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Guide artistique

15 balades artistiques pour découvrir la Suisse autrement et ses oeuvres d'art en plein air

Surprenantes, émouvantes, déconcertantes parfois, elles nous interpellent, ces œuvres d’art soudain croisées sur un sommet, à l’orée d’un bois ou à l’ombre d’un parc public. Retrouvez notre sélection de 15 créations artistiques à découvrir ou redécouvrir au fil d’une randonnée.

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balade et oeuvres

Elle restera à jamais gravée dans votre esprit, la femme-lièvre qui contemple le glacier du Trient et la multitude d’aiguilles qui le bordent. Trop tôt disparu, le sculpteur Nikola Zaric, épris de cimes, l’a installée à plus de 3000 mètres d’altitude, sur la terrasse de la cabane du Trient.

Pierre Vogel

Découvrez notre sélection pour les cantons suivants:

balade et oeuvres
Christof Sonderegger/j3l.ch

Jura

1. Séprais et ses sculptures, ce n’est pas si loin! 
A vingt grosses minutes en transports publics de Delémont, la commune de Boécourt constitue le dernier ensemble du haut de la vallée de la Sorne, avant le col des Rangiers. Véritable cœur du Jura, l’agglomération comprend également les hameaux de Montavon et de Séprais. C’est dans les alentours immédiats de cette petite bourgade que, il y a près de trente ans maintenant, deux artistes du lieu, Liuba Kirova et Peter Fürst, ont eu la lumineuse idée de créer un musée en plein air. Le principe était simple: les artistes de tous horizons étaient invités à passer un mois sur place et d’y créer une œuvre. Au fil du temps, ce ne sont pas moins de 80 réalisations monumentales en tout genre qui ont pris place à Séprais et alentour. Des créations que l’on peut découvrir au gré de ses déambulations et du choix du parcours choisi, de trente minutes à trois heures de promenade. Ouverte toute l’année, la Balade de Séprais va tout prochainement accueillir quatre réalisations supplémentaires. Les œuvres du Neuchâtelois Denis Rouèche, du couple bâlois Christiane Bult et Pascal Suter, de l’artiste grison Robert Indermaur et du Loclois d’origine Franz Landry, alias Logovarda. Des créations qui seront vernies le 17 septembre 2022 à l’occasion d’une fête dont les passionnés de Séprais ont le secret.

>> Infos pratiques: Balade au départ du hameau de Séprais, commune de Boécourt, à plus de 20 minutes en train et en bus de la gare de Delémont. www.cff.ch
La Balade de Séprais, ce sont plus de 80 œuvres monumentales en plein air à découvrir au gré du parcours choisi. De 30 min à 3h de marche. www.balade-seprais.ch

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Jonathan Vallat/franchesmontagnes.ch

2. Tout ça pour un bec sur Lajoux 
Il aurait dû jouer un rôle pacificateur, en matière de circulation automobile s’entend. Dans les faits, il déchaîna les passions. En 2006, les autorités du petit village franc-montagnard de Lajoux demandent à l’artiste neuchâtelois Denis Schneider la réalisation d’une œuvre censée marquer la fin des travaux de la traversée de la localité. Sorte de lampadaire surmonté d’une bouche pulpeuse et rose, le «Bec sur Lajoux» était né. Seize ans plus tard, malgré nombre d’oppositions véhémentes et plusieurs pétitions demandant son démantèlement, le bec est toujours bien vivant au cœur de l’agglomération. Une sculpture qui peut être le départ d’une très belle randonnée en direction d’un haut lieu de l’histoire jurassienne, l’abbaye de Bellelay. Une boucle de trois heures et demie de marche qui passe par Fornet-Dessus, pour ensuite traverser la forêt de Béroie, en partie déjà sur territoire bernois, jusqu’au célèbre couvent. Construit au XIIe siècle, hôpital psychiatrique jusqu’il y a quelques semaines encore, le site de Bellelay abrite notamment la Maison de la Tête de Moine, qui vaut largement la visite. Ce fromage, dont les premières mentions remontent elles aussi au XIIe siècle déjà, a fait la renommée du lieu. De Bellelay, retour à Lajoux et son bec en moins de deux heures en passant par l’étang de la Noz.

