UN MARIAGE… ET VITE!
KATE ET WILLIAM
Un mariage royal cette année serait le bienvenu pour tromper la crise en Grande-Bretagne. Le nouveau premier ministre David Cameron et la reine le souhaitent.
«Ecoutez, je n’ai que 22 ans, pour l’amour du ciel! Je suis trop jeune pour me marier. Je ne me marierai pas avant d’avoir 28 ou 30 ans», confiait en 2005 le prince William, qui fréquentait déjà depuis trois ans la ravissante Kate Middleton, fille d’un industriel anglais, rencontrée à l’Université de St. Andrews. En dépit d’une brève rupture en 2006, l’idylle s’est poursuivie. Le 21 juin prochain, le prince aura 28 ans: l’âge de jouer les maris.
La Grande-Bretagne a besoin d’un tel mariage, ne serait-ce que pour tromper la crise. A défaut d’une solution durable, de belles noces constitueraient un écran de fumée bienvenu pour la nouvelle majorité conservatrice. Les monarchistes placent plus d’espoir encore dans cette union susceptible de resserrer les rangs et d’offrir de nouvelles perspectives à la couronne, institution de plus en plus considérée, outre-Manche, comme un anachronisme ruineux.
LE FLAIR DE TINA BROWN
La rumeur cyclique prédisant le prochain mariage de Kate et William s’est soudain renforcée début avril, lorsque Tina Brown, confidente et biographe de feu Diana, a annoncé sur son blog (voir note) que deux dates, le jeudi 3 et le vendredi 4 juin, avaient été libérées dans les agendas royaux pour l’annonce officielle des fiançailles du jeune couple. On sait désormais qu’en réalité la reine, son époux, Charles et William cumuleront ces jours-là 24 engagements (!), ce qui devrait exclure d’autres réjouissances.
Il n’en demeure pas moins que l’événement se précise. Très discrets depuis des mois, Kate et William viennent successivement d’assister ensemble à deux mariages d’amis. Désormais attaché à la base militaire d’Anglesey, au Pays de Galles, où en septembre il aura terminé sa formation de pilote, mais où il s’est engagé jusqu’en 2013 au service de la Royal Air Force, le prince a loué une ferme où Kate le rejoint souvent.
William néglige donc moins sa vie de couple. Plus sa calvitie progresse, plus il se rapproche de Kate! Tina Brown miserait volontiers sur un mariage en novembre, «comme celui de la reine Elisabeth II et du prince Philip un jour froid et humide de 1947».
Il semble en effet que William ne souhaite pas s’inspirer de ses parents, dont le bonheur feint fit transpirer de joie l’Angleterre le 29 juillet 1981. Dans son journal, la défunte princesse Diana aurait d’ailleurs évoqué le futur mariage de son fils aîné, affirme le magazine allemand 7 Tage. William y sera-t-il sensible? Il aurait en tout cas confié à des proches qu’il s’efforcera d’éviter «tout le cirque» qui avait entouré les noces de ses parents.
«Si un tel mariage a lieu, il permettra de distraire la presse pendant des mois!»
Tina Brown
Pas question de jeter l’argent par les fenêtres: William n’ignore rien du climat économique. Dernièrement, il insistait encore sur la nécessité de donner leur chance aux jeunes en difficulté. Selon la chaîne CBS News, il aurait en outre demandé à son père d’être formé spécifiquement aux fonctions de futur roi dans un climat d’austérité. La reine Elisabeth II, qui a exigé de toute la famille un gros effort sur les notes de frais, n’a pu qu’approuver.
IL RÉSERVE, ELLE PAIE
Alors que Charles jouissait d’un domestique pour lui mettre de la pâte dentifrice sur sa brosse à dents, William fait lui-même ses réservations au restaurant. Sous le faux nom de Goldsmith, il s’est ainsi assuré une table pour deux dans un établissement londonien début avril. L’anecdote précise qu’à l’issue du repas, Kate a payé avec sa carte de crédit! Pas forcément très noble, mais moderne à coup sûr.
Le jour venu, William sera un roi en phase avec les gens. En cela, Kate l’aide beaucoup. On dit d’ailleurs le prince très familier avec Michael Middleton, son futur beau-père, qu’il appellerait papa dans l’intimité. Difficile de croire, dans ces conditions, que le carosse de 3 mètres de haut réalisé secrètement depuis six ans par des artisans australiens et décoré avec 24 diamants, 130 saphirs et plus de 400 feuilles d’or, soit pour son mariage, comme l’a suggéré la presse des antipodes…
William serait obnubilé par la peur de choquer l’opinion avec un mariage trop fastueux. Il aurait toutefois tort de négliger l’aspect onirique de l’entreprise. Les Anglais, comme les autres, ont aussi besoin de rêver, surtout maintenant.
