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Cinéma

«A Forgotten Man»: quand le passé réveille le présent

Affronter le passé et le comportement des gouvernements successifs. Le sujet de «A Forgotten Man», de Laurent Nègre, interpelle.

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Laurent Nègre

Laurent Nègre, réalisateur de «A Forgotten Man», son quatrième film, y évoque l’attitude de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Blaise Kormann

Au printemps 1945, Heinrich Zwygart (Michael Neuenschwander), ambassadeur de Suisse en Allemagne, fuit Berlin, le cœur de la capitale du Reich, bombardée. C’est la fin d’un mandat de huit ans au cours duquel il a dû faire de terribles compromis pour défendre la neutralité et la sécurité de son pays. Il a traversé la guerre, réussira-t-il à survivre à la paix?

«A Forgotten Man» est un beau film, aux allures de thriller passionnant, qui fait réfléchir. Laurent Nègre cherchait un canevas pour développer une histoire autour de la Seconde Guerre mondiale et de la position de la Suisse. «Il y a une dizaine d’années, je suis tombé sur la pièce «L’ambassadeur», de Thomas Hürlimann, lors d’une rencontre à Genève. Le dispositif m’intéressait, il me donnait la possibilité de raconter, à partir de son histoire, la grande histoire. J’ai travaillé sur l’inclusion de Maurice Bavaud, ces deux hommes ont eu un immense rendez-vous manqué.»

Le cinéaste a choisi de tourner dans un sublime noir et blanc. «Un classique pour cette époque et nous avons surtout travaillé la gamme de gris pour marquer toutes les facettes du personnage.» Quant au choix du titre: «Sur les ornières des bords de la route de l’histoire, il y a des gens qui sont oubliés. Il y a cet ambassadeur qu’on a plutôt envie de gommer et puis Maurice Bavaud avec son destin particulier. C’est un personnage très important pour moi. Il a pensé que l’assassinat pouvait être une solution, ce qui n’était pas un chemin facile en 1938. On aurait dû s’en souvenir.» Le plus difficile pour le réalisateur a été le montage financier, «en raison du sujet qui fait encore grincer des dents à droite comme à gauche».

Bio express de Laurent Nègre

Diplômé de la HEAD Genève (Haute Ecole d’art et de design), section cinéma. Père de trois enfants, habitant Genève. Cofondateur avec Dan Wechsler de Bord Cadre films, société de production et de distribution. Scénariste et réalisateur, Laurent Nègre a fait deux courts métrages avant de se lancer dans le long. En 2005, il signe Fragile avec Marthe Keller et Felipe Castro, en 2010, Opération Casablanca avec Gigi Akoka et Marie Jean Seille, en 2015, Confusion avec Caroline Gasser et Dario Galiza. Depuis 2014, il travaille également pour la RTS, pour l’émission Temps présent. Il a aussi assuré durant deux ans et demi l’encadrement de la culture. Il est désormais de retour sur le terrain, réalisant des reportages.

Par Chloé Sullivan publié le 8 mai 2023 - 09:48