Aller au contenu principal
Publicité
© Guillaume Long

Comment gérer ses problèmes avec l'Eglise?

Publié mardi 30 avril 2019 à 11:17
.
Publié mardi 30 avril 2019 à 11:17 
.
Pas mal de gens souhaitent quitter leur Eglise. Et d’autres voudraient la réintégrer. Dans un cas comme dans l’autre, voici ce à quoi il faut veiller.
Publicité

Pays multiconfessionnel, la Suisse abrite sur son territoire deux communautés religieuses majoritaires: les membres de l’Eglise catholique romaine (36,5%) et ceux des Eglises nationales protestantes (24,4%). Les Suisses sans appartenance religieuse déclarée viennent après, avec 24% de la population. Mais ces pourcentages n’ont cessé d’évoluer depuis quarante ans, avec une érosion lente mais inéluctable des deux groupes majoritaires au profit des personnes sans appartenance religieuse. Pourtant, quitter son Eglise n’est pas aussi simple que cela.

- Comment puis-je sortir de l’Eglise?
- Vous pouvez communiquer votre souhait à la paroisse par écrit, de préférence par lettre recommandée. Une justification n’est pas nécessaire, ni par écrit ni à l’occasion d’un entretien. Sur la base de l’expression de votre volonté, vous serez désormais sans confession et ne paierez plus l’impôt ecclésiastique là où il existe. Reste que ce n’est pas aussi simple partout. Dans quelques cantons, vous devrez en plus présenter une signature authentifiée. Dans certaines paroisses, vous serez invité à un entretien de sortie avec le pasteur ou le curé.

- Quelles conséquences comporte ma sortie de l’église?
- Etre sans confession signifie que vous entendez renoncer aux prestations de l’Eglise, notamment à la bénédiction nuptiale ou à un suivi pastoral. Cependant, même si vous avez quitté l’Eglise, des obsèques et un enterrement religieux restent possibles. La décision appartient en général au pasteur ou au curé. Dans un tel cas, certaines Eglises cantonales demandent un émolument.
Pour les mariages, les pasteurs se montrent en général plus restrictifs que si, par exemple, les enfants de parents sans confession désirent fréquenter le catéchisme ou l’école du dimanche, relève Nicolas Mori, de l’Eglise réformée du canton de Zurich. «Si une personne décédée s’était clairement distancée de l’Eglise, il ne serait pas correct de lui consacrer les mêmes obsèques que si elle avait appartenu à l’Eglise de son vivant, pense pour sa part Daniel Kosch, secrétaire général de l’Eglise catholique en Suisse. Il existe toutes sortes de situations dans lesquelles il y a du sens à organiser une cérémonie religieuse pour la famille endeuillée.»

- Après en être sorti, puis-je réintégrer l’Eglise?
- Oui, en général il suffit de s’annoncer à la paroisse par lettre ou par courriel. Si vous participez à la vie spirituelle de la paroisse, on organisera en général une petite cérémonie de réadmission. Avec votre retour, vous êtes de nouveau soumis à l’impôt ecclésiastique.

- Pour intégrer une Eglise, dois-je me faire baptiser?
- Non, du moins pas pour l’aspect légal de votre entrée. Mais pour faire partie de la communauté spirituelle, le baptême va de soi pour la plupart des croyants. De même que pour les Eglises: «L’appartenance à l’Eglise et le baptême vont ensemble», estime Daniel Kosch. En revanche, pour une réintégration, nul besoin d’un second baptême. Quand on a été baptisé une fois, on le reste pour toute sa vie, du point de vue de l’Eglise.

- Puis-je quitter ma paroisse mais rester membre de l’Eglise cantonale?
- Non, du moins pas en vertu du droit public ecclésiastique. Cela dit, dans l’Eglise catholique s’applique non seulement le droit public ecclésiastique, mais aussi le droit canon, édicté par le pape. Ce dernier ne lie pas l’appartenance à l’Eglise au fait de payer un impôt. Pour l’Eglise catholique, celui qui a quitté la paroisse mais entend demeurer membre de l’Eglise catholique vue comme communauté de foi en reste membre.

- Je souhaite que mon impôt ecclésiastique soit entièrement affecté à une œuvre d’entraide. Est-ce possible?
- Non. L’argent est consacré pour l’essentiel à la vie de la paroisse locale. Des montants sont acheminés aux structures cantonales et nationales de l’Eglise. C’est l’instance responsable du budget qui décide de l’affectation précise de l’argent. Au sein de la paroisse, par exemple, c’est l’assemblée paroissiale. Pour les catholiques, il importe de savoir qu’aucune part de l’impôt ecclésiastique ne part à Rome, au Vatican.


Newsletter L'Illustré Recevoir la newsletter L'Illustré