>> Infos pratiques: Au départ de Lajoux, accessible par le train puis le bus via Delémont et Glovelier. Boucle de 3h30 de marche. www.cff.ch ; www.jurarando.ch.

>> L'artiste: Denis Schneider, sculpteur à Cernier.  

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myswitzerland.com

Neuchâtel

3. Louis Chevrolet en négatif au pied du Gros Crêt 
Il brille comme un soleil, au parc de l’Ouest, à moins de dix minutes à pied de la gare de La Chaux-de-Fonds, le buste de Louis Chevrolet. Une statue de 5 mètres de haut pour 8 tonnes d’acier inoxydable poli. Mais comme l’inspirateur d’une des plus célèbres marques automobiles mondiales n’a fait que naître dans la capitale horlogère, qu’il a ensuite ignorée, le sculpteur genevois Christian Gonzenbach, créateur de l’œuvre, a opté pour l’introspection. Inutile donc d’y chercher un Louis Chevrolet glorifié. Son buste en négatif est à la fois renversé, inversé et caché. A vous de le découvrir!
Au sortir de cette quête, vous pouvez déambuler dans la riche architecture industrielle chaux-de-fonnière ou opter pour une balade sur ses crêtes. Du parc de l’Ouest, le chemin suit la rue du Docteur-Coullery et celle du Haut-des-Combes, puis la Sombaille jusqu’au Chalet Aster. En passant ensuite par le Gros Crêt et le gouffre du même nom, le sentier continue vers l’ouest jusqu’à la très belle bâtisse de la buvette du Maillard. Si la faim vous tenaille, vous pouvez par exemple déguster les macaronis du chalet ou les röstis au jambon. De là, le chemin regagne en pente douce les faubourgs de La Chaux-de-Fonds. La boucle complète, sans difficultés particulières, fait moins de trois heures.

>> Infos pratiques: Au départ de la gare de La Chaux-de-Fonds, en passant par le parc de l’Ouest, boucle de moins de 3h sur les hauts de la cité horlogère.
www.komoot.fr
Que faire à La Chaux-de-Fonds? www.chaux-de-fonds.ch

>> L'artiste: Christian Gonzenbach, sculpteur, créateur www.gonzenbach.net

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Pro Evologia

4. Des jardins extraordinaires peuplés de sculptures végétales 
Evologia, vous connaissez? Un espace de plus de 20 hectares au cœur du Val-de-Ruz, à trente minutes en transports publics de la gare de Neuchâtel. Après un repos forcé imposé par un certain covid, le site de Cernier reprend totalement vie cet été. Haut lieu du land art, ses jardins extraordinaires se font tour à tour poétiques puis musicaux, avant de célébrer la terre, au gré d’un riche programme. Au cœur du dispositif, l’emblématique fleur boréale. Installée en 2012 déjà, cette œuvre monumentale qui marie bois et plexiglas a été réalisée par l’artiste paysagiste Roger Hofstetter. Depuis l’espace végétal qui l’entoure, on peut partir à la découverte des très beaux environs. Une boucle d’une bonne heure et demie de marche qui conduit à travers champs jusqu’au village d’Engollon et sa très belle église Saint-Pierre du XIIIe siècle. De là, on remonte en direction de Fontaines, village qui abrite une villa romaine, en passant par les Prés Maréchaux. Evologia n’est alors plus qu’à vingt minutes de là.
Sur place, outre les sculptures végétales, les labyrinthes d’osier, les étangs et les ruisseaux, petits et grands pourront, jusqu’à la fin d’août, également découvrir le monde fascinant des dinosaures.

>> Infos pratiques: Balade au départ de Cernier et son centre Evologia, à 30 min en transports publics de la gare de Neuchâtel, boucle de 1h30 de marche. www.parc-evologia.ch.

