Sans concurrencer la baronne de Rothschild, voici les règles de base pour être à la hauteur en société… numérique.
1 UN BON USAGE DU SMARTPHONE TU FERAS
Personnaliser son portable?
Attention aux fautes de goût. A proscrire: sa propre photo, qui dénote un narcissisme primaire. Bannir aussi toute gamme de bruitages douteux tels le pet, l’orgasme féminin (si, si, certains osent) ou le vuvuzela. Vous vous croyez drôle? Faux. Vous finirez seul.
Une annonce de messagerie originale?
Si vous n’êtes plus un ado à mèche, évitez les chansons et imitations. Certains ont raté des propositions d’embauche pour moins que ça.
Hurler au téléphone?
Seulement en cas de danger grave et imminent, style un attentat à la bombe. Sinon, n’imitez pas ces malappris du train qui déballent leur vie à tout le wagon: les premiers pas du petit Gaspard et Tatie sur le point de vous rayer de son testament (parce que vous êtes un gougnafier), ça n’intéresse que vous.
Recourir au smartphone dans les dîners?
Surtout avant, pour «googliser» les invités, histoire de connaître leur pedigree. Mais pas à table, sauf si le petit Gaspard est malade; dans ce cas, on prévient avant. Sinon, pas question, d’un «dîner Google» où tous les convives plongent sur leur iPhone pour vérifier la date de naissance de Micheline Calmy-Rey. Pas question non plus de s’échanger des SMS pour dire que l’entrée est ratée, la viande trop cuite ou le vin bouchonné.
Une mauvaise maîtrise de l’appareil?
Comme le footballeur Thierry Henry, vous avez perdu le contrôle de votre main et vous avez composé Duschnock, aussi collant que le sparadrap du capitaine Haddock. Restez zen. Inutile de raccrocher direct, il vous rappellera fatalement. Restez poli et annoncez-lui votre engagement humanitaire, dans une zone hostile sans eau ni électricité. Vous devriez être tranquille pour un moment. Méfiez-vous aussi de la touche haut-parleur. Ne pas la maîtriser vous expose à de grands moments de solitude: «Bonjour mon chéri, c’est maman! Dis donc, il fait un peu froid le soir, même en été, pense à mettre une petite laine.» A 30 ans passés, c’est la risée assurée auprès des copains.
2 TA NÉVROSE DU TEXTO TU CONTRÔLERAS
Vive la «textite»?
La frénésie de textos peut se révéler parfois pénible. Le SMS entre amis en réunion pour se payer la tête d’un copain, à la rigueur, mais sans clins d’œil complices ni petits rires nerveux. Ne pas dépasser certaines limites. Dans une conversation, évitez ce TOC consistant à faire des mouvements de tête incessants entre votre smartphone et votre interlocuteur. Ça fait chien de plage arrière.
Quid du langage texto?
Les abréviations ne font gagner du temps qu’à vous. Allez déchiffrer que «G f1, RV ds 1 h au 5 G’R’M’1» veut dire: «J’ai faim, rendez-vous dans une heure au Saint-Germain.» A moins d’avoir des amis Champollion, vous serez seul pour midi.
3 DES CHOSES PERTINENTES TU ENVERRAS
Des faire-part par SMS ou en envois groupés?
Le «JTE KIT» expéditif est une lâcheté qui vaut un carton rouge direct sur le terrain du savoir-vivre. Sans parler du: «Tatie nous a quittés… Enterrement mardi 16h.» D’accord, elle vous a déshérité, mais tout de même…
Photos de vacances ou pas?
Uniquement aux intimes. Ça barbe les autres. Surtout s’ils ne voyagent jamais. Evitez la série de clichés à chaque étape, qui plante la messagerie des destinataires. Votre smartphone fait appareil photo? Ce n’est pas une raison pour mitrailler à tout bout de champ. «L’instant décisif» d’Henri Cartier-Bresson ne signifie pas «tout le temps».
Utiliser des émoticones ou des smileys?
Si votre message est drôle, pourquoi donc le souligner avec un ;-) ridicule? S’il est censé l’être, mais en fin de compte ne l’est pas, le smiley ne fait que surligner le gag raté. Superfétatoire.