Que retenir de cet étrange millésime 2009 clôturant une décennie tout en contrastes? Dans ce numéro double, nous vous en proposons notre lecture, en mots et en images, en toute subjectivité.
L’événement absolu de la décennie? L’attentat du 11 septembre 2001, incontestablement. Difficile de dire s’il a vraiment changé le monde, comme l’affirmaient en boucle les commentateurs unanimes en regardant s’effondrer les tours jumelles, au cœur de Manhattan. Ce qui est sûr, c’est qu’il a provoqué deux guerres meurtrières, en Irak et en Afghanistan. Et qu’il a sans doute modifié en profondeur notre rapport à l’islam, comme vient encore de le démontrer le vote antiminarets. L’avènement de Barack Obama à la tête des Etats-Unis permettra peut-être à son pays de dépasser ce traumatisme absolu.
Et, en Suisse, quel est l’homme qui a marqué 2009 et peut-être même la décennie tout entière? Roger Federer, sans hésitation. Parce qu’il a offert à la Suisse cette fierté qui lui fait si souvent défaut. Parce qu’il est revenu de loin. Parce qu’il a eu la manière. Parce que c’est vraiment un type bien (lire, en page 32, l’essai de Laurent Favre sur le fameux point qui a tout changé lors du tournoi de Roland-Garros).
«Puisse cette image d’une Suisse qui gagne en n’ayant peur de rien, prendre le dessus sur celle qui cède à ses craintes diffuses pour cultiver le repli sur soi»
La femme de l’année? Bruna Hamdani, l’épouse de l’un des deux otages retenus en Libye, avec conviction. Parce qu’elle a fait montre d’une lucidité et d’un courage qui forcent l’admiration. Parce que, en cette veille de Noël qu’elle passera une fois encore loin de son mari, nous aimerions lui dire que nous sommes avec elle et que nous voulons croire que la fin du cauchemar est pour bientôt.
Le sujet de conversation de l’année? La grippe A, évidemment. Parce que nous avons collectivement redouté le pire avant de nous rendre compte, une fois encore, qu’il n’était jamais sûr. Qu’en restera-t-il, à part des stocks de masques et de Tamiflu à la cave? Pour le savoir vraiment, rendez-vous au débriefing, le printemps prochain.
La bonne surprise de l’année? L’incroyable victoire des jeunes footballeurs des M17, en finale de Coupe du monde au Nigeria, pardi! Parce que c’était bon pour le moral. Parce que cette équipe enthousiaste et métissée donnait de notre pays une image positive et dynamique, compensant quelque peu l’éclaboussure du vote antiminarets.
Puisse cette image d’une Suisse qui gagne en n’ayant peur de rien prendre le dessus sur celle qui cède à ses craintes diffuses pour cultiver le repli sur soi et le refus de la différence. Tel est notre vœu le plus cher pour l’année qui vient.
Nous vous la souhaitons pleine de succès, riche en rencontres magnifiques, jalonnée de petits et de grands bonheurs.
Très bonnes Fêtes à vous, chères lectrices, chers lecteurs, en vous remerciant pour vos encouragements et votre fidélité.