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Unis pour le meilleur
Entourés de trente-neuf invités triés sur le volet, Mirka et Roger Federer, rayonnants, ont célébré leur mariage à Bâle. Récit d’une cérémonie préparée et orchestrée dans le plus grand secret. Leur bébé, dont Roger affirme en souriant que «ce sera un garçon», naîtra en août 2009.

Par Laurent Favre - Mis en ligne le 16.10.2009

Monte-Carlo Country Club, mardi 14 avril. La cascade ocre de courts en terre battue qui descendent en escalier jusqu'à la mer offre le plus beau panorama de la saison tennistique. Le soleil, la grande bleue, les orangers, la vaste terrasse où les privilégiés déjeunent en admirant Rafael Nadal exécuter son adversaire du premier tour: tout ici invite au farniente. Mais Roger Federer n'est pas venu en vacances. Ni même en lune de miel.

Trois jours plus tôt, le champion a annoncé sur son site internet son mariage avec sa fiancée de longue date, Mirka Vavrinec, aujourd'hui enceinte de leur premier enfant. Elle aussi est à Monaco. Discrète, en retrait, comme d'habitude. Mais le badge qu'elle porte autour du cou mentionne «Mirka Federer». Le jeune marié, lui, s'efforce de brouiller les pistes. Il a zappé la conférence de presse prévue lundi (chose inhabituelle chez lui) et ne porte pas d'alliance à l'annulaire gauche, frustrant ainsi les téléobjectifs braqués sur lui.

Mais, puisqu'il a joué - et gagné - ce mardi 14 avril, Roger va devoir se présenter en salle d'interview. Et, forcément, répondre enfin aux questions sur son union. Cette perspective soulage Stanislas Wawrinka, lassé d'être uniquement interrogé sur le mariage de son compatriote. «Y en a marre! Non, je n'étais pas invité. Non, je ne sais rien...» «Aucun joueur de tennis n'était présent», confirme Federer lorsqu'il parle enfin. Bon, il y avait quand même Yves Allegro, qui joue encore un peu au tennis, mais pas de grands noms, d'invités prestigieux. Juste la famille et les amis proches.

«On en parlait, Mirka et moi, depuis pas mal de temps. Mais il y avait toujours quelque chose qui faisait qu'on repoussait à l'année suivante. Mais on s'était mis d'accord pour décider que, le moment venu, cela se ferait vite. Je n'avais pas envie d'un grand mariage.» Pas de grand mariage, et pas de lune de miel, puisque Roger Federera demandé en dernière minute une invitation pour le tournoi de Monte-Carlo. «Mirka était d'accord. On a beaucoup voyagé ensemble ces dernières années, on n'avait pas forcément besoin de partir en lune de miel.»

Dans la salle, une question fuse. «C'était à l'église ou à l'hôtel de ville?» «C'était à Bâle. Vous n'en saurez pas plus.»

C'était à l'hôtel de ville. L'événement a été préparé plusieurs semaines à l'avance, avec le plus grand soin et dans le plus grand secret. Roger et Mirka ne voulaient certes pas d'un grand mariage, mais ils voulaient, et ont eu, un beau mariage. Grâce à l'enquête menée par nos confrères de la Schweizer Illustrierte, nous sommes en mesure de lever un pan du voile de la mariée.

Palace et karting

Respectant la tradition, les futurs époux ont passé leur dernière nuit de célibataires chacun de son côté. Mirka était avec des copines dans la suite Carezza du grand hôtel Dolder, un cinq-étoiles perché sur les hauteurs de Zurich. Sauna, bain à remous, salles de bain en marbre, robinetterie en or, salon cinéma, deuxchambres à coucher. 230 mètres carrés de raffinement inspirés par Alberto Giacometti. Prix de la suite: 8000 francs. Mais Mirka n'y a pas passé la nuit. Peut-être a-t-elle, contemplant la ville qui dormait sous elle, pris la mesure de son parcours et de sa réussite sociale...

Abonné au palace, Roger avait préféré le confort rudimentaire d'une... piste de karting. Accompagné de son père et de quelques amis, il s'amusa comme le gamin qu'il cesserait bientôt d'être sur le circuit de Spreitenbach (AG).

