Caïn a tué Abel par jalousie, mais c’est une autre trahison familiale qui agite la planète people. Jamal Dati a touché 8000 euros d’avance des Editions Calmann Lévy pour balancer sur sa sœur Rachida. Son livre d’entretien, Dans l’ombre de Rachida, sort en librairie le 7 octobre et promet, sinon un scoop sur le nom du père de son enfant, du moins des révélations sur son caractère «extrêmement autoritaire » et son «peu de considération pour les gens fragiles». L’ex-ministre de la Justice, chouchoute de Sarkozy, détestée par toute la magistrature, n’imaginait sûrement pas qu’un des siens allait lui planter un couteau dans le dos.
Tout le clan Dati crie à la trahison et s’est mobilisé pour raisonner le vilain petit canard. Un manuscrit du livre a même été dérobé chez Calmann Lévy, retardant sa parution, et une copie du contrat d’édition a disparu au domicile de Jamal, en Lorraine. «Je vis un véritable enfer», a-t-il déclaré. Mes sœurs n’ont cessé de m’appeler. On m’a dit que papa ne me parlerait plus jamais, qu’on allait m’enlever mes enfants, que j’allais retourner en prison.»
Rachida, l’ex-ministre, versus Jamal, l’ex-taulard. Une véritable tragédie grecque à la sauce beur. Jamal, 37 ans, père de trois enfants, endetté jusqu’au cou, ancien délinquant, a osé s’attaquer à «celle qui vaut bien sept hommes», comme disent les amis de la famille.
«J’ai mis la honte à la famille, mais Rachida aussi»
Jamal Dati
On n’écorne pas impunément la biographie officielle et savamment répandue de la petite émigrée d’origine algéro-marocaine, deuxième d’une fratrie de douze enfants, qui s’est élevée à la force du poignet et de l’intellect. Passant à la vitesse grand V d’une cité de la banlieue de Chalon-sur-Saône aux ors du Ministère de la justice, place Vendôme. De celle «qui a coché toutes les cases sur le quiz de la vie réussie», dixit une journaliste proche du pouvoir, et qui assurait à son arrivée au sommet: «Ma vie aujourd’hui, c’est Alice au pays des merveilles.»
Rachida, mi-Audrey Hepburn mi-héroïne de manga, yeux de biche et appétit carnassier; mélange de culot et d’habileté, emblème de l’intégration réussie.
Une politicienne qui a mis en scène sa vie comme une star, avec ce talent d’araignée rusée à se tisser un réseau de gens qui comptent. Jean-Jacques Friboulet était son prof à la Faculté des sciences économiques de Dijon: «Elle avait une motivation, un fighting spirit très supérieur à la moyenne», se souvient l’éminent économiste, qui enseigne à l’Université de Fribourg.
Son exact opposé
Tout le contraire de Jamal, de sept ans son cadet. Même si, étonnamment, il est le frère qui lui ressemble le plus. Même dessin de la bouche, mêmes grands yeux sombres. Si ce n’est que la force de caractère est tombée dans le berceau de Rachida. «Prends exemple sur ta sœur», a-t-il entendu son père crier durant toute son enfance. Rachida brille à l’école, multiplie les petits boulots pour financer ses études et aider les siens. A 14 ans, elle vendait des produits de beauté à ses copines dans les escaliers de l’immeuble. Jamal, lui, se fait expulser du collège à 12 ans et ne termine pas son apprentissage de mécano.
«Titerlouite», petit bonhomme, comme l’appelle sa mère, a commencé par le racket de biscuits à l’école, puis le trafic de vélos et d’héroïne. Le père a beau cogner, le psy écouter, les juges punir, rien n’y fait. Il est en tôle, en 2007, quand la frangine devient garde des Sceaux. Condamné en appel à un an de prison ferme pour trafic de stupéfiants. La ministre fait alors publier ce communiqué par ses services: «Jamal Dati est un frère dont Rachida Dati n’est pas particulièrement proche.» Bonjour la solidarité familiale. Pas étonnant que la rancœur soit au cœur du livre de Jamal.