«Avec un taux de chômage à 8%, un climat de récession et des taxes en cascade, le pays a besoin d’un mariage royal, confirme Tina Brown. Le nouveau premier ministre (ndlr: David Cameron) ne sera pas le dernier à croiser les doigts, car, si un tel mariage a lieu, il permettra de distraire la presse pendant des mois!»
L’ESPAGNE RÉCLAME UN FILS
LETIZIA ET FELIPE
Si ce couple moderne a su faire entrer la monarchie espagnole dans le XXIe siècle, il n’en demeure pas moins soumis à des pressions, d’ordre dynastique surtout.
Dans une Espagne économiquement aux abois, asphyxiée par une dette abyssale et où un quart de la population active pointe au chômage, la question de la survie de la monarchie n’est plus taboue. Certes, le pays demeure majoritairement juancarliste et les Espagnols ont prié pour leur roi, opéré le 8 mai à Barcelone. Mais, tandis que la frange contestataire s’accroît, les monarchistes, eux, peinent à se projeter dans l’avenir. Une situation dont ils rendent volontiers responsable Letizia, épouse du prince héritier Felipe.
LA CONTESTATION MONTE
L’Espagne n’est pas prête à sacrifier la famille royale. Elle aurait l’impression de se couper une jambe, ce qui, compte tenu du rôle de pilier de la démocratie joué par le roi depuis la chute de Franco, ne serait pas complètement faux. Jamais, pourtant, les critiques n’ont été aussi franches. Ainsi, les séparatistes basques et les Catalans n’hésitent-ils plus à brûler des effigies de Juan Carlos et de la reine Sofia!
On ne saurait pourtant accuser les Bourbons de souveraine indifférence à l’égard du peuple. Sous l’impulsion du prince Felipe et de son épouse Letizia, roturière divorcée et ancienne présentatrice d’un journal télévisé, ils ont fait de gros efforts pour se rapprocher de leurs sujets. Contrairement à la reine Sofia, que l’on saluait de loin, avec déférence, on n’hésite pas à embrasser la princesse Letizia dans la rue!
La famille royale d’Espagne a parfaitement compris qu’à l’ère de l’internet elle devait s’adapter ou disparaître. Felipe a étudié le droit des affaires à Georgetown. L’espagne réclame un fils Quand il commente la hausse du chômage, il sait de quoi il parle. Le temps des rois fainéants est bien révolu.
Avec son épouse Letizia, ils ont propulsé la monarchie espagnole dans le XXIe siècle. Cette femme aussi intelligente que jolie a modernisé l’institution. Ses vêtements pour la vie de tous les jours, elle les achète chez Zara, Mango ou H&M, comme tout le monde. Surtout, elle a donné à son époux deux fillettes magnifiques: Leonor, qui aura 5 ans en octobre, et Sofia, 3 ans.
Leonor et Sofia ont transformé le couple princier en une famille modèle à laquelle les Espagnols s’identifient volontiers. Quand Felipe avouait l’été dernier s’être laissé pousser la barbe pour «obéir au souhait de ses filles», il a attendri l’opinion. Pour permettre à l’aînée, deuxième dans l’ordre de succession de la couronne, de régner un jour, il aimerait voir la loi salique abolie, mais les monarchistes s’y opposent. Or, sans eux, c’est la dynastie Bourbon qui risque de finir aux oubliettes.
Leurs critiques visent essentiellement Letizia qui, après son passé de femme libre, se voit maintenant reprocher son incapacité à accoucher d’un fils.
La princesse des Asturies aura 38 ans cet automne. Elle peut encore tomber enceinte. Néanmoins, la pression morale qu’exercent sur elle les monarchistes et, au-delà, le pays tout entier, que cette naissance permettrait de rassembler, l’empêche de s’épanouir. Sa maigreur en atteste. Echouera-t-elle si près du bonheur?
PAVILLON NOIR SUR LES COURS EUROPÉENNES
La crise économique qui frappe le continent n’épargne pas les familles royales, qui s’interrogent toutes sur leur avenir.
1 SUÈDE
MADELEINE DANS DE SALES DRAPS
Après un hiver marqué par des
Jeux olympiques ratés, le peuple suédois attend fébrilement de
célébrer, le 19 juin, le mariage de la princesse héritière Victoria, 32
ans, et de son fiancé, Daniel Westling. L’annonce inattendue de la
rupture des fiançailles de sa soeur, la princesse Madeleine (photo), 27
ans, et de l’avocat Jonas Bergström, 30 ans, a refroidi tout le monde.
