Madonna: le miracle de Lourdes
Les mauvaises langues juraient que la reine de la pop serait une mauvaise mère. Sa fille Lola est aujourd’hui son meilleur argument.
Sans se prendre pour Françoise Dolto, constatons que l’adolescence est une période de haute tension. Une métamorphose s’opère, entre révolte, désirs et tentations, dont la violence brise parfois l’ado luimême, quand ce n’est pas toute sa famille. Chez les enfants de stars, l’absentéisme des parents, l’argent facile et l’ego sont autant de risques aggravants.
PLUS REBELLE, PLUS INSOLENTE
Il y a deux ans, alors que Lourdes Maria Ciccone Leon, fruit des amours de Madonna et du bellâtre d’origine cubaine Carlos Leon, allait sur ses 12 ans, la mégastar, interrogée par le magazine Elle, confiait à son sujet: «Elle me ressemble, mais elle est beaucoup plus rebelle que je ne l’étais à son âge, plus insolente aussi.» La jeune Lola, comme elle aime qu’on l’appelle, s’efforçait d’encaisser la séparation, imminente, de sa mère et du cinéaste anglais Guy Ritchie.
En ce printemps 2008, Lola Ciccone est un peu perdue. Elle aspire à devenir «quelqu’un de normal», sans trop savoir ce que cela signifie. La célébrité lui pèse. Les remarques sur ses sourcils touffus la blessent. Le divorce de sa mère ne va rien arranger. A New York, où elle fréquente une école française, elle se rapproche de son père, qui lui enseigne l’espagnol. Le français, qu’elle maîtrise bien, Lola l’utilise pour faire enrager sa mère…
Madonna culpabilise de ne pouvoir «passer plus de temps avec (ses) enfants». Elle pense aux leçons de danse de Lola, aux réunions de parents d’élèves. La Ciccone a choisi de rester une star en vogue. Son nouvel amant, Jesus Luz, pourrait être son fils!
Lola délaisse Harry Potter et la marque Hello Kitty au profit du groupe Green Day, de Lady Gaga et A Chemical Romance. Elle change de look. Au rose, elle préfère désormais le noir, les leggins bariolés, le cuir. «Elle critique les tenues de tout le monde, confie Madonna dans Elle, personne n’est épargné!» Une action de bienfaisance organisée en mai 2008 par la marque Céline offre à Lourdes Ciccone l’occasion de dessiner son premier sac à main.
Pour compenser le port d’un appareil dentaire disgracieux, elle revisite sa garde-robe, customisant ses Converse All Stars! Bien que jouant du piano depuis l’âge de 8 ans, la musique la branche moins que la danse. Elle accompagnera bientôt sa mère sur scène, à Tel-Aviv, puis dans le clip de Celebration.
A la maison aussi, elle s’affirme. «Elle est la seule qui ose tenir tête à Madonna», souligne son oncle, Christopher Ciccone. Sa mère la qualifie d’ailleurs de diva. Lola a déjà tout d’une star. Elle-même se verrait bien actrice, surtout pas chanteuse. «Elle a de nombreux centres d’intérêt, comme la mode, révèle Madonna. Moi, je ne la pousse pas, du moment qu’elle prend ses études au sérieux.»
INTERCHANGEABLES
Dingue de fringues, la jeune Lola a maintenant la même taille que sa mère, la même pointure aussi. «Elle n’arrête pas de me piquer des vêtements», dénonce Madonna dans le magazine Rolling Stone. La star le lui rend bien. Elle s’en explique dans Teen Vogue du mois de juin 2010: «Il m’arrive aussi de me servir chez elle. Quand j’en ai marre de mes chaussures, je prends les siennes! Elle a des bottes plates vraiment cool!»
«Lola est pétrie de talent, insiste Madonna. Elle pourrait tout à fait dessiner sa propre ligne de vêtements.» Aujourd’hui, c’est chose faite! Leurs rapports ont évolué. «On est comme deux amies, explique la star, on se dispute sans arrêt. C’est une relation normale entre une mère et sa fille pendant la puberté.» Madonna a posé les règles du jeu. Tant que Lola les respecte, tout va bien. Soumise aux préceptes de la kabbale, elle voit sa créativité encouragée.
Et l’argent de poche? Selon le journal italien La Reppublica, Lourdes dilapiderait près de 11 000 dollars chaque semaine! Une somme délirante qui incluerait bizarrement le salaire de ses gardes du corps et de son chauffeur… Dans Teen Vogue, Madonna a récemment tenu à rectifier: elle n’offre à sa fille qu’une prime de 50 dollars, en fonction de ses bonnes notes, pour aller s’acheter des vêtements chez American Apparel ou Topshop, ses enseignes préférées.