Il reste persuadé que sa sœur l’a sacrifié sur l’autel de sa carrière, comme il l’a confié au Nouvel Observateur. «Elle m’a enterré parce que j’étais son frère délinquant. Lorsqu’elle est devenue juge, je ne pouvais déjà plus la joindre sur son téléphone. Fallait plus que je l’appelle! Si j’avais besoin de quelque chose, je devais demander à mes sœurs qu’elles fassent la commission à Rachida. Et si j’avais le malheur de lui téléphoner, elle me raccrochait au nez!»
Certes, Rachida l’a aidé dans le passé. Elle lui a donné de l’argent, trouvé un boulot de tourneur dans l’entreprise de son ancien compagnon. C’est elle aussi qui l’a fait interner quand il avait des tentations suicidaires, pour le protéger. N’était-ce pas suffisant?
Pression sur l’avocat
«Qu’y a-t-il dans ce livre?» s’étonnait la principale intéressée, avant d’affirmer: «J’ai coupé les ponts définitivement avec mon frère depuis qu’il s’est lancé dans cette entreprise.» Pas si sereine qu’elle semble le dire, la gazelle, qui a fait convoquer l’avocat de son frère en mars dernier pour connaître le nom du journaliste associé à l’opération. «Vous pouvez me demander n’importe quoi», lui aurait-elle dit, en vain. Toujours est-il que c’est le jour même que le fameux contrat d’édition a disparu de chez Jamal...
Le Dati félon se terre désormais dans son village de Piennes, dans l’est de la France. Lui qui croule sous les dettes dit regretter amèrement ce livre. Il voulait juste se faire de la thune facile, comme tous ces auteurs dépourvus de talent qui profitent d’une position pour dévoiler les secrets des vedettes. «Franchement, si j’avais les moyens de rembourser l’avance de 8000 euros, je stopperais tout!» L’homme carbure aux clopes et aux antidépresseurs et regrette d’avoir écouté son psy qui lui a aussi assuré: «Ce livre, c’est bon pour toi!» Depuis, il a fait rajouter des «Ma sœur, je l’aime» dans le texte, et jure ses grands dieux qu’il n’a jamais eu l’intention de faire du mal à Rachida. Le seul scoop à son actif dans le livre tiendrait à cette info: à la sortie de la clinique La Muette, le porte-bébé que Rachida serrait fièrement contre son ventre était vide. «Mes sœurs me l’ont appris lors d’une réunion familiale. Ils ont fait sortir le nourrisson sans Rachida. Les journalistes massés devant la clinique auraient pu bousculer la mère et l’enfant (....).»
Ce qui en dit long sur les aptitudes de comédienne de Rachida, nouvelle députée européenne, qui, malgré la perte de son titre flamboyant, continue d’illuminer les soirées mondaines. L’autre jour, à l’avant-première du film Mourir d’aimer, aux côtés de Muriel Robin et de Liane Foly, elle posait pour les photographes, sourire aux lèvres.
Pourtant, on se demande comment cette «écorchée vive qui a toujours l’impression qu’on la méprise», selon Henri Guaino, plus proche conseiller de Sarkozy, va assumer le petit tsunami médiatique qui s’annonce. Jamal est attendu sur tous les plateaux TV.
«J’ai mis la honte à la famille, mais Rachida aussi», martèle-t-il. Il lui reproche son statut de mère célibataire qui a fait baisser la tête de leur père, pourtant si fier d’elle, dans les rues de Chalon. Son manque de pudeur et ses robes courtes qui font honte au clan.