>> L'artiste: Roger Hofstetter, artiste paysagiste et sa fleur boréale. www.roger-hofstetter.com

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Le blog de Blagueur 2011

Fribourg

5. De drôles de baigneurs au cœur de la Grande Cariçaie 
Elle se situe certes sur la rive sud du lac de Neuchâtel, la commune de Gletterens n’en est pas moins fribourgeoise. A dix minutes de route de Payerne, depuis son centre villageois, une voie asphaltée en pente douce conduit en promenade jusqu’aux portes de la plus vaste zone marécageuse de Suisse, la Grande Cariçaie. Un espace de 3000 hectares de réserves répartis entre les cantons de Vaud, de Neuchâtel et de Fribourg.
En suivant un labyrinthe de passerelles de bois sur pilotis qui serpentent au milieu des roseaux, on atteint le petit port de Gletterens. Bien caché derrière ses places d’amarrage, en partie protégé par la roselière, un petit bijou de plage de sable fin qui ouvre sur les eaux turquoise du lac. C’est là que la commune a fait installer, en 2011 déjà, l’œuvre de l’artiste peintre Jean-Marc Schwaller. A l’origine, une enfilade de cinq panneaux de verre sur lesquels évoluent des baigneurs en mouvement. Il n’en reste aujourd’hui que trois, mais l’illusion demeure entière. De là, en revenant quelque peu sur ses pas, on peut rejoindre le village lacustre néolithique grandeur nature. Une saisissante reconstitution de l’habitat tel qu’il se présentait sur les rives du lac il y a cinq mille ans. Les passionnés de balade pourront ensuite, par un délicieux sentier, poursuivre par les hauteurs jusqu’à Portalban, pour revenir enfin au village de Gletterens à travers champs. La boucle complète se fait en moins de trois heures de marche douce.

>> Infos pratiques: A 10 min en voiture de Payerne, au départ du village de Gletterens, une boucle de 3 h de marche. www.randonnees-pedestres.ch
A ne pas manquer, le village lacustre de Gletterens. www.village-lacustre.ch

>> L'artiste: Jean-Marc Schwaller, artiste peintre. www.laliberte.ch

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Musée d'art et d'histoire Fribo

6. De l’antre du dragon à la «Grande Lune» 
Mieux valait, disait-on, avoir réglé les affaires de sa conscience et terminé son testament avant d’y pénétrer. C’est que, selon la légende, l’entrée de la mythique vallée du Gottéron – berceau de l’équipe locale de hockey sur glace – était gardée par un terrible dragon. Aujourd’hui, les gorges creusées dans la molasse par le torrent qui vient se jeter dans la Sarine constituent une délicieuse randonnée d’été aux portes de Fribourg. Une boucle de deux heures et demie de marche qui débute place du Petit-Saint-Jean. Le pont de Berne traversé et les remparts passés, il vous suffit de remonter la gorge boisée jusqu’à l’ancien moulin de l’Ameismühle. De là, vous grimpez sur le plateau ouvert à la hauteur de la ferme de Schürmatt. A travers champs et forêts puis un rapide passage par Bourguillon, le sentier vous ramène alors à votre point de départ.
Et comme au passage vous avez bien évidemment terrassé le dragon, vous avez encore toute l’énergie requise pour vous rendre, à dix minutes à pied de là, route de Morat 12, dans les jardins du Musée d’art et d’histoire de Fribourg. «La Grande Lune» portée par deux chiens et une écrevisse vous y attend. Elle est l’une des œuvres majeures de la plasticienne et sculptrice Niki de Saint Phalle et de sa passion pour le tarot.

