Oubliez le gentleman bien élevé communément admis: le film de Guy Ritchie propose un détective privé dépressif et marginal, qui n’hésite pas à cogner.
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Marc David - Mis en ligne le 03.02.2010
Plus d’un siècle avant que Les experts ne débarquent avec leurs labos sophistiqués, il y eut Sherlock Holmes. Né dans l’imaginaire de Sir Conan Doyle (1859-1930), ce détective privé misogyne et excentrique n’avait pas besoin de cellules ADN pour débusquer un coupable. Une trace de boue sur une chaussure, une tache sur un habit, et son esprit aiguisé échafaudait des théories aussi complexes qu’imparables.
Son inséparable compère, le Dr Watson, le regardait avec un mélange d’exaspération et de folle admiration. Un véritable duo, complémentaire et pittoresque, qui connut déjà le triomphe du vivant de son auteur, jusqu’à ce que celui-ci fasse périr Holmes en 1891 dans les chutes du Reichenbach, près de Meiringen (BE).
Depuis, Sherlock ne hante pas que sa chambrette, sur Baker Street. Il a été adapté maintes fois à la radio, à la télévision, en BD et même en jeu vidéo. Ainsi qu’au cinéma. Dans les années 30, l’acteur Basil Rathbone en fit un gentleman très british. Le réalisateur Guy Ritchie (Snatch, Revolver) prend aujourd’hui un virage en épingle à cheveux. Son Sherlock est dépravé, solitaire, accro à ses enquêtes. Il a une hygiène personnelle calamiteuse et parle mal aux dames. Le dandy Robert Downey Jr. campe ce personnage décalé. Tandis que le charmant Jude Law incarne un Watson moins souffre-douleur que de coutume.
Le pari de Ritchie est d’insérer le seigneur du raisonnement logique dans un cinéma tout de vitesse et de mouvement, avec d’éprouvantes contreplongées dans un Londres humide et crapoteux. C’est assez déstabilisant au début: Sherlock dans un blockbuster de grosse cylindrée. Mais on s’y fait et on ne s’ennuie guère. D’autant que le méchant, Lord Blackwood, est superbement détestable.
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