La relation mère-fille peut s’envenimer pour un rien. «Quand il s’agit de style, de mode, nous nous entendons bien, beaucoup moins lorsqu’il s’agit de répéter les leçons de piano, de donner le bain aux petits (ndlr: Rocco Ritchie, David Banda et Mercy James) ou de ranger sa chambre!» affirme Madonna. Lola est comme toutes les ados.
Amoureuse pour la première fois, la jeune fille a pu emmener son chéri, un brun ténébreux prénommé Carlo, à la première du film Nine, fin novembre, avec la bénédiciton de la Madone.
«Lola me rappelle moi quand j’étais plus jeune, avoue la star. Elle fonce, elle essaie plein de choses.» Souvent avec de la suite dans les idées. Le 11 mars 2010, Madonna et le groupe Iconix annoncent la création d’une ligne de vêtements peu chers baptisée Material Girl, destinée aux 13-25 ans. La collection, en vente exclusivement chez Macy’s dès le 3 août, est réservée au marché américain. «Le travail est à 90% celui de Lola, insiste Madonna. C’est son truc. Si Lola ne s’était pas totalement impliquée, je ne l’aurais pas fait.»
Promue styliste à pas même 14 ans, Lourdes Ciccone a fait, début juin, sa première couverture de magazine seule, sans sa mère, pour l’édition allemand de Quality. La mini-Madonna est née.
Malia Obama, teenager modèle
A 12 ans, la fille aînée du président des Etats-Unis fait la fierté de ses parents.
«Je me réjouis particulièrement de la manière dont les filles se
sont adaptées», confiait fin mars le président Barack Obama à la chaîne
NBC. Arrivées à la Maison Blanche en janvier 2009 avec leurs parents et
leur grand-mère maternelle, Malia, 12 ans, et Sasha, 9 ans, ont trouvé
leurs marques.
«PAS SOUS PRESSION»
«Elles ont été
formidables. Elles travaillent bien à l’école, elles ne sont pas sous
pression. (...) Elles jouent au foot, au basket, vont dormir chez leurs
amis.» Le président ajoutait toutefois: «Je me ferai du souci pour
elles quand elles seront adolescentes, parce que c’est à cet âge-là que
vous commencez à être gêné par ce que font vos parents.»
Malia a
eu 12 ans le 4 juillet, jour de la fête nationale aux Etats-Unis. Elle
a grandi. «Malia, c’est mon bébé. Et, même si elle mesure 1 m 75, c’est
toujours mon bébé!» insiste son père.
Grande première: l’aînée
des filles Obama va passer cet été un mois loin de ses parents, en camp
de vacances. Un rite de passage aux Etats-Unis, avec cabanes rustiques,
veillées aux moustiques, marshmallows grillés, etc.
Malia a pris
de l’assurance. Son père n’a parfois qu’à s’incliner. Ainsi, lors de
Thanksgiving, Courage, la dinde, a dû être épargnée. Plus sérieusement,
Malia a poussé son père à contraindre la compagnie BP à lutter plus
efficacement contre la marée noire dans le golfe du Mexique lorsque, un
matin, elle lui a demandé dans la salle de bain: «Dis papa, tu l’as
enfin bouché ce trou?»
Sans le vouloir, enfin, Malia a embarrassé
son père en arborant en public un T-shirt pacifiste le jour où il
négociait avec les Russes sur la question du désarmement!
Barack
et Michelle Obama coachent leurs filles avec sérieux, surtout au niveau
des études. Inscrite à la Sidwell Friends School, à Washington, comme
Chelsea Clinton avant elle, Malia Obama a vu son taux de réussite aux
épreuves passer de 75 à 92%.
Reste la question délicate des
amours. Pour l’instant, Malia Obama est encore innocente, mais son père
est inquiet. «Flirter sera délicat, a-t-il avoué, parce que moi, j’ai
en permanence des gars armés autour de mes filles.»
LA PLUS DÉVERGONDÉE
Tallulah Belle Willis, 16 ans, et sa mère, Demi Moore, 47 ans.
Porter
un tel prénom est difficile. Cadette des trois filles de Bruce Willis
et Demi Moore, Tallulah Belle, née le 3 février 1994, se fait désormais
appeler Lula. Cette rebelle n’a pas digéré le divorce de ses parents,
en 2000, et le fait surtout payer à son père, qui vient de se remarier
avec Emma Heming, un modèle de 30 ans. En pleine crise, Lula la délurée
s’affiche en public à moitié nue. Elle picole et fume. Après un essai
peu concluant de comédienne, elle a effectué en 2009 un stage au
magazine Harper’s Bazaar et se verrait bien travailler dans la mode.
