Les sportives aux sportifs! Responsable du Département des sports de la Radio suisse romande et navigatrice championne suisse des rallyes 2009 aux côtés de Florian Gonon, Joël Robert et Sandra Arlettaz jettent un regard croisé sur la nouvelle bombe urbaine de Renault.
Par
Christian Rappaz - Mis en ligne le 19.04.2010
Sandra Arlettaz est enthousiaste après avoir sillonné le Valais aux commandes du nouvel étalon de Renault. La blondinette championne confesse un coup de foudre pour la féroce bombinette…
«On y prend très vite goût…» Malgré son éclatant sourire, c’est bien un petit déchirement que ressent la pétillante copilote valaisanne au moment de se séparer de «sa» Mégane RS.
Pourtant rompue à la vitesse et aux performances après quinze saisons de rallye, la championne suisse en titre a visiblement été bluffée par le nouveau fleuron sportif du constructeur de Billancourt. Quelques centaines de kilomètres avalés tambour battant ont suffi à la convaincre des qualités de ce sacré avion de chasse, comme elle dit. «Même si elle n’est pas aussi réactive qu’on souhaiterait en sortie de virage et qu’on ne sent pas la charge du turbo, ça arrache bien», confiet- elle dans un rictus de circonstance en louant, pêle-mêle, l’impressionnante tenue de route, la force tranquille du freinage et la précision de la boîte de vitesses. «Malgré sa puissance, c’est une voiture que l’on prend très facilement en main.»
Equipement sommaire
La férocité du moteur et la souplesse féline de la RS ne sont pas les seuls atours à avoir séduit la Fulliéraine. Son design général et ses lignes harmonieuses, en rupture totale avec la Mégane Sport de la génération précédente, l’ont fait complètement craquer.
«Surtout l’avant, très agressif et qui profile parfaitement le véhicule», détaille-t-elle. Après avoir encore distribué fleurs et bons points au confort général, y compris pour les places arrière, Sandra Arlettaz tire le frein à main et fait marche arrière concernant l’équipement intérieur qu’elle qualifie d’austère, froid et, à vrai dire, un peutristounet. «Même la petite bande centrale en carbone ne suffit pas à réchauffer l’ambiance.» Une faute de goût qu’elle range néanmoins au rayon des détails lorsqu’elle enclenche le mode sport du moteur et qu’elle pose son pied droit sur la pédale en alu de son avion de chasse…
J’ai aimé: «Le design, agressif et harmonieux; le freinage donnant un gage de sécurité, les sièges sport, confortables et ergonomiques; le bon compromis sport-confort, les jantes 18 pouces.»
Je n’ai pas aimé: «On ne retrouve pas le bruit d’un moteur sportif qui pousse; l’intérieur, un peu cheap, le manque de «bestialité» du turbo.»
Verdict: «Le compromis sportconfort est séduisant, idem pour le rapport qualité-prix. Malgré les apparences, les places arrière sont confortables. J’achèterais cette voiture.»
Joël Robert a pris plaisir à tester une voiture qui fait tourner les têtes, impeccable sous tous rapports, mais à tendance un peu trop bourgeoise à son goût.
Le mieux serait-il aussi l’ennemi du bien en matière automobile? A en juger à l’aune des impressions de celui dont toute la Suisse romande se délecte des envolées au micro de la RSR, on pourrait le penser. «J’ai pris un réel plaisir à rouler avec cette voiture dont le look d’enfer ne passe vraiment pas inaperçu. Dommage cependant que Renault ait cédé à la tentation du confort. En se fondant dans la circulation, on finit par oublier qu’on est au volant d’un coupé sport.» En clair, Joël Robert aurait préféré que la marque au losange assume la bestialité de sa RS jusqu’au bout. Quitte à être secoué et ballotté par un châssis et des suspensions durs comme du caillou. Au rayon des grimaces, on ajoutera encore une petite frustration en matière de puissance en premier et deuxième rapports et une plus grande s’agissant de la vision arrière. «Le seul défaut qui m’a réellement gêné.»
La clé du bonheur
Pour le reste, rien à redire. «L’ergonomie des sièges Recaro est parfaite, l’équipement est correct et les 250 chevaux du moteur répondent présent lorsque le couple y est.» Une gerbe de compliments à laquelle le journaliste sportif associe la tenue de route, «impressionnante», l’espace non négligeable offert aux passagers arrière ainsi que la clé de contact électronique qui permet non seulement la mise en route du moteur par simple pression sur le bouton du démarreur, mais également l’ouverture et la fermeture des portières sans avoir à la manipuler. «Un gadget drôlement pratique.» Pour autant, c’est bien sur l’esthétique générale que le Fribourgeois a flashé. Les feux de jour à LED renforçant le caractère sportif de la proue et le bouclier avant inspiré d’une F1. «Un vrai plaisir des yeux», conclut-il, sous le charme.
J’ai aimé: «Le design à la fois racé et bestial. L’incroyable tenue de route et le sentiment de sécurité qu’elle dégage.»
Je n’ai pas aimé: «La vision arrière, trop restreinte et inconfortable; le manque de couple en premier et second rapports, le manque de réaction du turbo à bas régime.»
Verdict: «Elle a de la gueule, du chien, du tonus, mais le manque de vision arrière et le compromis plus chic que sportif ne m’incitent pas à l’acheter.»