A voir votre parcours, le rôle des femmes à la télé semble être de plus en plus intéres-sant; auraient-elles enfin dé-passé le stade de la potiche?C’est un cliché machiste un peu démodé. Oui, il y a encore des différences entre les sexes, et il y aurait encore de quoi monter aux barricades, mais c’est de moins en moins le cas. Je suis persuadée qu’on a la place qu’on se fait et que tout n’est pas gravé dans le marbre: il est possible d’aller négocier auprès de la direction.
Quels ont été vos arguments?J’ai essayé d’être convaincante dans mes choix et quant à la valeur de mon travail. Mais j’ai aussi osé refuser des projets dont je ne voulais pas, même si je n’avais pas beaucoup de travail à côté; là, je ne parle pas de TF1, mais d’avant.
Seriez-vous revendicatrice?Non, bien au contraire, les choses se sont faites progressivement. Et puis je n’ai jamais eu le sentiment de me faire avoir car, pour moi, c’est une chance de pouvoir faire ce métier. Je pense être perpétuellement en sursis, d’année en année, car jamais je ne me suis imaginé être capable d’avoir ce parcours. Il m’arrive encore de ressentir cet étrange sentiment que je suis nulle et qu’on va finir par me démasquer. Je ne dis pas que je ne suis pas légitime dans ce que je fais, mais je m’émerveille encore à chaque fois qu’on me propose quelque chose.
Quelles sont vos qualités pour ce métier?Je suis polyvalente, sérieuse et, surtout, je suis une bonne copine. J’aime le travail d’équipe.
Raison pour laquelle vous travaillez souvent en tandem?Non, c’est le hasard qui a voulu ça. On m’a souvent demandé si je n’en avais pas marre de la coanimation… Mais non, pour moi, plus on est de fous, plus on rit!
Vous êtes aussi très sujette au trac; être en duo, cela vous aide-t-il?Non, ma véritable thérapie contre la timidité a été de passer ce casting pour le Keno en 1994, alors que j’étais incapable d’aller demander du pain au boulanger. Travailler à deux, en revanche, me donne le sentiment d’être épaulée. Christophe Dechavanne est une école à lui tout seul: sa faculté de gérer le stress et de rebondir sur tout est incroyable. Quant à Nikos Aliagas, il a une grande formation de journaliste, il est cultivé et irrésistiblement drôle.