais le don n’est qu’une forme d’échange. Et, si le Bâlois donne beaucoup, il reçoit également énormément en retour. De l’amour, bien sûr, mais aussi un autre regard sur lui-même. «Tu fais quoi?» lui demande une petite fille. «Du tennis», répond le meilleur joueur de l’histoire en souriant. Les petits Ethiopiens le connaissent un peu de nom mais, pour eux, il est surtout celui qui leur offre un avenir.
«As-tu des enfants?» questionne un autre. Apprenant l’existence de ses jumelles, il ne veut pas savoir si elles vont jouer au tennis un jour, ce que tous les journalistes lui ont demandé une fois, mais si «elles vont reprendre la fondation plus tard». Pour une star, cette fraîcheur d’esprit et cette candeur n’ont pas de prix…
Une petite fille a voulu savoir quel âge il avait. «Devine!» a lancé Roger du tac au tac. «Je ne sais pas vraiment avec les Blancs», a hésité la petite avant de risquer une réponse: «Quarante-cinq?»
Ce dont aucun enfant ne doute en revanche, c’est que Federer «est sûrement moins fort à la course que les Ethiopiens». Pour ne pas les décevoir, Roger a disputé un petit sprint, qu’il a terminé comme s’il était à bout de souffle. Les enfants ont ri et lui leur a rendu leur sourire. Il n’oubliera pas les enfants d’Ethiopie.