L’EMBALLAGE S'ALLÈGE
La CHASSE AU GASPILLAGE révolutionne les emballages. Puma montre l’exemple avec un épatant carton à chaussures convertible en sac, une élégante astuce conçue par le designer lausannois installé en Californie, Yves Béhar.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 18.05.2010
Une simple paire de baskets doit-elle être emportée dans un gros carton?

La marque Puma n’est visiblement plus de cet avis. Ayant choisi de se positionner comme la championne du développement durable dans son secteur, elle a mandaté le designer d’origine lausannoise Yves Béhar, installé en Californie, pour dessiner une boîte comportant un minimum de carton mais un maximum de recyclabilité. Le résultat, carrément beau, s’appelle Clever Little Bag (petit sac intelligent). Ce sac (en matière vertueuse bien sûr), associé à une forme de carton savamment étudiée pour économiser deux tiers de cette matière par rapport à une boîte à chaussures standard, revendiquera dès 2011 une économie de 720 tonnes de «méchant» plastique (soit 29 millions de sacs) par an.

LE RÉFLEXE «CONSOMM’ACTEUR»

Une entreprise comme Puma est encore l’exception. En choisissant de se positionner à la pointe de l’écologie industrielle et de le revendiquer ouvertement, ce grand félin bondissant doit réduire son impact écologique sur tous les fronts, sous peine de se décrédibiliser. Avec ce génial coup de sac-carton d’origine suisse, elle démontre qu’on peut faire mieux pour l’environnement sans rien perdre sur le terrain du marketing.

Pourtant, les impératifs publicitaires pèsent encore lourd sur le packaging en général: «L’équilibre des intérêts entre marketing et écologie reste délicat, explique Lôc Pham, senior designer de Kaz Europe SA. Le fait, par exemple, de laisser le produit visible à travers son emballage rend difficile l’abandon des matières plastiques transparentes. En revanche, on a fait d’énormes progrès sur le plan des méthodes de protection en développant des techniques de pliage qui utilisent le vide plutôt que des matériaux comme le sagex pour absorber les chocs. Cela dit, il faut aussi prévoir des emballages qui résistent aux contraintes spécifiques du transport en conteneurs depuis l’Asie. Certaines cargaisons sont arrivées au port en piteux état… Le consommateur est donc encore invité à prendre du recul face aux emballages et à penser d’abord au contenu.»

Sites internet de Puma et d’Yves Béhar: www.puma.com; www.fuseproject.com



TROIS CHOSES À SAVOIR


 

1 TRANSPARENCE PLASTIQUE

Pour stimuler le réflexe d’achat, les produits sont souvent sertis dans du plastique dur transparent. Cette méthode peu écologique est hélas plus attractive qu’un dessin sur un emballage sobre.



 

2 LE VIDE MIEUX QUE LE PLEIN

Les savants pliages de carton conçus par ordinateur remplacent de plus en plus souvent les rembourrages de sagex ou de mousse à base de pétrole. Le vide bien organisé est en effet le meilleur des antichocs.



 

3 LES COULEURS PÉTANTES

Encres vives chimiques sur des cartons laminés… La mode du développement durable n’a pas calmé les ardeurs graphiques. Au consommateur de ne pas trop se laisser hypnotiser.