Le samedi 11 avril, peu avant 14 heures, c'est par une pluie de pétales de roses que les amis mis dans la confidence saluent les jeunes mariés à leur sortie des bureaux de l'état civil de Bâle. Main dans la main, Roger et Mirka sourient sous les applaudissements de la petite troupe. Quelques larmes roulent le long des joues... Mirka porte une robe d'Oscar de la Renta. Le célèbre couturier new-yorkais, ami du couple (il a suivi les récents US Open dans la loge au côté de Mirka), a tenu compte du souci de simplicité des époux et de l'état de la mariée (enceinte de cinq mois).

Col en V, taille princesse, Mirka est belle et élégante dans sa robe blanc cassé, complétée par un boléro de soie. La robe descend sous le genou, laissant apparaître des mules à hauts talons de 8 centimètres ornées de plumes, signées Manolo Blahnik. Elle porte des diamants au poignet droit, aux oreilles et, bien sûr, sur sa bague. Roger est lui aussi habillé par un ami. Tom Ford, en toute simplicité. Un costume trois pièces noir, avec un gilet à six boutons, et deux poches superposées, dont une petite prévue pour contenir l'alliance de la mariée. Oscar de la Renta lui a confectionné une cravate en soie couleur coquille d'oeuf assortie à la robe de sa femme.

Rolls Phantom blanche

Les deux mariés et leurs témoins montent alors à bord d'une Rolls-Royce Phantom blanche qui les conduit souverainement vers la villa de Wenkenhof, une demeure baroque construite dans les années 20 sur la commune de Riehen (BS). Les parents de Roger, Robert et Lynette, ceux de Mirka, Miro et Drahomira, les y attendent en compagnie de 35 invités. A 15 heures, le Champagne est servi. Mirka trempe furtivement ses lèvres dans la flûte de Veuve Cliquot, par égard pour son futur enfant. «Ce sera un garçon!» lance Roger à ses amis.

Vers 17 heures, la mariée lance son bouquet aux jeunes filles présentes sur la terrasse. Il est temps de passer à table. L'entrée est au choix: soupe de homard, petits carrés de légumes et flageolets ou soupe d'écume d'asperges et croustillant d'asperges. Puis salade de printemps à la sauce française, suivie de tagliolini aux truffes noires. Un sorbet citron en guise de trou normand annonce une pause. Car Robert Federer a préparé une surprise pour son fils et sa belle-fille. Trois chanteurs folkloriques originaires d'Appenzell attendent les mariés.

«En début d'année, nous avons reçu un coup de téléphone nous demandant si nous voulions chanter à Zurich pour une occasion spéciale que nous n'oublierions pas», explique Ueli Koller, leader du groupe. «Une semaine avant Pâques, j'ai reçu un appel, poursuit son collègue Edi Tanner. C'était Robert Federer. L'occasion spéciale, ce n'était plus à Zurich mais à Bâle. Et c'était le mariage de son fils! Ma scie électrique m'en est tombée des mains!»

«Voici ma femme»

La grand-mère paternelle de Roger est née à Weissbad (AI). Robert Federer souhaitait montrer à Mirka les origines de la famille dans laquelle elle s'apprêtait à entrer. Le trio a yodlé un moment puis a posé pour une photo-souvenir. «Roger avait l'air très touché», ajoute le troisième membre du groupe, Ivo Streule.

Après cet intermède, les convives reviennent s'asseoir autour des tables rondes décorées de lilas. Le plat principal fait honneur à Mirka la Zurichoise: émincé de veau, rösti, petits pois, carotte et un Castello Luigi 2005 du Tessin. Après le buffet de fromages français, le point d'orgue de ce mariage finalement très formel: le gâteau des mariés. Trois étages rose et blanc fourrés de crème noisette. Un régal!

Au final, une belle journée et une grande émotion pour les mariés. «C'était très spécial, confia finalement Roger à Monte-Carlo. Nous étions très émus de voir que nous nous aimons toujours autant. Je pensais être relax, parce qu'on s'aime depuis longtemps et que ça ne va pas changer fondamentalement notre vie. Mais ça change notre état d'esprit. C'est finalement très différent. Maintenant, quand je présente Mirka, je dis: voici ma femme. C'est tout de même mieux que de dire: c'est ma copine. Il va falloir que je m'habitue un peu, mais c'est tellement mieux...»



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Tags: tennis, Federer, Mirka et Roger, mariage à Bâle, bébés, jumeaux Aller en haut de page Haut de page

 

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