>> Infos pratiques: Fribourg-gorges du Gottéron-retour, une boucle de 2h30. www.suissemobile.ch

>> L'artiste: Niki de Saint Phalle, sculptrice et plasticienne, Musée d’art et d’histoire de Fribourg. www.mahf.ch

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Milou Steiner/Photopress-Archiv/Keystone

Schwytz 

7. Farouche détermination aux pieds des deux Mythen 
On est là dans le berceau de la Suisse, au pied des deux Mythen, ces pyramides rocheuses si emblématiques de ce coin de terre. A moins d’une heure de train de Zurich, Schwytz, c’est la ville au milieu des pâturages. Mais une ville qui abrite trois musées d’importance: la Fondation Ital Reding, dont l’une des bâtisses remonte à la création de la Confédération, le Forum de l’histoire suisse, dépendance du Musée national suisse, et le Musée des chartes fédérales, dépositaire du fameux pacte de 1291. Dans le jardin de cette institution trône une surprenante statue représentant un solide paysan, torse nu, enfilant avec détermination une vareuse militaire. Intitulée «Préparation au combat», cette œuvre du sculpteur et médailleur Hans Brandenberger a originellement été créée pour la Landi de 1939, l’exposition nationale de l’époque. Installée à Schwytz en 1941, elle incarnait la défense morale de la Suisse en ces temps troublés.
A quelques centaines de mètres de la statue, on peut rallier la via Jacobi qui remonte en direction du col du Haggenegg. A la hauteur de Brändli, notre balade part sur la droite pour revenir à travers la forêt jusqu’à Dietental, Boden, puis retour sur les hauts de Schwytz. Une boucle de deux heures et quart de marche sur les traces de nos premiers Helvètes.

>> Infos pratiques: Balade au départ du Musée des chartes fédérales de Schwytz, une boucle de 2h15 via une des étapes du chemin de Saint-Jacques. www.suissemobile.ch

>> L'artiste: Hans Brandenberger, sculpteur et médailleur. www.bundesbrief.ch

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Nachtigaller/Wikimedia Commons

Bâle-Ville

8. Le long du Rhin bâlois en compagnie de Dame Helvetia 
Descendue de sa pièce de 2 francs, elle s’est assise, voilà plus de quarante ans, en rive droite du Rhin, à un jet de pierre de l’hôtel de ville de Bâle, juste après avoir traversé le Mittlere Brücke. Délaissant sa lance et son bouclier, une valise à portée de main, Dame Helvetia, car c’est d’elle qu’il s’agit, semble faire une pause avant de peut-être partir plus loin. Œuvre de la sculptrice bernoise Bettina Eichin, «Helvetia en voyage» est le parfait point de départ d’une randonnée d’un peu plus de deux heures au fil du Rhin, en passant bien évidemment par le fameux point de convergence entre Suisse, France et Allemagne. Pour ce faire, on retraverse le Mittlere Brücke et, à sa droite, on remonte le fleuve en direction des installations portuaires bâloises. Un vaste espace par lequel transitent annuellement pas moins de 700'000 tonnes de marchandises. On retraverse alors le Rhin par la passerelle des Trois Pays, pour gagner les faubourgs allemands de Weil am Rhein. Si le chemin longe d’abord l’autoroute par un cordon boisé, il entre rapidement dans la réserve naturelle du Krebsbachtal, une zone de forêts et de marais dont la faune et la flore sont riches. Depuis Haltingen, point final de la randonnée, la gare de Bâle est atteignable en trente minutes de transports publics.

>> Infos pratiques: Balade au départ du Mittlere Brücke, au cœur de Bâle, à 15 min en tram de la gare centrale, 2h10 de marche facile jusqu’à Hatlingen. www.suissemobile.ch

