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© Popy Matigot

Quand le burn-out menace mon enfant

Publié jeudi 14 novembre 2019 à 11:25
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Publié jeudi 14 novembre 2019 à 11:25 
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Découverte du yoga, initiation au judo, atelier de cuisine pour les 3-4 ans, danse latino, autodéfense, philo: l’offre de cours pour enfants est alléchante. Quels bienfaits en tirer et quels risques face à un trop-plein d’activités? Le point avec notre experte.
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«Derrière un enfant surbooké, il y a soit un enfant avide d’activités et curieux, soit une pression parentale sous-jacente», commente Anne Jeger*, psychologue clinicienne à Lausanne. Une pression pour être au top, parfois une quête de perfection qui répond aux désirs des parents, alors que les activités en dehors de l’école doivent rester, pour les petits et les ados, un plaisir, un moyen de s’épanouir.

Des avantages importants

Les occupations parascolaires permettent à l’enfant de sortir de l’école et de la maison, de s’évader. Pour ceux qui ont des difficultés dans certaines matières, cela leur permet de se réaliser dans d’autres domaines et de prendre confiance, de s’épanouir ailleurs que dans une classe. C’est une échappée belle, quand c’est fait à dose raisonnable, qui favorise la socialisation, à travers un sport d’équipe ou un groupe de musique, qui apprend des règles de vie.

Autre effet positif, la découverte d’un talent: l’enfant peut prendre goût à son activité, la développer, voire en faire son métier. L’achat de matériel permet également de responsabiliser l’enfant, qui prend conscience du coût.

Le revers de la médaille

Après six ou sept heures d’école et de trop nombreuses activités parascolaires, pressuré par ce rythme infernal, l’enfant va développer toute une série de symptômes. Il va se mettre la pression pour répondre aux attentes de ses parents, pour être le premier, le meilleur, même dans son hobby. Saturé, très fatigué, il va finir par craquer. D’où l’apparition parfois d’une grande nervosité, voire de tics. Ce qui n’est pas sans influence sur sa vie scolaire, car sa concentration et ses résultats baissent.

Affecté par son image dégradée, l’enfant se met à craindre l’échec et les conséquences délétères ne se font pas attendre. L’épuisement physique et moral peut entraîner un burn-out.

De l’importance de s’ennuyer

Une surabondance d’activités étourdit. Et ne laisse plus de temps pour souffler, faire une pause, rêver. S’ennuyer, c’est prendre le temps de s’entendre respirer, s’arrêter, s’allonger sur un lit, laisser libre cours à ses pensées. Cela peut libérer beaucoup de jolies choses, notamment la créativité. Avoir du temps pour soi est très important pour sa construction psychique.


Le conseil de l'experte

 

*Anne Jeger, psychologue clinicienne FSP/AVP: «Une activité hebdomadaire, c’est bien. Trois ou quatre, c’est trop dans la plupart des cas. C’est important que ce soit l’enfant qui choisisse lui-même son activité. Au parent de l’aiguiller, sans imposer. Souvent, il est possible de tester pendant quatre ou cinq semaines une activité avant de s’inscrire à plus long terme.»


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