Quand il rentre de ses périples aux quatre coins du monde, le documentariste Daniel Schweizer aime se retrouver au calme dans sa «base»: un lieu de vie et de travail.
Par
Mélanie Blanc - Mis en ligne le 09.04.2010
Cette maison, c’est l’histoire d’une rencontre. Celle d’un cinéaste –
Daniel Schweizer – et d’un architecte – Cédric Bonvin. «Tout s’est
passé très vite, se souvient le documentariste. En un week-end, on a
trouvé l’architecte et le terrain.» A Sion. Lui, son épouse et leurs
deux enfants ont alors dû quitter leur vie genevoise pour s’installer en
Valais. «Réaliser un tel projet à Genève aurait été impossible»,
explique le néo-Valaisan. L’envie du réalisateur: mélanger lieu de vie
et de travail. «Je suis régulièrement en voyage. Souvent dans des
conditions difficiles. J’avais besoin d’une base, d’un lieu calme où
reprendre mon souffle.»
«Il y a un jeu de correspondance entre l’art primitif et l’art
contemporain. Les différentes pièces dialoguent entre elles»
Dans cet écrin de béton, des statues
ramenées de ses périples, des livres, des peintures. «Je ne suis pas un
collectionneur, mais j’aime les objets, ce qu’ils racontent.» Une
décoration qui s’est faite de manière instinctive, chaque élément ayant
trouvé sa place naturellement lors de l’emménagement. «Je prends du
plaisir à faire dialoguer les pièces entre elles.» L’ancien et le
moderne; l’Asie et l’Afrique.
Côté meubles, rares sont ceux qui
ont été déménagés, le couple ayant privilégié le sur-mesure. Cuisine,
salles de bain, tables, bibliothèques. «Tout est fait pour habiter
l’espace», note l’esthète. Comme la transparence qui est un élément
primordial. Les immenses baies vitrées permettent de délimiter des
espaces sans pour autant se perdre de vue. Les fenêtres du bureau comme
celles de la cuisine peuvent être complètement ouvertes, créant ainsi
une immense pièce. «Cette maison est un lieu très ouvert tout en étant
très protégé des regards extérieurs.» Son double architectural en
quelque sorte, lui aimant tant observer le monde caché derrière sa
caméra.
Son film «Dirty Paradise» vient de remporter le grand
prix du Festival du film & Forum sur les droits humains, à Genève.
www.dirtyparadise.net
La maison de Daniel Schweizer sera ouverte
au public dans le cadre de la 15n de l’architecture. Infos sur
www.15n.ch
LE SALON
La bibliothèque a été réalisée sur mesure par un ébéniste.
Sur la gauche, au mur, des toiles réalisées par Daniel Schweizer
côtoient des œuvres de Robert Rauschenberg.
LE BUREAU
Le tableau a été réalisé par Daniel Schweizer. Devant, de
gauche à droite, une statue indienne, une indonésienne et une
sénégalaise. Sous verre, un crâne. Prétexte à une composition de son cru
avec un livre et un tableau pop art.
L’ENTRÉE
En pénétrant dans la maison, le ton est donné: statues
ethniques et tableaux modernes constituent le principal du décor.
LA CHAMBRE À COUCHER
L’armoire et le lit avaient été dessinés pour
leur ancienne résidence genevoise. Ils font partie des rares meubles qui
ont été déménagés.
LA SALLE À MANGER
Pour éclairer la table de la salle à manger, deux
suspensions Nur d’Artemide. Sous le tableau représentant Mao, une
cheminée transparente donne sur le salon. De chaque côté, deux statues
akhas.