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GADGETS SOLAIRES
LE SOLEIL EN BANDOULIÈRE
Les gadgets solaires sont souvent décevants. Il existe en revanche une marque, neuchâteloise, d’installations portables de qualité professionnelle. Daniele Oppizzi, fondateur d’ILAND GREEN TECHNOLOGIES, nous présente les secrets de ses bijoux solaires nomades.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 20.07.2010

Beaucoup de passionnés de gadgets électroniques ont un jour ou l’autre craqué pour un petit chargeur solaire pour téléphone mobile ou pour un sac à dos équipé de cellules flexibles. Mais la plupart d’entre eux ont déchanté. Mauvaise finition, fragilité et performances généralement minables… C’est l’énergie solaire tout entière qui était injustement décrédibilisée. En fait, seuls les appareils très peu énergivores, comme les calculettes ou les montres, peuvent correctement fonctionner avec quelques centimètres carrés de silicium bon marché.

Quand il s’agit d’alimenter ou de recharger un appareil plus gourmand, il faut d’abord un panneau de taille respectable, qui s’approche du demi-mètre carré de surface. Ensuite, il faut que le courant produit soit stable, et non pas chevrotant.

La première exigence, celle de l’encombrement, le patron d’Iland Green Technologies, Daniele Oppizzi, l’a résolue grâce à la firme yverdonnoise Flexcell. «Sans ces cellules solaires flexibles de haute qualité, mes produits solaires nomades n’existeraient tout simplement pas. Flexcell est le leader mondial dans ce domaine. Leurs produits sont excellents.» Et c’est ainsi que le panneau de 0,6 m2 qui équipe le kit s’enroule et se glisse dans le tube plastique comme un plan d’architecte. Le rendement de ces cellules amorphes n’est que de 7% (soit la moitié environ des cellules rigides de bonne qualité), mais cette technologie reste en revanche efficace par temps nuageux ou en début comme en fin de journée. La batterie se recharge en quatre à six heures, et permet par exemple à huit lampes LED de briller ensemble durant huit heures.

UNE CLIENTÈLE QUI NE RIGOLE PAS

L’autre difficulté concernait justement la batterie, «car ça reste compliqué, le solaire, surtout sur le plan de l’électronique», rappelle cet architecte de 43 ans passé à la biologie avant de fonder sa petite entreprise high-tech. «Avec mon père, nous avons a dû maîtriser une cinquantaine de paramètres pour garantir aux utilisateurs un courant électrique de qualité irréprochable.» Pas question de se satisfaire de prises dans lesquelles les électrons auraient des coups de barre intermittents et de péjorer l’efficacité de l’installation.

Car la clientèle visée par Daniele Oppizzi, ce ne sont pas seulement des campeurs ou des propriétaires de chalet d’alpage, ce sont aussi les ONG, des gardesfrontières postés en plein désert, des responsables de parcs nationaux. La qualité suisse est donc de rigueur pour garantir à ce type d’utilisateurs professionnels une énergie censée assurer l’éclairage d’un poste sanitaire, le pompage et la purification d’eau, la fiabilité d’une glacière à usage médical ou encore la bonne marche de systèmes de communication. C’est pourquoi ce kit à 1850 francs est 100% étanche et sa solidité certifiée. «En fait, nos principaux débouchés pour notre kit Everywhere ou pour le prochain, qui sera nettement plus puissant, se trouvent surtout à l’étranger. Des pays comme le Canada ou la Finlande ont par exemple des zones très vastes qui ne sont pas reliées au réseau électrique. Je viens d’aller en Chine, invité par les autorités du Yunnan, une province très agricole où l’électrification est encore très lacunaire. En Suisse, le besoin pour ce genre d’appareils est marginal. Cela dit, je pense que les geeks d’ici seront assez titillés par notre futur modèle Trek (voir encadré).»

LE PETIT EST GRAND

En attendant, le kit Fly, le plus compact et déjà en vente, se contente de recharger un téléphone mobile ou de faire fonctionner une lampe LED, pour 290 francs. Le panneau qui s’enroule autour de la batterie est de taille très respectable. Faut-il vraiment une telle surface pour un simple téléphone? «Encore une fois, avec ce système, vous êtes sûr que la recharge se déroule comme à la maison et que ce ne sera pas un tiers de recharge, comme avec les petits gadgets qui coûtent parfois plus de 100 francs.