LE PLUS TOURMENTÉ
Connor Anthony Cruise, 15 ans, et son père, Tom Cruise, 48 ans.
Adopté
par le couple Cruise-Kidman (divorcés en 2001) après Isabella Jane (18
ans), Connor est né en Floride le 17 janvier 1995. Il a fait ses débuts
au cinéma en 2008 dans Seven Pounds, pistonné par l’ami Will Smith,
dont il a incarné le personnage enfant. Occupé à promouvoir Walkyrie à
New York, Tom Cruise n’avait pu assister à la première du film à L.A.
Connor aimerait tant pouvoir passer plus de temps avec lui. Au
générique de L’aube rouge, qui sortira en novembre, le fils se demande
cette fois si son père lui fera le bonheur de l’accompagner à la
première.
LA PLUS COMPÉTITIVE
Pauline Ducruet, 16 ans, et sa mère, la princesse Stéphanie de Monaco, 45 ans.
Fille
de Daniel Ducruet, sœur de Louis, Pauline est née le 4 mai 1994.
Inspirée par son arrièregrand-père, Jack Kelly, triple champion
olympique d’aviron, elle a choisi le sport pour s’exprimer. Enfant,
elle adorait s’entraîner avec les acrobates du cirque Knie, quand sa
mère vivait avec Franco. Elle a finalement opté pour le plongeon. Son
objectif? Les Jeux de Londres, en 2012. Elle s’est classée 19e aux
derniers Championnats d’Europe à Helsinki. Etudiante appliquée à la
grâce timide, Pauline est une battante dont le cœur reste à prendre.
LE PLUS MODESTE
Christopher Sargent Schwarzenegger, 12 ans, et son père, Arnold, 63 ans.
Pas facile de s’affirmer quand on est le fils de Terminator, devenu gouverneur républicain de l’Etat de Californie fin 2003, vingt ans après avoir été naturalisé Américain. Schwarzie est un père exigeant. Né le 27 septembre 1997, Christopher Sargent, surnommé Chris, vit à Brentwood, à l’ouest de L.A. Très proche de sa mère, Maria Shriver, il est le cadet de quatre enfants. Supporter du club de basket des Los Angeles Lakers, catholique pratiquant, Chris a un faible pour la nourriture italienne. En pleine crise de croissance, il plaît, dit-on, beaucoup aux filles.
LE PLUS ARROGANT
Jaden Christopher Syre Smith, 12 ans, et son père, Will Smith, 41 ans.
«Je joue super bien», affirme le fils du champion planétaire du box-office, Will Smith, et de Jada Pinkett Smith. Né le 8 juillet 1998 à L.A., Jaden a fait ses débuts de comédien à 5 ans dans la série TV All of us, puis au cinéma en 2006. Il sera star ou rien. Il vient de tourner avec Jackie Chan le remake de Karaté Kid (en salle le 18 août), dont il a signé aussi la chanson, un rap, avec Justin Bieber. Sportif, sûr de lui, il admire son père, dont il dit volontiers qu’il est génial en tout. Jaden est en tout cas tout aussi ambigu que Will Smith s’agissant de ses liens avec la scientologie…
LA PLUS INSTINCTIVE
Sophie Shalhoub, 17 ans, et son père, Tony Shalhoub, alias Monk, 56 ans.
Quand on est fille du détective Adrien Monk, on suit son instinct. Le comédien Tony Shalhoub, d’origine libanaise, et son épouse, l’actrice Brooke Adams, ont deux filles adoptives: Josie Lynn (22 ans), que Brooke avait adoptée seule, et Sophie que le couple a recueillie en 1994, un an après sa naissance. La famille vit entre L.A. et Green Bay, dans le Wisconsin. Tony Shalhoub s’efforce d’être un père très présent. Indépendante, Sophie aime les chevaux, comme sa mère. Elle est partie cet été au Ghana se confronter à la réalité d’un orphelinat.
Parents d’ados: des people romands témoignent
«JE ME SITUE COMME LE CONFIDENT, L’ÉPAULE»
L’ex-champion
d’Europe de boxe Mauro Martelli a quatre enfants: Evann, 20 ans, Rommy,
16 ans, Jerry, 11 ans, et Swann, 7 ans. «Je les laisse faire leurs
expériences», glisset-il en père très concerné.
