Recherchez
  • Home
  • > Ursula Andress
« Article précédent Article actualité n°150/567 Article suivant »
Hommage
Ursula Andress
Au moment où l’actrice suisse la plus connue dans le monde, notamment grâce à sa fameuse scène en bikini blanc dans le premier James Bond, s’apprête à fêter ses 74 ans, les auteurs Patrick Meier et Philippe Durant réparent une injustice en lui consacrant enfin la biographie qu’elle mérite. Retour sur une carrière inouïe.

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 13.01.2010
Un jour de février 1962, telle la Vénus de Botticelli, elle est sortie des eaux jamaïcaines pour gagner la plage. Bond, James Bond, a été ensorcelé, comme des millions d’hommes. Une star est née. Elle est Suissesse. Elle s’appelle Ursula Andress. Cette première biographie, Patrick Meier en rêvait depuis longtemps. A 46 ans, ce Genevois sait tout ou presque sur la grande Ursie, qu’il n’a malheureusement jamais pu rencontrer. Il espère bien un jour combler cette lacune. «J’ai connu les joies d’une vie extraordinaire, j’ai vu le monde entier, j’ai connu l’amour, l’amitié, j’ai eu un peu de succès. (…) J’ai été comblée», confie la Suissesse, à l’aube de ses 74 ans. Ironie du sort, celle dont on a tant célébré le corps parfait et la santé de fer doit maintenant livrer un combat inégal contre l’ostéoporose.

Une femme amoureuse

A l’origine, rien ne prédestinait cette jeune et fraîche Bernoise à embraser la pellicule. «Je n’en reviens toujours pas de la chance que j’ai eue», avoue-t-elle. Son aventure est d’abord celle d’une femme amoureuse, pressée de découvrir le monde. Avec le recul, on se dit qu’une telle beauté ne pouvait que faire tourner les têtes, illustres ou anonymes. Le Genevois Patrick Meier, discret comptable de formation, avait 15 ans lorsqu’il s’extasia pour la première fois devant une photo d’elle. «Plus qu’une actrice, c’est une star, une icône», confie-t-il.

A la tête d’une collection personnelle amorcée au marché aux puces de Plainpalais, à Genève, en 1994, puis étoffée avec l’aide de la Cinémathèque suisse, à Lausanne, Patrick Meier a accumulé des centaines de documents, principalement des couvertures de magazines, qu’il traque sans relâche sur l’internet.

«Depuis tout jeune, je la vois comme un idéal, avoue-t-il pour justifier son travail de bénédictin, mais je ne vis pas à travers elle. C’est une soupape.» Avec deux ou trois autres passionnés, «dont un Grec qui dépense sans compter», le Genevois convoite tout ce qui se rapporte à la belle Bernoise, avec un faible avoué pour la période précédant la sortie de James Bond contre Dr No, «parce que les documents sont rares».

«Plus qu’une actrice, Ursula Andress est une star, une icône»
Patrick Meier, son biographe

Troisième d’une lignée de six enfants, comptant cinq filles et un seul garçon, Ursula Andress est née à Berne le 19 mars 1936. Elle grandit en banlieue, à Ostermundigen, dans la ferme des grandsparents maternels, horticulteurs. Sur son père, Rolf Andress, un diplomate allemand nommé consul en Suisse, Ursula se montre peu diserte. La mère, Anna Kropf, est Suissesse et protestante.

Quand la guerre s’achève, Ursula a 9 ans. Son père choisit de rentrer seul au pays. Les enfants se retrouvent sous la coupe d’un grand-père autoritaire et exigeant. Ursula commence à rêver d’ailleurs, mais elle étouffe de timidité. Son rêve se limite encore à devenir décoratrice d’intérieur. Les garçons n’ont pourtant d’yeux que pour elle, surtout à la piscine.

Sa vie entière va basculer après la venue à Berne du réalisateur français Julien Duvivier, venu tourner L’affaire Maurizius avec plusieurs vedettes, dont le fringant Daniel Gélin. Ursula Andress saura se faire remarquer de lui, avant même que le hasard ne la désigne comme guide pour l’équipe de tournage dans sa propre école! Gélin, bien qu’officiellement lié à Sylvie, un mannequin, cède à Ursula qui finit dans son lit d’hôtel.

