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Vrai ou faux? La pilule contraceptive en question

La pilule contraceptive a parfois mauvaise réputation. A tort ou à raison? Réponses de spécialistes aux questions fréquemment posées.

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Avec le préservatif masculin, la pilule contraceptive est le moyen de contraception le plus utilisé.

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La pilule fait grossir

C’est une idée reçue, qui n’a pas été confirmée par les études scientifiques. Pour la Dre Martine Jacot-Guillarmod, responsable de la consultation gynécologie et adolescence au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), «il est difficile de prédire l’influence de la pilule sur le poids de chaque femme, car cela dépend de son terrain hormonal, notamment». Une variation de quelques kilos peut, il est vrai, survenir les premiers mois à cause d’un mécanisme de rétention d’eau que favorisent certaines pilules. «Mais cela est transitoire et se normalise au bout de deux ou trois mois», rassure la Dre Michal Yaron, médecin agrégée, responsable de l’unité de policlinique de gynécologie et de la gynécologie pédiatrique et des adolescentes aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Par ailleurs, certains progestatifs peuvent augmenter l’appétit et favoriser les grignotages, «mais c’est très individuel», souligne la spécialiste. Ce d’autant plus que d’autres paramètres entrent en jeu à l’adolescence, poursuit la Dre Jacot-Guillarmod: «On a tendance à incriminer la pilule, mais des changements dans les habitudes de vie (plus de repas pris à l’extérieur, par exemple) peuvent avoir un effet sur le poids, en parallèle de la prise de la pilule.»

Elle fait chuter la libido

Ce n’est pas un mythe. La pilule, selon le progestatif utilisé, peut diminuer le désir sexuel. Sa composition œstrogénique peut également générer une sécheresse vaginale. Cette sécheresse peut en effet causer des douleurs à l’introduction d’un tampon hygiénique et à la pénétration avec un impact sur la libido. «Il faut le prendre au sérieux. Dans ce cas, on peut se tourner vers une pilule à base de progestérone seule ou vers un autre moyen de contraception», indique la Dre Jacot-Guillarmod.

Elle supprime les règles

La pilule à base de progestérone, qui se prend en continu, peut en effet supprimer les saignements. Néanmoins, «des pertes de sang (spottings) peuvent survenir. Elles sont souvent mal vécues lorsque la femme ne veut justement plus avoir ses règles», note la Dre Jacot-Guillarmod. Il est aussi possible de prendre la pilule œstro-progestative sans faire de pause.

Elle améliore l’aspect de la peau

La pilule est avant tout un contraceptif et ne remplace pas un traitement contre l’acné prescrit par un dermatologue ni une bonne routine du soin de la peau au quotidien. Néanmoins, les jeunes femmes avec beaucoup d’acné peuvent voir l’état de leur peau s’améliorer grâce aux pilules œstro-progestatives de troisième génération qui contiennent un progestatif anti-androgénique. A l’inverse, la progestérone seule est déconseillée car elle peut faire flamber les problèmes de peau, surtout chez celles qui sont particulièrement sensibles aux effets des hormones.

Elle a des incidences à long terme sur la fertilité

Non, la pilule n’altère pas la fertilité, même après une prise prolongée. Une fois que la femme arrête la prise, elle peut de nouveau tomber enceinte.

Elle provoque des maux de tête

La pilule combinée peut parfois déclencher des maux de tête ou des migraines. Dans ce cas, une pilule moins dosée en œstrogènes peut être une solution. Pour celles qui souffrent de migraines en lien avec leur cycle (migraines cataméniales), l’apport hormonal régulier via la pilule en prise continue peut avoir un effet bénéfique en diminuant les fluctuations hormonales. Attention, cependant: la pilule œstro-progestative est strictement contre-indiquée lors d’un diagnostic de migraine avec auras (troubles visuels).

Par Elodie Lavigne publié le 4 mars 2022 - 08:25