LA RELATION
«Voir
mes enfants pousser me fait grandir. Je suis séparé de la mère de mes
deux aînés, mais j’ai gardé un contact très fort avec eux. Chez nous,
c’est portes ouvertes. Ils passent le week-end, ils viennent en
semaine. Avec leur maman, nous avons pu abolir tout horaire fixe. Je
«chatte» avec eux, je leur téléphone, nous nous causons tout le temps.
Je suis toujours là pour eux, surtout en cas de problème. Je reste à
l’écoute, mais leur vie leur appartient. Je les laisse faire leurs
expériences. Je me situe comme le confident, l’épaule. Je leur dis:
«Vivez ce que vous avez à vivre. Mais si vous faites des bêtises, tout
a un prix.»
LES RÈGLES
«Pour les sorties, je veux savoir
où ils sont. Tout fonctionne sur la confiance. Si ma fille dort chez
une copine, je lui demande d’assumer d’être fatiguée le lendemain.
Pareil pour l’habillement: il y a un an, elle a traversé une période
punk, clous, etc. Si cela lui plaît, s’il s’agit de symboles importants
pour elle, alors OK. Je porte bien la cravate… La paix intérieure de
mes enfants est plus importante que la réussite sociale. Mais je les
encourage: je donne 20 francs pour une bonne note. Je hais la
cigarette: s’ils ne fument pas, ils reçoivent 1000 francs à leurs 18
ans. Mon aîné y est arrivé. A la maison, on essaie de partager les
tâches. Je dis stop quand leur chambre ressemble à Waterloo.»
L’AVENIR
«Je
suis fâché de la manière dont le système scolaire vaudois met certains
jeunes hors jeu. Mon fils voulait devenir informaticien, il n’a pas pu.
Il y a un côté humiliant. Heureusement, il a réussi son CFC de
carreleur. Ma fille de 16 ans suit un apprentissage de cuisinière dans
un hôtel de Lausanne. Elle est plutôt en crise avec moi, ces jours…
Elle a envie de faire des choses en solitaire. Je laisse faire,
j’attends. C’est une période plus rude avec les filles qu’avec les
garçons. C’est aussi plus profond, mais je suis un peu largué…»
«AVA PEUT NOUS PARLER DE TOUT»
Les
parents de Miss Suisse 2008, Dwain et Véronique Toyloy, 49 et 48 ans,
ont eu trois filles. Après Whitney, 20 ans et Mathilda, 17 ans, ils
vivent les joies de l’adolescence avec Ava, 13 ans (photo).
LA RELATION
«Il
paraît qu’avec trois filles, on brode la première, on coud la seconde
et on faufile la troisième. Nous avons donc été plus sévères avec
Whitney qu’avec Ava. Elle a eu plus de libertés, mais c’est aussi parce
que, des trois, c’est la plus déterminée. Elle est claire dans son
esprit et ça nous donne confiance en elle, en ses décisions. Elle sait
qu’elle peut nous parler de tout, nous sommes très ouverts. D’ailleurs,
elle se confie encore beaucoup. Ava n’est pas du tout rebelle, mais ce
n’est pas une calme non plus. A notre sens, l’éducation, c’est bien
plus que surveiller son enfant et lui donner des interdits. Il faut
avant tout le responsabiliser et lui apprendre les conséquences de ses
actes. Si les parents tiennent le cap, ils évitent pas mal de déboires
à leurs ados.»
LES RÈGLES
«Les filles aiment bien se
faire servir, mais nous luttons pour qu’elles participent quand même.
Nous avons créé un planning pour que chacune promène à tour de rôle le
chien. Le lundi, elles savent qu’elles aident à faire le ménage. Ava ne
sort pas encore, donc l’heure du couvre-feu n’est pas un problème. Elle
n’est pas censée se maquiller pour aller à l’école, mais elle triche un
peu avec du mascara et du gloss: on laisse faire. Pour les amoureux,
quand il y en aura, ils pourront dormir à la maison. Nous préférons que
les choses soient claires plutôt qu’elles se passent dans notre dos.»
L’AVENIR
«Nous
avons peu de craintes quant aux choix qu’elle fera. Elle a de bons
résultats à l’école et des envies pour son avenir. Elle se voit écrire
des livres à Amsterdam, mais elle est aussi très douée à la harpe et en
danse. Peut-être qu’elle fera le conservatoire, une école de danse ou
l’université. Nous imaginons une carrière dans un domaine artistique,
mais tout est ouvert. La seule chose qui nous ferait de la peine, ce
serait qu’un jour elle nous dise: «Ce n’était pas facile d’être la
troisième.»
