C’est le pharaon préféré du grand public. Son nom déclenche les passions depuis la découverte de son tombeau, en 1922. Fascination pour son trésor, son masque mortuaire avec ce sourire aussi fin que celui de la Joconde. Trois mille trois cents ans après sa mort, la science moderne vient de percer à jour les secrets de sa généalogie.
Par
Patrick Baumann - Mis en ligne le 25.02.2010
Richesse et malédiction
Lorsque l’égyptologue anglais Howard Carter découvre la tombe de Toutankhamon, en 1922, dans la Vallée des Rois, il n’imagine pas la vague d’égyptomanie qu’il va déclencher dans le monde entier. Un sarcophage orné de pierres précieuses, un masque mortuaire en or pur, un trône, des vases, des armes, des bijoux, soit au total quelque 4000 objets exposés aujourd’hui au Musée du Caire. La légende s’est encore nourrie d’une rumeur de malédiction du pharaon pesant sur les pilleurs de tombes après la mort mystérieuse de plusieurs membres de l’expédition. La science a encore une fois bridé l’imagination. En expliquant que les bactéries ou les champignons microscopiques, voire les gaz toxiques enfermés dans les sarcophages sont probablement à l’origine de ces décès.
L’Indiana Jones égyptien
Zahi Hawass dirige le service des antiquités égyptiennes avec un stetson sur la tête et un sens du show qui en irrite plus d’un. Ce partisan de l’égyptologie aux Egyptiens se conduit souvent lui-même comme un pharaon sur son terrain. Pour mener à bien ses études mêlant radiographie, archéologie et génétique, il a réussi à se faire offrir un scanner de près d’un million de dollars par la chaîne TV National Geographic. Seize momies ont été analysées par une équipe réunissant des experts de différents pays. Les résultats ont été présentés par Hawass en grande pompe au Caire et dans le Journal of American Medical Association. La devise de cet aventurier de la momie perdue: «L’archéologie n’est pas juste un job. Elle combine tout ce que je désire: l’imagination, l’intellect, l’action et l’aventure!»
Pharaon au pied bot
Il monte sur le trône à 9 ans et l’on sait aujourd’hui, grâce aux analyses ADN, qu’il est mort à 19 ans. Probablement des suites d’une blessure à la jambe aggravée par une nécrose des os provoquée par le paludisme. Ce pharaon qui fait rêver les filles depuis la reconstitution de son doux visage à partir de scanners faciaux portait en fait tous les signes de la consanguinité: un nombre anormal d’orteils au pied droit et un pied bot à gauche (ce qui explique la présence d’une canne et d’une boîte à pharmacie dans sa tombe). Chétif malgré son mètre septante, il n’a rien à voir avec le physique d’un Yul Brynner incarnant Ramsès pour Hollywood. Loin de l’aventure, le jeune prince n’est pas mort assassiné. Le trou à l’arrière de son crâne a été fait post mortem par ses embaumeurs.