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DÉCOUVERTE
PETITS GALOPS À JURAPARC
Venu de la préhistoire, le cheval de PRZEWALSKI a disparu à l’état sauvage, mais sa réintroduction est en cours. Les juments du parc de Vallorbe y contribuent.

Par Mireille Monnier - Mis en ligne le 15.09.2010

 

Tête massive, crinière punk, queue ébouriffée à la base, raie de mulet sur le dos, zébrures sur les pattes et taille de poche, 1 m 30 au garrot: les six juments qui foulent les pâturages de Vallorbe sont les seuls chevaux de Przewalski en terre romande.

Rama, Rosa et Rosina, les jeunettes, ont 2 ans. Corinna, 13 ans, est la plus âgée, mais pas la cheffe. Le rôle de leader se joue entre Mira et Mona, 7 ans chacune. Mira a longtemps eu le dernier hennissement, mais une attaque cérébrale l’a laissée affaiblie, l’oreille gauche en berne, la bouche un peu tordue, et Mona en profite pour se profiler.

«A leur arrivée, l’été dernier, on ne pouvait pas les approcher, se souvient le directeur de Juraparc, Olivier Blanc. Et, comme jeunes et «vieilles» provenaient de deux groupes bien distincts du parc zurichois de Langenberg, elles ne se mélangeaient pas.»

Un an plus tard, c’est croupe à croupe que ces dames nous reçoivent, le nez plongé dans la mangeoire de leur enclos. Ce qui ne les rend pas sourdes au bruit du sac plastique plein de pain sec que Olivier Blanc agite pour les appeler. «Takhi, takhi!» Takhi, c’est le nom de ce petit cheval dans la langue de sa terre d’origine, la Mongolie. Plus facile à prononcer que Przewalski, le nom de l’explorateur polonais qui le découvrit en 1879. Découverte d’ailleurs funeste pour le takhi, parce qu’elle éveilla l’intérêt des zoos du monde et que, pour capturer les petits du dernier cheval sauvage, on n’hésitait pas à l’époque à massacrer les adultes. La concurrence des troupeaux domestiques pour la nourriture, les rudesses de l’hiver mongolien, l’appétit des tribus khazaques ont fait le reste: en 1970, il était déclaré éteint à l’état sauvage!

Aujourd’hui, plusieurs programmes sont en cours pour le réintroduire, dont celui de l’organisation International Takhi Group (ITG), que Juraparc a rejoint. Mira, Mona et leurs copines mettront donc bas, un jour, des petits à réintroduire. Mais, pour l’instant, le programme est retardé, faute d’un avion pour franchir la dernière étape du voyage Suisse-Mongolie, désert de Gobi, un voyage qui coûte 25 000 francs par cheval! Et, mauvaise nouvelle, l’hiver dernier a été cruel: il a tué deux tiers des 150 chevaux réintroduits jusqu’ici par ITG. Consolation: il reste les plus forts!

PRATIQUE

Visiter: Juraparc, Mont-d’Orzeires, 1342 Le Pont-Vallorbe, tél. 021 843 17 35. Internet: www. juraparc.ch Ouvert tous les jours de 9 h à la tombée de la nuit; lundi, mardi et mercredi: 18 h. Adultes: 6 fr., enfants: 4, fr. 50.

Soutenir la réintroduction: envoyez vos dons à l’Aargauische Kantonalbank, 5001 Aarau, en faveur de Freunde des Wildpferdes c/o Wildnispark Zürich, Alte Sihltalstrasse 38, 8135 Sihlwald, IBAN: CH07 0076 1016 0117 6052 3, compte 50-6-9.


 

LE BOSS

OLIVIER BLANC

Le directeur de Juraparc a toujours eu un faible pour les chevaux. Quand son père créa le parc, en 1972, ce furent les premiers animaux à y entrer.



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Tags: Vallorbe, Przewalski, cheval, Juraparc, Olivier Blanc, International Takhi Group, ITG Aller en haut de page Haut de page

 

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