Aller au contenu principal
Publicité
© WireImage

Brad Pitt et Leonardo DiCaprio, deux stars sinon rien!

Publié mercredi 29 mai 2019 à 21:53
.
Publié mercredi 29 mai 2019 à 21:53 
.
Le duo a mis Cannes en pâmoison. Sans eux, l’édition 2019 n’aurait pas eu le même panache. Leur présence, a l’instar de celle d’Alain Delon, a été salutaire à l’autoproclamé plus grand festival du monde. Revue de détail, rien que pour vos yeux.
Publicité

Il a suffi de l’arrivée de Brad Pitt et de Leonardo DiCaprio au diapason et Cannes tomba en pâmoison. D’aucuns disent qu’ils ont sauvé un festival en voie d’essoufflement. Mardi 21 mai, le duo accompagnait «Once Upon a Time... in Hollywood», film en compétition rentré bredouille.

imago images / Italy Photo Press
Leonardo DiCaprio, 44 ans, est en couple avec Camila Morrone, 21 ans, mannequin, apprentie comédienne et belle-fille d’Al Pacino.

Brad et Leo, donc. L’un a 55 ans, l’autre 44. L’un fait 1 m 80, l’autre 1 m 83. L’un s’humecte les lèvres, l’autre se lisse les cheveux. Les deux jouent dans le dernier Quentin Tarantino, récipiendaire pour Pulp Fiction de la Palme d’or en 1994.

Tournant

Vingt-cinq ans déjà. Les deux inconnus bourgeonnaient alors. Le premier dans «Thelma et Louise» (1991), le second dans «Blessures secrètes» (1993). Cette année, dans le long métrage tarantinesque, l’un est Cliff Booth, cascadeur, chauffeur, doublure et ami du second, Rick Dalton, acteur déclinant, vedette de western d’une série TV, interdit de conduire pour alcool au volant. Le film aux couleurs vintage est une ode au Los Angeles d’antan, une époque disparue. Un tournant.

Brad et Leo au pied des marches? Un petit miracle pour la réputation mondiale de Cannes. Juste avant, ils ont eu la louable attention de distribuer des autographes comme on jette des friandises. Puis direction le tapis rouge. Soixante mètres à parcourir en smoking et nœud pap sur un ruban couleur de sang.

Brad et Leo, Leo et Brad. On n’avait pas vu pareils spécimens, une paire de sex-symbols, depuis Red­ford et Newman.

Brad-Leomania

On s’étonne que ce soit leur première fois ensemble. Aux côtés de ces astres, Margot Robbie avait de la peine à exister. A l’écran, elle est Sharon Tate, l’ex-Mme Polanski enceinte, atrocement assassinée en 1969 par Charles Manson et sa clique. Le film ne lui laisse que peu de dialogue. La voilà sacrifiée avant la projection. La Brad-Leomania a tout emporté.

Depuis qu’il ne boit plus, Brad a minci. Roi du cool, il a défait le bouton de son tuxedo. Leo, égal à lui-même, est poupin. Sa veste comme le col de sa chemise sont un peu justes. On s’en accommode. Comme de ces rides sous les yeux. Un charme. L’un est fluide, souriant et souple, l’autre est figé et solennel, concentré.

L’aîné ne fait pas son âge, le cadet a toujours voulu faire plus vieux. Les voilà à égalité. Sans rivalité. Brad dégrisé a la pupille claire. Il totalise neuf longs métrages faits ou à faire d’ici à 2020. Leo a dans le regard quelque chose de pénétrant, on songe à Nicholson. Il a cinq projets en chantier.

Mic-mac

Le premier a connu des tourments conjugaux, le second a été embarqué malgré lui dans un gigantesque mic-mac financier. Brad divorcé n’est plus avec Angelina Jolie et leurs six enfants. L’autre s’entiche de top-modèles avec une constance maniaque. Camila Morrone, la dernière, totalise 21 printemps. Brune américano-­argentine, elle a de larges sourcils et des oreilles elfiques. Apprentie comédienne, it girl, elle est accessoirement la belle-fille d’Al Pacino, à l’affiche lui aussi de ce dernier Tarantino.

Getty Images
Depuis son divorce d’avec Angelina Jolie, Brad Pitt, 55 ans, père de six enfants, a cessé de boire et c’est un cœur à prendre.

Habitués d’Art Basel

Après sa séparation, Brad a mis en scène sa rédemption dans les colonnes du magazine GQ, à l’été 2017. Alcoolisme avoué, fautes assumées.