>> L'artiste: Bettina Eichin, sculptrice. www.bs.ch/fr

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Olivier Maire/DVArchitectes

Valais

9. A l’assaut de la douce montagne en s’inspirant des Montagneux 
Elle est bien douce, la montagne qui, au pied du Grand et du Petit Bonvin, sur les hauteurs de Crans-Montana, vous conduit à travers prés et forêts vers l’alpage de Colombire. Mais avant d’emprunter la promenade des Ecureuils qui va vous conduire jusqu’à Aminona, vous vous serez largement imprégné de la force des Montagneux. Ces sept individus élancés aux cornes de bouquetin qui, depuis trois ans maintenant, habitent la place de la Gare de Montana, point de départ de votre escapade, une boucle de moins de trois heures de marche. Œuvre de l’artiste multitalent Marie Antoinette Gorret, ces sculptures de bronze vous invitent au dépassement de soi. Vous les garderez d’ailleurs largement à l’esprit tout au long de votre randonnée. Arrivé à Aminona, il vous faudra grimper sur près de 200 mètres pour atteindre, en lacets, le plateau de Plumachit et son accueillante buvette. De là, vous pourrez, à l’étage supérieur, rejoindre le bisse de Tsittoret. En redescendant le cours de cette charmante petite voie d’eau construite au XVe siècle déjà, vous finirez par rallier les sommets du Haut-Plateau, jusqu’à l’emblématique tour de Supercrans. Il vous restera alors moins de quinze minutes de marche pour retrouver les Montagneux, votre point de départ.

>> Infos pratiques: Au départ de l’avenue de la Gare de Montana, en passant par Aminona, Plumachit, retour par le bisse de Tsittoret, une boucle de moins de 3h de marche. www.crans-montana.ch

>> L'artiste: Marie Antoinette Gorret, artiste multitalent. www.marieantoinette.ch

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Olivier Genet

10. Coup d’œil sur les aiguilles du Tour avec une femme-lièvre pour voisine 

Elle restera à jamais gravée dans votre esprit, cette femme-lièvre qui contemple le glacier du Trient et la multitude d’aiguilles qui le bordent. Trop tôt disparu, le sculpteur Nikola Zaric, épris de cimes, l’a installée à plus de 3000 mètres d’altitude, sur la terrasse de la cabane du Trient, voilà huit ans déjà. Et pour qu’elle ne s’ennuie pas, sa femme-lièvre, il l’a accompagnée d’un âne-homme au bras gauche ailé.
Si vous rêvez de partager quelques instants avec ce couple incertain, il vous faudra toutefois bien du courage. Une randonnée de plus de trois heures et demie et de 1000 mètres de dénivelé, le long d’un étroit sentier de haute montagne entre crêtes et rochers. De la station de Champex, le télésiège vous conduit en quelques minutes aux Grands Plans. La suite est à faire à pied. Une longue marche d’approche de près de deux heures et demie par le col de la Breya, les champs d’éboulis de la combe d’Orny, puis la crête morainique jusqu’à la cabane d’Orny. De là, il faut compter encore une bonne heure de montée, contourner un lac glaciaire, avaler un passage raide pour, par paliers, enfin atteindre la cabane du Trient, à 3170 mètres d’altitude. Assise à l’entrée du refuge, la femme-lièvre vous y attend, imperturbable, le regard à jamais fixé sur l’horizon.

>> Infos pratiques: Au départ de Champex, télésiège de la Breya ouvert tous les jours du 11 juin au 26 septembre. www.champex.ch.
Cabane du Trient exceptionnellement fermée depuis le 1er août pour travaux mais accessible en tout temps pour y admirer les oeuvres de Nikola Zaric. www.cas-diablerets.ch

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Clément Bucco-Lechat/Wikimedia Commons

Vaud

11. De l’Orbe naissante aux ailes de Pégase 
Haut lieu de l’horlogerie des grandes complications, le gros bourg du Sentier est le point de départ idéal d’une des très belles randonnées qui longent le lac de Joux. Depuis sa gare ferroviaire, un délicieux chemin pédestre commence par longer les roselières de l’Orbe naissante pour filer vers la tête du lac et ses tourbières. De là, la randonnée suit les rives immédiates du lac avec de multiples possibilités de baignade sur un peu moins de 10 kilomètres, avant de grimper légèrement par-dessus la Roche Fendue. On entre alors dans une portion un peu plus boisée qui traverse en alternance de petits pâturages jusqu’à la hauteur des Roches. Un coup d’œil magnifique sur le plan d’eau avec, en arrière-plan, le si caractéristique promontoire de la Dent-de-Vaulion.
Peu avant d’arriver au Pont, à la hauteur des Epinettes, légèrement sur la droite, les sabots à fleur d’eau, se dresse soudain un gigantesque cheval. Un Pégase de 14 mètres de haut et de 100 tonnes de béton brut de coffrage. Prêt à prendre son envol, ce cheval ailé offert à la Vallée par la Romande Energie en 1959 est l’œuvre d’André Lasserre, un artiste épris d’une sculpture monumentale tendant à l’abstraction. Un Pégase sublimé de nuit!