C’est une athlète norvégienne, l’exhandballeuse Tora Uppström Berg, 21
ans, qui a vendu la mèche, s’épanchant dans la presse de boulevard sur
sa nuit torride avec Jonas à Åre, célèbre station de ski suédoise, en
avril 2009. La fille cadette du roi Carl XVI Gustaf et de la reine
Silvia, inconsolable, a fui seule à New York.
2 ESPAGNE
JUAN CARLOS N’EST PAS IMMORTEL
Considéré
comme le pilier de la démocratie espagnole, le roi Juan Carlos, 72 ans,
n’avait jamais connu de problème de santé sérieux, jusqu’à cette
opération réussie, le 8 mai à Barcelone, d’une tumeur bénigne au poumon
droit. Bien que la monarchie fasse encore l’objet d’un large consensus
en Espagne, les critiques se sont multipliées ces dernières années, et
pas uniquement chez les indépendantistes basques ou catalans. La crise
économique n’a rien arrangé, voilà pourquoi Juan Carlos a décidé, début
février, de lever le secret entourant son agenda. Fin stratège, il
entend démontrer aux Espagnols qu’il travaille dur. Dans un pays où le
taux de chômage atteint 25%, ce n’est pas inutile.
3 GRANDE-BRETAGNE
CHARLES POUSSÉ À LA RETRAITE
Les
Britanniques veulent croire au mariage du prince William et de Kate
Middleton. La royauté en a besoin. Elisabeth II envisagerait du reste
sérieusement de chambouler l’ordre de succession au profit de son
petit-fils. Difficile de voir en Charles la promesse d’un renouveau.
Qu’il profite de sa retraite avec Camilla! A 62 ans, celle-ci vient de
se briser la jambe en gravissant une colline en Ecosse. Il lui faut du
repos, du thé aussi. A en croire Laura Bush, épouse de George W.,
Charles et Camilla sont limite alcoolos. Dans ses Mémoires (Spoken from
the Heart), Mme Bush raconte que, lors d’une visite à Washington, fin
2005, le prince avait planqué dans son manteau une flasque de gin. La
goutte de trop?
4 MONACO
PLACE D’HONNEUR POUR CHARLENE
Sur le Rocher
comme en Grande-Bretagne, on rêve mariage, on s’impatiente. Incapable
de révéler ses véritables intentions, le prince Albert II a fini par
semer la confusion. Plutôt discrète depuis le début de l’année, sa
ravissante compagne Charlene Wittstock a assisté avec lui, le 1er mai à
Paris, à la finale de la Coupe de France de football, que l’AS Monaco a
finalement perdue (1-0) face au PSG. Dans ce climat d’austérité,
d’incertitude, renforcé par la récente séparation de la princesse
Caroline et son retour en principauté, les regards se tournent
désespérément vers Charlotte Casiraghi, 23 ans, comme si elle était
désormais l’unique dépositaire du vernis monégasque.
5 PAYS-BAS
LA REINE JOUE LES PROLONGATIONS
Symbole
d’unité du pays, la reine Béatrix, 72 ans, a fêté tristement
ses 30 ans de règne le 30 avril, en inaugurant un monument à la mémoire
des sept personnes tuées un an plus tôt par un chauffard lors de la
même cérémonie. Un attentat qui aurait pu faucher la reine elle-même…
Une rumeur prédisait par ailleurs son abdication imminente au profit de
son fils Willem-Alexander, âgé de 43 ans, mais ce dernier, impliqué
dans une sombre affaire immobilière au Mozambique, a dû passer un tour.
La chute du gouvernement au mois de février a provoqué une crise
politique. Béatrix ayant le sens du sacrifice, elle abdiquera au mieux
en 2013, comme le souhaitent, dit-on, 50% des Néerlandais.
6 BELGIQUE
MENACES DE MORT POUR FABIOLA
Si la
Belgique a évité l’éclatement ces dernières années, c’est bien grâce au
roi Albert II, unanimement respecté. Cette fois, pourtant, les
prochaines élections pourraient jeter les 60% de Flamands contre les
40% de Wallons! Un casse-tête pour le roi des Belges, dont l’héritier,
le prince Philippe, ne jouit ni du respect ni de l’autorité nécessaires
pour baliser l’avenir… Comme si cela ne suffisait pas, la reine Fabiola
(photo), 81 ans, veuve du roi Baudouin, vient de recevoir début mai de
nouvelles menaces de mort anonymes, la qualifiant de «sorcière
espagnole» en référence à ses origines. Un attentat aurait été planifié
pour le 21 juillet, jour de la Fête nationale. L’été sera chaud.