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POPULISME ÉCOLOGIQUE

Par Michel Jeanneret - Mis en ligne le 22.02.2012

 

Que se passe-t-il lorsque les citoyens doivent choisir entre deux camps qui défendent leur position avec des arguments radicalement opposés, agrémentés d’une certaine mauvaise foi? Paumés, ils choisissent la voie des émotions, privilégient le discours qui rassure. C’est pour cela que les sondages indiquent que le peuple donnera raison à Franz Weber, le 11 mars prochain, dans sa volonté de limiter les résidences secondaires à 20% du parc immobilier de chaque commune suisse. Avec son combat contre le «tout fout l’camp», sa promesse utopique d’une nature préservée, le vieux lion touche en plein cœur de la cible. De même que le mythe d’un paysage non mité s’avère plus rassurant que le discours de ceux qui prétendent à tort que nous avons savamment dosé le bétonnage de nos paysages. Bref, il y a fort à parier que, par pur réflexe de précaution, les Suisses suivront le chevalier vert. Et c’est regrettable.

Car l’initiative de Franz Weber n’est rien d’autre que le produit d’une posture réactionnaire qui n’a plus rien à voir avec la politique environnementale, mais s’inscrit dans l’idéologie écologiste simpliste et ignorante des spécificités locales. L’écologie et le bien-être de notre société n’en sortiront d’ailleurs probablement pas gagnants. Tout d’abord, parce que la zone à bâtir est de toute manière limitée par un cadre légal strict et que l’acceptation de l’initiative aura pour conséquence de mettre sous pression les communes épargnées jusqu’ici par l’urbanisation. Ensuite, parce que des milliers d’emplois sont menacés. Pour un canton comme le Valais, profondément rural et dont une grande partie de l’économie se base sur le tourisme, le séisme est programmé.

Il ne faut pourtant pas s’y tromper. Si l’initiative de Franz Weber soulève autant de passions, c’est que nos paysages se sont fortement urbanisés, comme en atteste la série de clichés que nous publions (voir en page 22). Parfois de manière anarchique, comme au milieu du siècle passé, où aucune règle ne venait freiner l’appétit des promoteurs. Une erreur réparée depuis et des statistiques qui font mentir l’affiche populiste qui représente une forêt de grues entourant le Cervin, puisque moins de 3% du Valais se situe en zone à bâtir. La preuve que la nature, qui représente le principal capital du canton, est d’ores et déjà préservée.

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Tags: votation, 11 mars, Franz Weber, résidences secondaires, initiative Aller en haut de page Haut de page

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