TÉLÉCHARGER EN TOUTE LÉGALITÉ
Avec l’arrestation de Kim Dotcom et la fermeture musclée de son site Megaupload, les Terriens qui n’avaient pas encore envisagé de consommer des films, de la musique, des livres ou des journaux via l’internet vont être tentés de s’y mettre. Voici quelques pistes, parfaitement légales celles-là, à leur intention.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 31.01.2012

La fermeture de Megaupload désole des millions de citoyens, majoritairement jeunes, qui pouvaient satisfaire leur consommation compulsive de films et de séries, principalement américaines, sans devoir attendre, «à la papa», leur hypothétique diffusion sur une vénérable chaîne nationale. Mais l’écrasante majorité de Terriens disposant d’une connexion internet n’avait jamais entendu parler de ce site de partage fondé sur le non-respect des droits d’auteur et des droits de diffusion. Car si, aujourd’hui, les seniors eux-mêmes considèrent l’ordinateur comme un appareil aussi banal qu’un grille-pain, la consommation de biens culturels – vidéo, musique, livres et journaux – via les pipelines électroniques ne s’est pas encore généralisée. Mais cette révolution qui signera la mort du CD, du DVD et d’une partie des publications sur papier est bel et bien en train de se réaliser. Alors, pour ceux qui hésitaient encore à faire leurs courses culturelles, gratuitement ou non, voici une petite visite guidée de ce grand bazar encore en train de se structurer.

Les nouveaux paradis musicaux

S’il y a une branche culturelle qui se tourne définitivement vers le cyberespace pour se diffuser de manière légale, c’est la musique. Le magasin en ligne d’Apple, l’iTunes Store, lancé il y a déjà presque dix ans, puis boosté par le triomphe de ses iPhone, ces téléphones bons à tout faire, notamment à écouter de la musique, avait ouvert la voie. Et des concurrents (Amazon, des maisons de disques) se sont engouffrés dans la brèche. C’est encore la manière la plus classique de consommer de la musique en ligne payante: on achète et télécharge des albums ou des morceaux par carte de crédit. Mais ces supermarchés vendent leur musique à des prix sans pitié, en dépit des économies de fabrication, de transport et d’intermédiaires.

Tournant le dos à ces pompes à fric, les internautes désargentés furent et sont donc encore des millions à se gaver d’émotions musicales en contournant les lois. Mais voici que débarquent des solutions intermédiaires, bien moins onéreuses: l’allemand Simfy, le suédois Spotify, le français Deezer, pour ne citer que les plus costauds, mettent désormais à disposition des millions de chansons. Notre test comparatif nous a permis de vérifier la puissance de ces trois offres. La simplicité de son application fait peut-être de Simfy le choix le plus adéquat pour un débutant. Les trois catalogues sont en tout cas d’une grande richesse, même si des mythes musicaux comme les Beatles, par exemple, ne se laissent toujours pas apprivoiser sous cette forme. Les offres sont très équivalentes chez les trois diffuseurs: il y a la gratuité et ses inconvénients notamment publicitaires conçus pour se laisser tenter par deux types d’abonnements mensuels, à 6 fr. 50 ou à 12 fr. 50 en moyenne. L’abonnement le plus cher permet l’écoute sur des appareils mobiles hors connexion des morceaux téléchargés. Mais, contrairement aux magasins en ligne, on perd tout dès qu’on renonce à conserver son abonnement. Ces platesformes musicales dites «en streaming» sont en train de s’imposer comme le moyen le plus simple et le plus avantageux pour accéder au patrimoine musical de l’humanité.

Autre possibilité très simple et totalement gratuite: des milliers de radios spécialisées dans tel ou tel genre musical se bousculent sur le web. On peut les écouter sur son PC directement sur leur site ou via d’innombrables logiciels gratuits. Mais plutôt que de laisser tourner un ordinateur de 100 watts pour ce seul usage, il est plus raisonnable de s’offrir un poste de radio internet. Il existe désormais de bons modèles à une centaine de francs.

 

«Je n’écoute de la musique plus que sur Spotify»
Un mélomane romand anonyme

 

Les films et les séries

Si la musique en ligne semble s’être inventé des compromis légaux, entre gratuité et abonnement payants, simples d’usage et très riches en contenu, c’est une tout autre affaire avec le cinéma et les séries télévisées, pour lesquels la primeur et l’exclusivité de diffusion sont financièrement vitales. Il est donc illusoire d’espérer trouver une solution légale sur ou via l’internet pour se goberger de films et de séries américaines inédites. Quand on renonce à la méthode Megaupload, il faut se contenter de séries et de films «anciens», pas forcément en version originale. En Suisse, on a le choix, en matière de vidéo à la demande, entre la toute jeune Apple TV, une boîte noire à 129 francs, qui transforme votre télévision, via votre connexion internet, en réservoir de films et de séries à louer. Swisscom TV propose de son côté un millier de films. Autres offres avec une boîte «magique», chacune ayant sa spécificité, par exemple un service de livraison de DVD à domicile pour la première: HollyStar.ch et SwissTV.ch. Quant à la solution consistant à télécharger (légalement) des films sur son ordinateur, via des magasins en ligne comme l’iTunes Store d’Apple, elle restera marginale par rapport aux solutions plus étroitement liées au poste de télévision.

Les livres

Et les bouquins? Si les beaux ouvrages illustrés resteront à jamais fidèles au papier et à la reliure, les livres 100% texte ont trouvé dans les tablettes à encre virtuelle un support presque parfait. Le mammouth dans le domaine, c’est Amazon et sa tablette Kindle (à commander en ligne sur le site international d’Amazon), désormais utilisable en Suisse romande en se connectant sur le site Amazon France. L’offre gratuite des grands classiques comporte 4000 titres. Quant aux Romands anglophones, ils sont bien sûr enchantés en ayant accès à des centaines de milliers de bouquins anglo-américains, téléchargeables en quelques secondes et à des prix souvent très légers. En revanche, et c’est très agaçant, cela se gâte avec les livres en français. Le catalogue, modeste pour cause d’éditeurs encore crispés face à cet abandon du papier, est en plus très souvent inaccessible en Suisse pour des questions de droits d’auteur. Ainsi pas moyen de télécharger la trilogie Millénium par exemple, à moins d’habiter en France voisine.

LES ADRESSES LES PLUS UTILES EN SUISSE

Musique en ligne, vidéo à la demande, livres numériques... tout passe par le web.

MUSIQUE

Plates-formes de musique en streaming:
www.deezer.com

www.simfy.ch

www.spotify.com

Pour s’informer sur iTunes Store:
www.apple.com/chfr/itunes/features

Un poste de radio internet de très bon rapport qualitéprix, avec intégration de Spotify et de Deezer:
www.logitech.com/fr-ch/speakers-audio/wirelessmusic- systems/devices/ 7654

Répertoire de radios internet:
www.radio.fr

FILMS

Pour comparer les services de vidéos à la demande:
www.hollystar.ch
www.swisstv.ch

www.swisscom.ch/res/tv

www.apple.com/chfr/appletv

L’émission conso de la TSR, A bon entendeur. traite du sujet des vidéos à la demande: http://www.tsr.ch/emissions/abe/telecommunication/3347561-video-a-la-demande-un-film-chez-soi-trop-cher.html

LIVRES

Les offres de livres numériques pour la Suisse:
www.amazon.fr
www.fnac.ch/ebook.php

www.payot.ch/fr/nosLivres/Ebook.html

www.e-readers.ch