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Michel Jeanneret - Mis en ligne le 06.04.2011
On la disait sans risque, on a même réussi à nous faire avaler qu’elle était la solution la plus écologique. Une catastrophe et quelques mensonges plus tard, voilà l’énergie nucléaire érigée au rang de nouvel épouvantail. Désormais, les centrales atomiques inquiètent. Ça se comprend. Mais c’est surtout le fait qu’on nous ait menti qui devrait nous faire peur. Nous savons tous que vivre est une entreprise incertaine. Qu’elle est vouée à l’échec. Ce qui est sûr, par contre, c’est que nous devons connaître au mieux la part de dangers prévisibles. Au même titre que nos ancêtres savaient qu’ils pouvaient finir piétinés par un mammouth, ou emportés par une infection.
Communiquer les risques, c’est permettre aux citoyens d’exercer leur souveraineté en mettant le holà lorsqu’ils les estiment trop importants.
La question est moins de savoir si telle ou telle technologie est dangereuse, que de se déterminer sur la part de danger qui nous semble acceptable. Pour que des intérêts économiques individuels (réviser une centrale coûte très cher) ne l’emportent pas sur l’intérêt collectif, à savoir le droit à un minimum de sécurité. Qu’on ne nous communique pas les risques produits par notre société est un véritable scandale, un affront à la démocratie. Et cela ne se passe pas qu’au Japon, mais aussi chez nous, en Suisse. Il nous a ainsi fallu plus de deux semaines pour nous procurer – au prix d’indiscrétions – les données liées à la Grande Dixence. Des risques pourtant connus, calculés, mais classés «secret défense» (lire l’enquête de Christian Rappaz).
Tout cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien entreprendre pour nous assurer un avenir écologique. Les alternatives au nucléaire doivent être développées et il va de soi que l’on doit repenser notre consommation d’énergie, comme le suggère Bertrand Piccard (lire son interview). Mais ce que nous devons faire avant tout, c’est exiger la transparence. La vérité pour pouvoir agir. Au final, nous serons toujours des victimes, mais au moins des victimes consentantes.
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