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Belinda Bencic: «La joie de vivre de Martin m’attire»

La championne de tennis de 23 ans Belinda Bencic, numéro 10 mondiale, a passé le confinement avec son ami Martin Hromkovic, qui est aussi son préparateur physique. Aujourd’hui revenue en Suisse, dans le canton de Saint-Gall, elle confie combien elle a aimé cette période entre parenthèses. Elle s’est mise à la pâtisserie et a même adopté une petite chienne, Paula.

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Thomas Buchwalder

Paula et Milou aboient dans le jardin. Si l’on s’approche, on devine qu’ils sont en train de gronder le voisin qui tond l’herbe. La maison de la famille Bencic à Oberuzwil (SG) est de nouveau très animée. Belinda, 23 ans, est de retour de Slovaquie avec son ami et préparateur physique, Martin Hromkovic, 38 ans. Tandis que son père Ivan et sa mère Dana organisent la journée à la table familiale, la championne parle de cette année étrange, qui a aussi ses bons côtés.

Christian Bürge: Où habitez-vous en réalité, Belinda?
Belinda Bencic: Pendant les périodes sans tournoi, je me trouve soit à Bratislava, soit dans ma ville natale, Oberuzwil.

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Belinda dans le jardin de la maison de ses parents, à Oberuzwil (SG). «Je profite pleinement de la Suisse orientale.» Thomas Buchwalder

On dit que vous avez profité de la pause due au coronavirus pour pratiquer des hobbies. Peinture, randonnée, cuisine?
Oui, j’ai eu plus de temps pour moi pendant le confinement. J’ai fait la cuisine deux fois par jour et je me suis mise à la pâtisserie. J’ai fait des expériences.

Votre ami fait-il la cuisine?
Nous la faisons parfois ensemble. Un de nos plats préférés est les spaghettis aglio e olio aux crevettes. Sinon, nous cuisinons sainement, avec beaucoup de légumes.

Quand avez-vous été bloqués à l’heure du coronavirus?
Nous avons pris l’avion des Etats-Unis vers la Slovaquie à la mi-mars. La nuit où Trump a annoncé l’interdiction de voyager, je n’ai pas beaucoup dormi. Je voulais rentrer chez moi. Nous avons pris l’avant-dernier vol. Papa est allé à Zurich, moi à Vienne avec Martin. Et de là en Slovaquie.

Qu’avez-vous fait en Slovaquie pendant quatre mois?
Nous nous sommes entraînés, nous avons joué dans de petits tournois, nous avons gagné les interclubs slovaques et nous avons adopté une chienne, Paula. Elle vient d’un refuge animalier où nous passions pour nous promener avec les animaux. Un samedi, nous avons remarqué Paula. Ce fut comme un coup de foudre.

Vous êtes revenus en Suisse il y a quelques semaines. La famille vous a-t-elle manqué?
Non, nous avons apprécié le temps passé ensemble, 24 heures sur 24. Le coronavirus a apporté beaucoup de malheur avec lui mais j’ai aimé rester au même endroit, seule. Ce fut agréable de ne pas voyager, de déballer entièrement mes valises.

Etes-vous restée fixée sur le sport?
Nous avons dû veiller à mettre en place une structure quotidienne. Parce que la première semaine nous nous promenions encore en pyjama à 3 h de l’après-midi (rire)… Nous avons compris que ce ne serait pas possible.

Vous avez joué en interclubs en Suisse ces derniers jours. Dans quelle atmosphère?
J’ai beaucoup apprécié. Les petits clubs de tennis, les 100 ou 200 personnes qui viennent regarder. C’est joli, très familial. Il y a un club-house, les gens du club font des efforts. C’est mignon. J’ai retrouvé l’esprit d’équipe. Martin, maman, papa, le chien, tout le monde était là.

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«Je me sens comme jamais auparavant. Mais cela ne s’est pas fait du jour au lendemain.» Thomas Buchwalder

Sur les médias sociaux, vos fans voient votre corps d’athlète. Etes-vous réellement en forme comme jamais?
C’est probablement vrai. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Depuis que j’ai commencé à travailler avec Martin, c’est un processus continu. Je me concentre sur la perte de poids. Depuis 2017, j’ai perdu une dizaine de kilos. Ma vitesse s’est améliorée, ma force est à un bon niveau. Il ne faut pas non plus devenir trop mince en tennis. Je me sens bien dans mes mouvements. J’ai trouvé l’équilibre.

Vous sentez-vous mieux à 23 ans qu’à 18 ou 19 ans?
Peut-être, oui. Je ne pense plus tout le temps à mon corps, à mon entraînement et à mes performances. Je me suis relâchée, je ne prends plus tout au sérieux. Je ne dis plus: «Tu dois accomplir tout cela cette semaine, à tout prix!»

Comment Martin travaille-t-il?
Il a un charisme positif. On peut sentir combien il aime la vie. Sa joie de vivre m’attire. Tout le passionne. Nous avons beaucoup en commun, nous nous comprenons souvent sans paroles.

Avec votre père, vous vivez souvent une relation tumultueuse, même en public. Et avec Martin?
Martin peut être impulsif, mais il a tendance à être rassurant. Nous ne nous disputons presque jamais. Le truc avec papa, c’est que nous ne nous affrontons que pendant un moment. Cinq minutes après, tout est oublié. Nous ne sommes pas rancuniers. Le sport est forcément émotionnel.


Par Christian Bürge publié le 11 septembre 2020 - 13:54, modifié 18 janvier 2021 - 21:14