Elle espérait se classer dans le top 15. Dimanche soir, à Paradise Island, aux Bahamas, cadre idyllique choisi pour la 58e élection de Miss Univers, l’Yverdonnoise Whitney Toyloy, 19 ans, a fait mieux, décrochant une place parmi les dix plus belles filles du globe. Certes, elle ne réédite pas l’exploit d’une autre Miss Suisse, Vaudoise elle aussi, Lauriane Gilliéron (25 ans), qui s’était classée troisième en 2006 à Los Angeles, mais la ravissante lycéenne d’origine américaine par son père peut être fière de son neuvième rang. «J’en ai pleuré de joie en sortant de scène, raconte la belle après un semblant de nuit de sommeil. Mon nom est de nouveau associé à du positif, ça fait du bien.»
«Je suis le papa de l’une des dix plus belles filles du monde. Que dis-je? De l’univers! J’avais oublié les autres planètes», s’enflamme Dwayne Toyloy, le père de Whitney, parti assister à l’élection aux Bahamas avec le reste de la famille – une manière agréable de boucler les vacances, après un long séjour en Floride. Comme lors de son sacre national à Lugano, Dwayne, son épouse, Véronique, et leurs deux autres filles, Mathilda, 16 ans, et Ava, 12 ans, ont vibré à mesure que Whitney franchissait les paliers, animée d’une étrange impression de déjà-vu. «Je me suis revue lors de l’élection de Miss Suisse, racontet- elle, au point qu’à un moment je me suis demandé si je n’allais pas finir par gagner, mais bon, je suis vraiment super heureuse de mon classement.» Sur le plan international, les Romandes, c’est un fait, se défendent mieux que leurs consœurs alémaniques. A méditer.
«La rentrée au lycée s’annonce délicate»
Whitney Toyloy
De passage à Lausanne avant de retourner à Los Angeles où elle poursuit sa formation de comédienne, la Vaudoise Lauriane Gilliéron, qui avait flirté avec le titre universel en 2006, a tenu à complimenter Whitney: «Vraiment, je la félicite, parce qu’il n’est pas simple d’exister dans un tel concours. Moimême, je n’en reviens toujours pas d’avoir fini troisième à l’époque. Le jury a dû me prendre pour une Américaine!»
Sélectionnée parmi les 84 beautés en lice cette année aux Bahamas, Whitney Toyloy s’est d’abord hissée parmi les quinze premières, puis parmi les dix, toujours en compagnie de Chloé Mortaud, alias Miss France, devenue sa plus fidèle amie. Si elle n’a pas eu l’occasion de s’exprimer en direct sur l’antenne de NBC, principal diffuseur – l’élection a été retransmise dans 125 pays! –, un privilège réservé aux cinq premières, notre Whitney nationale a fait forte impression en bikini, un peu moins lors du défilé en robe du soir. Et dire que le matin même, dans une interview accordée à la SonntagsZeitung, l’Yverdonnoise confessait avoir «beaucoup trop mangé» ces dernières semaines, sous-entendant avoir grossi…
Whitney Toyloy a fait mieux que figurer dans ce concours promis, traditionnellement, à une représentante nord ou sud-américaine. Comme l’an dernier, la nouvelle Miss Univers, Stefania Fernández, 20 ans, est Vénézuélienne – un pays sacré pour la sixième fois, qui a fait de ce type d’élection un véritable enjeu national au point de former de futures finalistes. Néanmoins, pas de quoi nourrir de ressentiment pour la Suissesse. «La gagnante est un vrai bonbon, un amour», souligne-t-elle à propos de Miss Venezuela, qui s’est imposée devant Miss République dominicaine, Ada de la Cruz – «Celle-là, en revanche, c’est une vraie peste, ajoute Whitney, personne ne pouvait l’encadrer!» –, et Miss Kosovo, Marigona Dragusha, les accessits échouant à Miss Australie et Miss Porto Rico.
Une affaire de marchés
A observer de plus près ce cinq majeur, dont est exclue pour une fois Miss Etats-Unis, on peut se demander si la Suisse, en dépit de la beauté solaire de Whitney Toyloy, luttait réellement à armes égales. Un sentiment partagé par le père de notre Miss Suisse: «J’ose croire que Miss Univers n’est pas désignée sur la base de critères mercantiles, mais j’observe tout de même que les cinq finalistes représentent autant de marchés que les Américains (ndlr: organisateurs de l’élection à travers la société du milliardaire Donald Trump) espèrent conquérir. Cela dit, selon moi, c’est plus que mission accomplie pour Whitney!»
La Suissesse pouvait-elle l’emporter? Oui, si l’on en croit les lecteurs du grand journal allemand Bild, qui l’avaient plébiscitée quelques jours avant la finale, et cela loin devant leur propre miss, Martina Lee, qui partageait par hasard la chambre de Whitney Toyloy à Paradise Island.
Les jours et les heures précédant la finale de Miss Univers 2009, la Suissesse est restée fidèle à ellemême, estime son père, très excitée, drôle, pas calculatrice pour un sou. «Elle s’est tissé un réseau d’amitiés, souligne son père, avec Miss France, Miss Japon, Miss Mexique et Miss Angleterre. Elle a même fait rire le jury, lors de l’interview préalable. Là, je la reconnais bien!»
Manque d’expérience
En dépit d’une concurrence très relevée, en particulier parmi les candidates brunes, très largement majoritaires cette année, Dwayne Toyloy estimait avant la finale les chances de Whitney bien réelles, mais s’interrogeait: «Je sais que ma Whitney est belle, c’est clair, mais d’autres le sont aussi, mais peut-être a-t-elle le désavantage de ne pas avoir été suffisamment drillée sur le plan international… Ce manque d’expérience pourrait jouer en sa défaveur, face à des filles qui ont suivi des écoles en perspective de cette élection… » Au vu du palmarès final, force est d’admettre que Dwayne Toyloy avait vu juste.
En attendant de rendre sa couronne nationale le 26 septembre, la jeune Yverdonnoise va devoir redescendre sur Terre. Attendue en Suisse ce mercredi matin, elle devait retrouver… sa vie d’avant et reprendre le chemin du lycée jeudi déjà. Une perspective qu’elle appréhendait plus que le jet-lag. «Franchement, j’y vais la boule au ventre, confie-t-elle. J’en ai même fait des cauchemars ici aux Bahamas! Je suis inquiète à cause des préjugés liés à Miss Suisse, et je peux le comprendre. A moi de démontrer à mes nouveaux camarades de classe que Whitney n’est pas Miss Suisse!»