>> Infos pratiques: Balade au départ de la gare du Sentier, 2h30 de marche facile jusqu’au Pont par la rive gauche du lac de Joux. www.myvalleedejoux.ch

>> L'artiste: André Lasserre, sculpteur, dessinateur, médailleur et designer industriel. www.la-memoire-de-veyrier.ch

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Buttet/Ailyos 2022

12. Une galerie d’art à ciel ouvert entre lacs et montagne 
Une fois n’est pas coutume, c’est en télécabine que je vous propose de rallier le point de départ de la balade proposée. A 2048 mètres d’altitude, au pied du fameux restaurant tournant au solaire et à l’éolien, le Kuklos, sur les hauts de Leysin. Jusqu’à la mi-octobre, toute la région se transforme en galerie d’art à ciel ouvert. Ailyos Art & Nature – pour Aigle, Leysin, Les Mosses –, cinquième édition du nom, est cette année placé sous le signe du totem, avec la France comme pays hôte d’honneur. Des dizaines de créations en adéquation avec le lieu où elles sont exposées. Du sommet de la Berneuse, on atteint en vingt minutes le lac d’Aï et le hameau du même nom qui se trouve en contrebas. Première halte pour admirer les réalisations du sculpteur français Bernard Roudet et d’une habituée de la manifestation, l’artiste valaisanne Marie-Jo Buttet. On poursuit à quelques encablures de là jusqu’au refuge du Mayen, qui accueille les œuvres de la plasticienne neuchâteloise Danièle Carrel. De là, descente en pente douce jusqu’à l’alpage du Temeley, puis retour à Leysin. Le tout ne dépasse pas deux heures et demie de marche. Ailyos 2022 déroule également ses fastes à Aigle, aux Mosses et même, cette année, aux Diablerets. Bonnes découvertes!

>> Infos pratiques: Balade au départ du sommet de la Berneuse, qu’on atteint en télécabine depuis Leysin, 2h30 de marche en pente douce. www.aigle-leysin-lesmosses.ch 
Ailyos Art & Nature, 5e édition. www.ailyos.com

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Filippo Simonetti

Grisons

13. Le petit frère du château de Tarasp, au cœur de la Basse-Engadine

Emblème absolu des Grisons, le château de Tarasp contrôle la vallée de l’Inn depuis le XIe siècle déjà. A un jet de pierre de la station de Scuol, qu’on rejoint en moins de deux heures de train depuis Coire en traversant le tunnel de la Vereina, l’illustre château fort peut être le point de départ ou d’arrivée de nombreuses randonnées. Parmi elles, je vous propose une boucle facile d’à peine deux heures de marche qui commence par longer le lac de Tarasp pour poursuivre ensuite à travers pâturages et forêts, puis revenir à Fontana, au pied de la forteresse. Le choix idéal pour consacrer suffisamment de temps à la découverte du jour, la «Sunset Tower». A mi-chemin entre la sculpture et l’architecture, une petite tour en béton aux escaliers vertigineux, œuvre du peintre, designer, sculpteur et architecte Not Vital. Originaire du village voisin de Sent, l’artiste, présent dans les plus grands musées et galeries de la planète, a racheté, voilà sept ans, le fameux château de Tarasp, qu’il a transformé en musée d’art contemporain. Sa «Sunset Tower» se veut un pied de nez à sa résidence moyenâgeuse. De passage dans la région, ne manquez pas de faire halte à Sent pour visiter le Parkin, un large espace en plein air peuplé des œuvres de Not Vital. Jouissif!