Le piège de la dolce vita

Ursula Andress a 17 ans. Elle est d’une beauté insolente. Amoureuse de Daniel Gélin, elle le suit en douce à Paris, puis le traque jusqu’à Rome, où l’incorrigible fêtard sombre dans la toxicomanie. La Bernoise doit se résoudre à le quitter. La dolce vita n’est pas pour elle… mais pas question de rentrer à Ostermundigen. Pendant un temps, elle squatte la chambre d’hôtel romaine de Brigitte Bardot et Roger Vadim.

Brando puis James Dean

Elle quitte l’Italie pour Hollywood, où le jeune Marlon Brando l’accroche à son tableau de chasse avant de devoir la céder à James Dean, qu’elle rencontre le soir de la cérémonie de remise des oscars du 14 juin 1955. Leur liaison demeurera discrète. Le héros d’A l’est d’Eden ne peut cependant la retenir auprès de lui. A sa mort, elle est déjà éprise d’un autre, l’acteur débutant John Derek, futur cinéaste et photographe passionné. Elle devient sa femme le 2 février 1957 à Las Vegas. Grâce à lui, surtout, elle est engagée, sur un cliché (!), pour tourner James Bond contre Dr No en Jamaïque. La Suissesse décroche aussitôt le statut de «plus belle fille du monde».

Ursula Andress est mondialement connue, mais davantage comme une pin-up que comme une actrice. Elle ne parviendra jamais à s’imposer autrement. Elle devient la première star confirmée à poser nue dans Playboy.

«Quel que soit le film, il y a toujours une scène où je suis déshabillée»
Ursula Andress

Bien que fidèle à son époux, Ursula Andress ne peut résister au charme de Jean-Paul Belmondo, dont elle fait la connaissance à Hong Kong sur le tournage des Tribulations d’un Chinois en Chine. Bébel la fait hurler de rire. Il la rejoint sur le tournage de Soleil rouge (1971), où elle résiste à Alain Delon, mais la Suissesse devient volage. Après son divorce d’avec John Derek et sa séparation d’avec Belmondo, la belle a besoin de séduire. Les acteurs Fabio Testi et Harry Hamlin craqueront à leur tour. Ce dernier, Américain, lui donnera aussi son tout premier enfant, un fils prénommé Dimitri Alessandro, le 19 mai 1980. Elle a 43 ans.

En revanche, toujours pas de grand rôle. «Quel que soit le film, il y a toujours une scène où je suis déshabillée», constate-t-elle. La Suissesse restera à jamais un sexesymbole. «J’ai choisi de faire des films légers et drôles ou des films d’action à l’exclusion de films dramatiques et psychologiques par pudeur, par peur, par manque de confiance, explique-t-elle. (…) M’engager tout entière dans un film où il faudrait que j’apporte des sentiments personnels, une partie de mon âme, cela me fait peur.»

Privilégiant son rôle de mère, Ursula Andress ne fera plus que de rares apparitions sur le grand et le petit écran. Aujourd’hui, elle mène une vie de combattante, loin des plateaux de tournage. Le cinéma ne s’intéresse plus à elle, mais il ne l’intéresse plus non plus. Le mythe demeure.

«Ursula Andress», de Patrick Meier et Philippe Durant, Ed. Favre, en librairie le 18 janvier.
Consultez le site de Patrick Meier, une référence sur la vie de la star bernoise



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: Ursula Andress, James Bond, Editions Favre, biographie, Patrick Meier, Philippe Durant Aller en haut de page Haut de page

 

A lire aussi

Christa et Giovanni

Christa Rigozzi va se marier

Miss Suisse en 2006, la jolie blonde a quitté Fribourg pour emménager au Tessin et commencer une nouvelle vie aux côtés de Giovanni, l'homme de sa vie. »


Pour 50 000 francs

Cointrin, meurtre sur commande pour 50 000 francs

En 2008, Pierre S. est tombé sous les balles d’un tueur mandaté par sa femme et sa belle-mère. Elles ont avoué. Le tireur présumé clame son innocence. Son avocat vient de... »


Salon du livre

Les people qui écrivent

Raconter sa vie ou écrire un roman est à la mode chez les people. Beaucoup s’y sont essayés. Notre sélection. »

Page générée en 372 ms.