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10 expressions quotidiennes incontournables au Québec

Vous prévoyez un séjour à Montréal, à Tadoussac, à Québec ou un «road trip» en Gaspésie? Une fois les dates choisies, les billets réservés et la valise bouclée, pourquoi ne pas en profiter pour parfaire votre vocabulaire québécois? Loin des clichés, voici un petit guide de survie pour une expatriation réussie en dix expressions quotidiennes et incontournables outre-Atlantique.

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Tourisme au Québec, visite du château Frontenac

Le Québec est une destination de choix peu importe la saison: en été, en automne avec le rouge de ses forêts, en hiver avec ses mètres de neige et son froid ou encore au printemps quand la nature décide doucement de reprendre vie.

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Carré blanc
Marion Malique

1. Chums de gars

Parmi les premiers mots et expressions que l’on apprend avant même d’arriver au Québec, les termes «chum» pour copain et «blonde» pour copine sont très populaires. En couple, on utilisera «mon chum» ou «ma blonde». Comme en français, le terme «chum» peut aussi désigner des amis. Par exemple, on dira «A souère j’sors avec mes chums de gars» (ou au féminin «mes chums de filles») pour «Ce soir, je sors avec ma bande d’ami.e.s».

2. Niaise-moi pas

Fraîchement débarqué au Québec, vous racontez votre voyage: on vous a fait payer un excédent de bagages, votre vol a été retardé de plusieurs heures, puis, finalement, vous avez été surclassé, remboursé pour l’excédent et un chauffeur vous attendait à Montréal. On vous répondra très certainement «Tu me niaises-tu?» ou «Niaise-moi pas», que l’on pourra traduire par «Ne me raconte pas de bobards».

3. C’tu correc?

Arrivé à votre Airbnb, hôtel ou location pour les vacances, on vous fait visiter les lieux et vous demande en fin de visite «C’tu correc?» pour dire «Est-ce que cela vous convient?» ou «Est-ce que tout est à votre goût?». On entendra aussi fréquemment «T’es-tu correc?» pour vérifier qu’une personne va bien, particulièrement si elle n’a pas l’air en forme ou de bonne humeur.

4. Il fait vraiment frette icitte

Vous visitez le Québec en plein hiver? Il y a fort à parier que vous risquez d’entendre cette expression populaire ou de vous faire poser la question «Fais-tu frette?» pour savoir s’il fait froid dehors. Le terme «icitte» signifie «ici», tandis qu’on utilisera l’expression «drette là» issue de l’anglais right here pour dire «ici même».

>> Pour entendre l'expression dans son contexte vous pouvez écouter le titre «Coton ouaté» du groupe Bleu Jeans Bleu, de passage en Suisse pour l’édition 2022 du Paléo Festival:

La fameuse Poutine

La poutine est un plat typiquement québécois, composé de frites, de fromage et de sauce brune: «C’tu correc?»

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5. C’t’écœurant 

Probablement l’une des expressions les plus surprenantes lorsque l’on débarque du Vieux Continent et que l’on entend s’exclamer «C’t’écœurant ce film-là» ou encore «Tu d’vrais goûter la poutine, c’t’écœurant!». Contrairement à l’usage commun en Suisse, cela ne signifie pas forcément que le film était mauvais ou la poutine dégoûtante. Selon l’intonation et le contexte, l’expression est employée pour indiquer tout le contraire, par exemple que l’on a adoré le film ou que la poutine est excellente.

6. Faire le parté

Au Québec, on francise les happy hours en «5 à 7», des apéros de 17 h à 19 h, souvent entre collègues, dans un bar proche du lieu de travail, et durant lesquels les prix sont réduits ou la deuxième consommation offerte. Fêtards de nature, les Québécois poursuivent les festivités au-delà du 5 à 7 en se préparant to party pour les anglophones, tandis que les francophones, eux, préfèrent «faire le parté» pour «célébrer» ou «faire la fête».

Happy hour version québécoise

«C’est don ben l’fun de faire le parté»

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7. Ta pogne tu?

Avec son Ecole nationale de l’humour, ses nombreux festivals, ses soirées open mic et ses comédie clubs, Montréal constitue un important bassin d’humoristes, de la relève aux plus expérimentés. Pour tester votre niveau d’intégration, rien de tel qu’un «show d’humour» où vous pourriez vous faire demander «Ta pogne tu la joke?», traduction de Did you get the joke? pour signifier «As-tu compris la blague?». On utilise aussi le verbe «pogner» dans le langage courant pour «attraper». Par exemple «J’ai pogné un rhume».

8. Aweille

Utile à bien des occasions, «aweille» est une déformation du mot «envoie» pour signifier «Vas-y» ou «Dépêche-toi». En Suisse, on pourrait le remplacer par «schnell», «allez» ou encore l’interjection «hop». Toutefois, l’équivalent du «Hop Suisse» serait plutôt «Go Habs Go» afin d’encourager l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal, surnommés les Habs depuis 1914.

9. C’est don ben l’fun

Malgré la volonté de réduire au minimum les anglicismes, certains persistent encore et toujours dans le langage courant au Québec, notamment fun, habituellement précédé d’un «l'» et très fréquemment utilisé pour exprimer que l’on a du plaisir. Par exemple «avoir du fun» pour «prendre du plaisir», «C’est l’fun» pour «C’est agréable» ou encore «C’est don ben l’fun» pour «Tiens, mais comme c’est agréable».

10. Chu pu capable

Lorsque quelqu’un en a assez d’une situation, d’une personne ou qu’il est fatigué, on utilise l’expression «Chu pu capable» ou encore «Chu ta boutte» pour dire «Je n’en peux plus» ou «Je suis au bout du rouleau». Fatigué d’entendre toujours la même chanson en boucle à la radio pendant l’été? Vous pourriez dire «Chu pu capable de cette toune-là». A l’inverse, lorsque votre chanson favorite passe à la radio ou au karaoké, exclamez-vous «C’est ma toune!» pour une intégration 100% réussie!
 

Par Marion Malique publié le 5 août 2022 - 08:13