Un an auparavant, Leo, lui, a reçu la visite du FBI. Il a rendu deux encombrants cadeaux provenant d’«amis» malais. Un Oscar ayant appartenu à Brando et un Picasso offerts par les financiers du «Loup de Wall Street» de Scorsese. L’argent pas net aurait transité par une société genevoise.

Brad a lui aussi un lien financier avec un Suisse. L’honorable architecte bâlois Peter Zumthor, qui travaille à la reconstruction du L.A. County Museum of Art. En défendant son projet devant le comté de Los Angeles, Pitt vient d’obtenir pour lui une rallonge de 117,5 millions de dollars sur un total de 650 millions.

Siamois écolos

Nos siamois sont très écolos. En 2007, Brad a lancé Make it Right, destiné à la reconstruction de 150 logements après le passage de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans. Leo finance depuis 1998 une fondation à son nom à but philanthropique et verte. Pitt n’est pas intéressé par la politique, DiCaprio a dû renoncer à soutenir Hillary Clinton, pour cause de scandale précité.

Les deux fréquentent Art Basel. Brad adore le mobilier Art déco. Il a lancé sa propre ligne, la Pitt-Pollaro, possède des tableaux pour 25 millions de dollars, somme d’avant sa rupture prononcée après trois ans de procédure en avril dernier. Leo accumule toiles, affiches de cinéma et fossiles préhistoriques.

DUKAS
Dans le dernier Quentin Tarantino, Brad Pitt est Cliff Booth, cascadeur et doublure de Rick Dalton, acteur de western de série TV sur le déclin en 1969, incarné par Leo DiCaprio.

Brad fume des pétards, Leo des cigares. L’un conduit des motos customisées, l’autre des voitures hybrides. Le premier pèse 240 millions, le second 245.

Les deux ont les yeux bleus et sont fans d’un troisième, également au générique: Luke Perry. La star de la série «Beverly Hills 90210» est morte en mars dernier des suites d’un AVC. Lorsqu’ils l’ont aperçu sur le plateau, le premier a crié: «C’est Luke "putain" de Perry!» Le second s’est exclamé: «Oh mon Dieu, c’est Luke Perry là-bas!» Et vous, au fait, vous êtes plutôt Brad ou plutôt Leo?


L'éditorial. Cannes: Brad, bradons, bradez!

Par Didier Dana

A pareille époque, chaque année, 12'000 professionnels de la profession ont rangé leurs accréditations cannoises. La cuvée 2019 était relevée, paraît-il. Quelques œuvres politiquement correctes (toujours), un scandale sexuel (forcément) et un prix aux frères Dardenne (encore).

Derniers feux d’un festival déclinant, il y eut, comme les miettes d’un grand festin, des joies à échelle humaine pour nous, simples mortels: la venue des stars. Une espèce en voie d’extinction, des êtres fabuleux auxquels le sociologue Edgar Morin consacra un livre en 1972.

Delon et filiation

Alain Delon, d’abord. Dernier phare d’un cinéma englouti, il est venu en découdre avec son mythe et s’est heurté à sa propre humanité, pleurant toutes les larmes d’un corps de 83 ans encore bien conservé. Le surlendemain, étincelante filiation, on vit Brad et Leo, «duo-pack» hollywoodien emmené par tonton Tarantino, mentor tout en menton. «Le cinéma, en principe, fixe notre art pour l’éternité. Or, la jeune génération n’a jamais vu "Le Parrain"», déplorait DiCaprio en interview. Sa consigne aux apprentis comédiens est invariable: «Connais ce qui s’est fait avant toi.» Un préambule avisé, on ne va nulle part si l’on ignore son passé.

Aujourd’hui, le cinéma, comme la nostalgie, n’est plus ce qu’il était. L’image surmultipliée des iPhone nous aliène – Tarantino les interdit sur ses plateaux – les salles se vident. On brade.

Ce basculement remonterait à 2001. Sous l’effet de «Loft Story», la télé fabriqua des monstres et Cannes relégua ses acteurs derrière ce rang d’obscurs individus posés sur un piédestal. On prit Loana pour Bardot, Jean-Edouard pour Brando.

A qui la faute? Mais à nous tous. Si l’histoire a la mémoire courte, on a toujours les étoiles qu’on mérite.


Publicité

Newsletter L'Illustré Recevoir la newsletter L'Illustré

Découvrez votre nouveau magazine L'illustré et profitez d'une offre d'abonnement exceptionnelle!