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© Shutterstock

Comment aider mon enfant hyperactif?

Publié jeudi 26 mars 2020 à 11:41
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Publié jeudi 26 mars 2020 à 11:41 
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Il ne tient pas en place. Tapote nerveusement son téléphone. Puis se lève soudain, agacé. Les pistes de deux thérapeutes pour mieux comprendre l’enfant qui souffre du trouble de l’hyperactivité.
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«Killian est une véritable pile électrique, il a toujours besoin de bouger», confie sa maman à Nahum Frenck, pédiatre FMH, et à Jon Schmidt, psychologue FSP, travaillant ensemble comme thérapeutes de la famille. La maman arrive dans leur cabinet après avoir interrompu le traitement de Ritaline prescrit par le pédiatre de l’enfant. Son histoire est racontée en détail dans l’ouvrage Défis de familles.

L’hyperactivité est un thème qui suscite de nombreux débats, dans le milieu médical, dans les familles ou à l’école. Pour certains, il s’agit d’une étiquette que l’on donne à certains enfants turbulents et «mal éduqués». Pour d’autres, il s’agit d’une véritable maladie à laquelle aucune action éducative ne peut remédier. Les thérapeutes interrogent Killian pour savoir s’il y a des moments où il ne se sent plus submergé de pensées incessantes, où il se sent bien, léger. Il répond que c’est pendant les vacances à la ferme de son grand-père qu’il se sent le mieux. Là, il se sent libre.

Ses parents travaillent tous les deux à plein temps. En plus des devoirs, ils ont mis en place une multitude d’activités extrascolaires pour que Killian soit occupé. Ce que laisse transparaître la mère, c’est que Killian a tout le temps besoin d’être occupé. Il ne doit pas s’ennuyer, sinon il devient insupportable pour elle. Souvent, les parents s’inquiètent que leur enfant soit confronté au vide. Ces moments de la vie où il n’y a rien de particulier à faire, où l’ennui peut se faire une place dans la conscience de l’enfant. Pour beaucoup, le vide est source d’angoisse.

Les thérapeutes suggèrent alors deux techniques, le métronome familial et le pacing. Le métronome permet au musicien de trouver le bon tempo. Lors de certaines séances, l’instrument est utilisé afin de permettre d’identifier la cadence des interactions entre les membres. Puis l’échange se poursuit en ralentissant le tempo du métronome et, souvent, le dialogue devient plus posé.

Autre méthode, le pacing. Il s’agit d’une prise de conscience du ralentissement du tempo dans une famille. On demande à l’enfant de s’asseoir sur les genoux de sa mère ou de son père et de coller sa tête contre son cœur. Le jeu consiste pour l’enfant à caler sa respiration sur celle du parent pour s’apaiser.

Killian est resté hyperactif. Mais ses parents ont utilisé plusieurs outils pour l’aider à ralentir le rythme: musique calme durant les repas, diminution des activités extrascolaires, un week-end par mois avec programme libre. Une fois recadré, ce trouble handicapant peut devenir un atout.

>> Les lignes ci-dessus sont extraites de «Défis de familles – 16 histoires de thérapie systémique», Nahum Frenck et Jon Schmidt, Editions Loisirs et Pédagogie.


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