Le perfectionnisme de Daniele Oppizzi rimant avec écologie, le patron a volontairement opté pour des batteries fer-phosphate, beaucoup moins polluantes que celles au lithium, et 100% recyclables, comme d’ailleurs le plastique utilisée pour le tube.

www.iland-solar.com



Un m2 de solaire = un aspirateur!

Le Soleil a fait de la Terre une planète vivante. Cette lumière est l’énergie renouvelable la plus prometteuse pour remplacer les énergies fossiles qui s’épuisent. Mais elle a ses limites.

Se faire une idée concrète de la puissance de l’énergie solaire

Un litre d’essence, une stère de bois ou un sac de 10 kilos de charbon ne pourront jamais produire plus d’énergie utile qu’ils n’en contiennent. Un mètre carré de lumière solaire ne déroge pas à la règle. Cette surface de rayonnement (dans des conditions idéales) représente une énergie de 1000 watts, c’est-à-dire celle dont a besoin un aspirateur normal, ni plus ni moins. Le potentiel est donc tout à fait réel. Le problème, c’est qu’il est impossible de transformer la totalité de cette énergie lumineuse en une énergie utilisable. Actuellement, les meilleures cellules photovoltaïques parviennent à un rendement de 20%. Il faudrait donc 5 m2 de très bons panneaux solaires dans des conditions d’ensoleillement idéales pour faire marcher directement un aspirateur. C’est pourquoi jamais l’énergie solaire ne pourra faire voler un avion de transport. Car, pour faire décoller un Airbus A380, il lui faudrait des ailes recouvertes de cellules solaires d’une superficie… d’un kilomètre carré.

Le problème, c’est le stockage de cette énergie

Pour illuminer et chauffer la planète, pour la photosynthèse des plantes, le Soleil a démontré sa parfaite fidélité depuis les 700 derniers millions d’années de vie complexe sur Terre. Notre étoile est tout aussi efficace pour un jardin d’hiver, une serre ou des panneaux solaires thermiques qui produisent très simplement de l’eau chaude. Mais les besoins énergétiques humains sont variés. Pour le transport et pour faire fonctionner frigos et téléviseurs, la lumière seule est impuissante. Il faut la transformer en un vecteur énergétique. Le vecteur principal apprivoisé par l’homme, c’est l’électricité. Mais l’électricité a un gros point faible: elle ne se laisse pas stocker en masse. Pour assurer les besoins d’électricité durant la nuit, il est impossible de stocker d’éventuels surplus d’énergie solaire. Et il est difficile, sur les plans industriels et écologiques, d’envisager que le milliard de véhicules roulant au pétrole aujourd’hui sur Terre soient tous équipés de batteries. Une des pistes de stockage possibles, c’est l’hydrogène. Mais les technologies en sont encore au stade des prototypes.



Le tube qui va faire des étincelles

Le critère très XXIe siècle pour évaluer l’utilité réelle d’une installation solaire nomade, c’est sa capacité à faire tourner et à recharger un ordinateur portable. Le futur nouveau modèle d’Iland, le bien nommé Trek, relèvera le défi tout en restant nettement plus compact et plus léger que son grand frère. Dans ce tube de 50 cm sur 15 et de 4,5 kilos se nichera un panneau solaire flexible d’une puissance de 10 watts, des éléments pour l’installer idéalement face au Soleil, une lampe LED intégrée et une batterie délivrant un courant continu de 8 ampères à 12,8 volts. La connectique sera complète avec un port USB, un port allume-cigare et deux prises pour lampes LED. L’installation sera conçue de telle sorte à pouvoir très facilement en relier plusieurs en série afin de multiplier la puissance. De quoi être parfaitement autonome en pleine nature avec son notebook, son GPS et son mobile. Et le tout à un rapport qualité-prix très correct: 600 francs. Le patron d’Iland espère que ce parfait compromis sera disponible juste avant Noël. «En tout cas, l’intérêt, voire l’impatience, des commerçants et de la grande distribution pour ce modèle sont très prometteurs.»



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Tags: Soleil, gadgets solaires, solaire nomade, Iland green technologies Aller en haut de page Haut de page

 

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