>> Infos pratiques: Balade au départ de Tarasp, en Basse-Engadine, boucle de moins de 2h de marche. Tarasp atteignable en train puis bus, env. 2h30 depuis Coire. www.cff.ch www.wikiloc.com

>> L'artiste: Not Vital, artiste multitalent. www.notvital.com

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Julien Gremaud/Sculpture Garden

Genève

14. Dans les parcs genevois, écrins éphémères de l’art contemporain

L’auriez-vous imaginé? Avec plus de 300 hectares de jardins en tout genre, Genève est l’une des villes les plus vertes d’Europe: 20% de son territoire communal est constitué des quelque 50 parcs qui jalonnent la ville. Je vous propose d’en découvrir quelques-uns particulièrement emblématiques en partant à pied de la gare Cornavin, via la rue du Mont-Blanc, jusqu’au pont du même nom. La rade traversée, petite halte au Jardin anglais, pour poursuivre, via le quai Gustave-Ador, jusqu’au parc La Grange, le plus grand espace vert de Genève, domaine agricole à ses origines, légué à la ville en 1917 par le riche armateur William Favre. Un parc qui, jusqu’au 30 septembre prochain, accueille la troisième édition de la Biennale Sculpture Garden. Les réalisations de 26 artistes de la scène contemporaine ont été créées en grande partie pour ce rendez-vous. Des œuvres censées interroger notre rapport aux autres et à nous-mêmes, également installées tout au long du quai Gustave-Ador, au parc des Eaux-Vives attenant, mais aussi sur la plage du même nom. Découvrir ces compositions une à une constitue une balade en soi. Mais si c’est avant tout la beauté des parcs qui vous attire, vous pouvez y ajouter celui de Mon Repos. Il vous suffit pour cela de passer en rive droite en empruntant un bateau des Mouettes genevoises.

>> Infos pratiques: Balade au départ de la gare de Genève, boucle de 2h30 de marche à travers le Jardin anglais, les parcs La Grange et des Eaux-Vives et celui de Mon Repos en rive droite du lac. www.mouettesgenevoises.ch
3e Biennale Sculpture Garden. www.sculpturegarden.ch

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Xavier Sprungli/DART 2017

15. Au fil du Rhône, d’Aire-la-Ville au cimetière des Rois

La randonnée proposée débute au centre d’Aire-la-Ville, commune genevoise située à moins de trente minutes en transports publics de la gare Cornavin. Trois heures de marche à la découverte des richesses naturelles du Rhône, que l’on va remonter sur 14 kilomètres en rive gauche. Après avoir traversé le bois de Châtillon, on fait face, sur l’autre berge, au coteau de Vernier, pour finir par atteindre le hameau de Loëx. De là, on jouit d’une vue surprenante sur la cité du Lignon, ce fameux ensemble urbanistique construit au début des années 1960. On pénètre ensuite dans une portion du parcours qui ressemble plus à de la jungle qu’à du périurbain. Un espace vert où les oiseaux sont rois. Ce n’est qu’après avoir quitté le bois de la Bâtie qu’on retrouve pleinement la ville. L’Arve traversée par le pont de la Jonction, on remonte alors le boulevard de Saint-Georges pour atteindre le cimetière des Rois. Aujourd’hui panthéon genevois, l’ensemble, construit au XVe siècle déjà, abrite, outre les sépultures de personnages illustres qui ont marqué la cité, une étonnante pierre tombale. Elle est l’œuvre de la géniale plasticienne Sophie Calle, qui a recueilli les secrets des promeneurs du lieu. Des confidences qu’elle a retranscrites sur de petits billets avant de les enfouir sous le monument funéraire. Difficile d’imaginer meilleure fin à sa déambulation.

>> Infos pratiques: Balade de 14 km au départ d’Aire-la-Ville, facilement atteignable en transports publics, 3h de marche au fil du Rhône jusqu’au centre de Genève. www.schweizmobil.ch

>> L'artiste: Sophie Calle, plasticienne au cimetière des Rois. www.geneveactive.ch

Par Jean de Preux publié le 5 août 2022 - 08:14