«KIM ET MOI SOMMES TRÈS COMPLICES»
Natalie Sbaï, 41 ans, présentatrice météo sur la TSR, a deux filles: Noa, la cadette, 10 ans, et Kim, l’aînée, 14 ans (photo).
LA RELATION
«J’avais
vraiment peur de l’adolescence de mes filles et, du coup, je
m’attendais à tellement pire que je suis agréablement surprise de notre
complicité. Kim est très précoce, ce n’est déjà plus tout à fait une
ado et nous nous entendons à merveille. Bien sûr, il y a eu des cris,
des conflits, des incertitudes, mais par rapport à moi qui faisais
bêtise sur bêtise, je trouve que cela passe comme une lettre à la
poste. Je ne suis pas du tout une mère intrusive, juste à l’écoute. Je
trouve que c’est important pour un ado d’avoir son jardin secret.»
LES RÈGLES
«Aujourd’hui,
les pièges de l’adolescence, les drogues, la violence et surtout
l’alcool, se généralisent. Pourtant, vis-à-vis de Kim, étonnamment, je
suis assez sereine. Le fait qu’elle ait un natel et qu’elle soit si
autonome et réfléchie me rassure complètement. Mais je ne suis pas du
tout laxiste, et surtout très réactive. Si quelque chose se passe, je
dois le savoir tout de suite. Kim a permission de minuit et, question
look, comme elle a un côté plus rock que provoc, elle met ce qu’elle
veut. Pour les corvées, je dis souvent que je suis une gouvernante cinq
étoiles, mais mes filles sont malgré tout très serviables. Kim a
repassé l’autre jour, et je crois bien avoir passé la soirée à lui dire
merci.»
L’AVENIR
«Kim est une très belle personne,
infiniment douée dans les contacts sociaux. A 5 ans déjà, sa maîtresse
disait que c’était une médiatrice. Je l’imagine donc bien faire un
métier dans le social, comme sa marraine par exemple. Elle, elle
voudrait faire quelque chose dans le design d’intérieur. On verra, mais
je la pousse à faire des études. Partir étudier à l’étranger, pourquoi
pas? Je n’ai pas du tout peur que l’oisillon quitte le nid. La seule
chose, c’est que je n’aimerais pas être grand-mère trop tôt!»
«MES ENFANTS SONT DES CADEAUX»
Patron
de Switcher, Robin Cornelius a trois enfants: Tess, 22 ans, Bryan, 19
ans, et Zoé, 16 ans (photo). Ils grandissent avec une confiance qui
impressionne leur père.
LA RELATION
«Mes trois enfants
sont des cadeaux. Ils sont hyper mature, hyper posés, ils
m’impressionnent. J’ai de la chance, mais je suis aussi convaincu que
les ados dérapent surtout quand l’autorité disparaît. Si les parents
n’installent pas un cadre, les jeunes sont vite paumés. Moi-même, je
suis un peu resté ado, peut-être parce que j’ai grandi avec des parents
très âgés. Ils laissaient aller, j’ai été un peu pourri… J’ai une
relation différente avec mes enfants. Ma femme apporte le côté
discipliné, j’amène ma folie. A nous deux, cela donne une éducation
assez magique. Mes enfants ont un cadre, mais pas de limite dans le
rêve. Pour moi, limite veut dire sécurité, autorité signifie clarté.»
LES RÈGLES
«Oh,
ils remplissent la machine à laver, ils aident. Franchement, nous
n’avons jamais eu de rapports conflictuels pour ce genre de sujets, je
n’en ai pas un seul souvenir. Côté argent, nous n’avons jamais dû
négocier, ils ont intuitivement appris à ne pas demander. Ils sont
hyper simples. Nous donnons par exemple 300 francs par mois à Zoé, ma
fille de 16 ans. Elle paie ses repas avec, il doit lui rester environ
80 francs pour le reste. Elle se débrouille avec ce qu’elle a. Quand
elle dort chez une copine, on fixe une heure, on a confiance.»
L’AVENIR
«Zoé,
c’est l’artiste; Bryan, l’écolo; Tess, l’intello hypersensible, celle
qui a le plus mon caractère. Entre eux, ils sont d’une complicité! Je
les vois tellement sereins. Tous les trois aiment tenter des trucs. Ma
cadette est au gymnase du Bugnon, à Lausanne. Elle fait du théâtre, du
piano, commence la guitare. Elle me dit: «Papa, laisse-moi faire.» Leur
génération me donne confiance. Ils ont une manière différente d’aborder
la vie, plus de pudeur. Ils reviennent aux valeurs. Je crois que ma
génération se la pétait bien plus que la leur…»