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MÉDICAMENT
FAUT-IL AVOIR PEUR DES PARABÈNES?
Les parabènes sont partout, le journal «Le Monde» vient de publier une liste de 400 MÉDICAMENTS qui en contiennent, et la France songe à interdire ces conservateurs. Le point avec deux experts.

Par Mireille Monnier - Mis en ligne le 14.06.2011

Une étude britannique met le feu aux parabènes en 2004. Une chercheuse de l’Université de Reading, Philippa Darbre, et son équipe retrouvent des parabènes, intacts, dans des tissus prélevés sur 20 tumeurs du sein. L’effet oestrogénique de ces agents conservateurs étant connu depuis 1996, l’hypothèse est alors formulée qu’ils peuvent favoriser le développement de cancers, du sein en particulier, où les facteurs hormonaux sont prédominants.

HORS-LA-LOI?

Le 23 mai dernier, Le Monde rallume le feu en publiant une liste de 400 médicaments courants contenant ces mêmes substances, dans la foulée d’un vote de l’Assemblée nationale du 3 mai, qui a adopté une proposition de loi pour interdire les parabènes, ainsi que deux autres catégories de perturbateurs endocriniens, les phtalates et les alkylphénols.

DES RÉPONSES EN FIN D’ANNÉE

Vice-président de la Société vaudoise de pharmacie, Yvan Laedermann, lui, se veut rassurant. «On trouve des parabènes dans l’alimentation, la cosmétique, les médicaments; ces agents conservateurs empêchent la croissance de champignons ou de bactéries, on les utilise depuis des dizaines d’années, et on les emploie justement parce qu’ils ont peu ou pas d’effets secondaires directs. Leur trouver un remplaçant ne serait pas évident.»

Mais, en bon scientifique, le pharmacien est ouvert au doute. «Avec la baisse de la fertilité masculine, la hausse des cancers du sein, les pubertés précoces, bien sûr qu’on doit se demander si les parabènes, entre autres perturbateurs endocriniens, n’auraient pas une incidence. On n’a pas toutes les réponses aujourd’hui, mais de nombreux chercheurs y travaillent. L’Afssaps, l’équivalent français de Swissmedic, est en train de faire une énorme étude dont on devrait connaître les résultats à la fin de l’année.»

LE PROBLÈME, C’EST L’ADDITION

Pour Thierry Buclin, qui dirige la Division de pharmacologie et toxicologie cliniques du CHUV, il faut garder en tête que les effets hormonaux des parabènes sont faibles: «Leur puissance est 10 000 à 100 000 fois inférieure à celle des contraceptifs et des traitements de substitution hormonale!» Néanmoins, le pharmacologue reconnaît que l’addition peut être lourde. «Quand on compte toutes les substances qui ont des effets oestrogéniques, tous les produits qu’on consomme, la quantité n’est pas négligeable. Je pense qu’une attitude raisonnable pour le moment serait de limiter notre exposition à ces perturbateurs. Mais changer de shampoing en continuant à prendre la pilule, ça n’a pas de sens.»

E 214 À 219: PARABÈNES!

Favorable lui aussi au principe de précaution, Yvan Laedermann relève qu’en Suisse les pharmas ne sont pas tenus de déclarer tous les excipients. Le lactose, par exemple, n’est pas soumis à obligation de déclaration. «Par contre, les parabènes le sont. Comme pour la cosmétique ou l’alimentaire, celui qui veut éviter ces conservateurs doit vérifier l’absence de notations comme parahydroxybenzoates de méthyle ou de propyle, par exemple, ainsi que les E 214 à 219.»

La liste des 400 médicaments est accessible sur le site www.lemonde.fr, mais seulement pour les abonnés.

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Tags: Santé, «Le Monde»e, parabènes, médicaments, Afssaps, Swissmedic, CHUV, Société vaudoise de pharmacie, Yvan Laedermann, Thierry Buclin Aller en haut de page Haut de page

 

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M8ZRfJdO, le 24.02.2012 à 08:06

r50HLR http://www.G1BFQuKyaBbxNAhMRORrhW8axcYq6IH3.com

gSwTKhRod, le 26.06.2011 à 18:52

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