Un bon gars
«Dommage que la femme politique ait manqué à ce point de flair», déplore Sophie des Déserts, journaliste au Nouvel Observateur, Jamal, le caïd, est un gentil garçon. Il aurait tout simplement voulu voir sa grande sœur mettre en avant ses efforts pour sortir de la dope, vanter sa réinsertion, le fait d’avoir retrouvé un travail et un patron satisfait de lui. Son frère était une publicité vivante pour mettre en œuvre les réformes judiciaires de l’ex-garde des Sceaux. La journaliste: «Il aurait suffi d’un rien pour que Jamal baisse les bras. Il aurait voté UMP, lui qui aime Olivier Besancenot, il aurait suivi Rachida partout, à la garden party de l’Elysée, chez Mireille Dumas. Car, au fond, Jamal rêvait aussi de lumière.» Rachida et Jamal, si semblables dans leurs aspirations, si différents dans leurs actions, ou l’histoire d’un rendez-vous manqué. Les petites tragédies familiales ne sont faites que de ça.
Quand Mireille Dumas était flinguée par sa sœur
Comme Rachida Dati, l’animatrice de «Bas les masques» a été la cible d’une sévère attaque familiale. Noir souvenir.
Il
y a ceux qui lavent leur linge sale en famille. Et ceux qui le font en
public. Dans ce dernier registre, Ariel Piasecki s’est surpassée l’an
dernier. Sœur de l’animatrice de télé Mireille Dumas, elle l’a accusée
d’avoir profité de son statut de vedette pour lui voler un concept
d’émission.
Réalisatrice de documentaires pour la télé, Ariel
Piasecki a publié ce réquisitoire en forme de règlement de comptes
familial en mars 2008 dans le magazine Télé 7 Jours. «Il arrive que
l’on rencontre son bourreau, écrivaitelle. Le mien se cachait sous les
traits de ma «petite» sœur, de cinq ans plus jeune, Mireille Dumas, que
j’aimais, que je défendais. Elle a abusé de moi moralement,
intellectuellement, elle a pris mon cœur, mon âme, et quand, sonnée,
j’ai tenté de me redresser, elle m’a planté un poignard dans le dos.»
A
l’origine de cette grosse colère: le lancement en 1992 de Bas les
masques, sur France 2. Selon Ariel Piasecki, c’est ellemême qui aurait
imaginé tout le «concept» de cette émission. Sa sœur Mireille aurait
alors exploité ses idées avec succès, puis l’aurait mise à la porte.
Question de jalousie et d’ingratitude.
Une fois «virée», comme
elle l’écrit, Ariel a refusé de partir. «Commencent alors les brimades
psychologiques et professionnelles, les humiliations en public. Après
sept mois de ce régime, je craque, je m’en vais. Notre famille proche
m’a lâchée, assourdie par les trompettes de sa renommée. Je finis par
tomber malade, j’ai perdu toute confiance, une honte terrible
m’envahit.»
En fait, au moment où Ariel publie ces lignes, seize
ans se sont déjà écoulés depuis les débuts de Bas les masques et la
rupture entre les deux sœurs. Si l’aînée brise ce long silence, c’est
qu’elle y est encouragée par la parution d’un livre intitulé Les
animatueurs dans lequel l’auteur, Michel Malausséna, tire à boulets
rouges sur une série de vedettes de la télé, dont Mireille Dumas,
traitée notamment d’«impératrice de la mauvaise foi».
Mireille
Dumas répondra à ces attaques par un communiqué signalant qu’elle
apporte à ces allégations mensongères la seule réponse qu’elles
méritent: le mépris.» Et l’un de ses proches collaborateurs,
Jean-François Lacan, rédacteur en chef des deux premières saisons de
Bas les masques, volera à son secours en affirmant que «les souvenirs
de Mme Piasecki ne correspondent pas aux miens et me semblent donner
une vision totalement déformée de la réalité».
Un an et demi plus
tard, que reste-t-il du feu de cette polémique? Même pas les braises.
Animatrice de Vie privée, vie publique, Mireille Dumas reste la grande
intervieweuse que l’on sait. Et Ariel Piasecki le nom d’une dame
essentiellement connue pour avoir dégommé sa sœur.