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© Adrienne Barman

Le cadet est-il toujours le chouchou?

Publié mardi 9 juillet 2019 à 09:16
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Publié mardi 9 juillet 2019 à 09:16 
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Les petits derniers profitent plus que les autres du nid familial. Les parents leur passent des choses dont leurs aînés n’auraient pas osé rêver. Ce peut être un défi pour tout le monde.
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La petite Annette, 5 ans, proteste bruyamment tout en tapant du pied: «Vous ne faites jamais ce que je veux!» Elle est la cadette de la famille et s’estime toujours injustement traitée. En promenade, elle refuse tout à coup de marcher, espérant que l’un de ses grands frères la portera sur son dos. Elle parle et parle sans discontinuer et s’attend à ce qu’on l’écoute enfin. Mais elle aime bien aussi que ses frères l’emmènent partout et jouent avec elle. Le comportement d’Annette est, dit-on, typique du dernier-né. Mais y a-t-il vraiment quelque chose de typique à être l’aîné, le puîné ou le cadet?

Stéréotypes à la vie dure

Il est certes excessif d’établir une caractérologie définitive sur la base de l’enchaînement des naissances. Pourtant, les stéréotypes ont la vie dure. Notamment parce qu’ils sont soutenus par de multiples études de psychologie du développement venues en particulier des Etats-Unis, avec des clichés du genre: les aînés sont autoritaires, jaloux et veulent toujours avoir raison; les puînés sont discrets, timides et diplomates; et les cadets sont chou, charmants, gais et enjoués mais parfois très capricieux.

«L’influence de la position dans la fratrie est mince, assure l’Allemand Helmut Kasten, psychologue du développement. Ce n’est que si des parents très conservateurs reproduisent les rôles classiques dans leur manière d’éduquer et entendent élever de véritables héritiers mâles et de vrais petits derniers qu’il peut y avoir des effets.»

Influence passagère

De telles attributions de rôles classiques, fondées sur le rang dans la fratrie, font plutôt partie du passé. Et si une telle influence s’exerce effectivement, ce n’est en général que passager. «Les relations étroites qui nous marquent sont de tous les âges: dans la jeunesse les copains du même âge, plus tard les partenaires de vie et les collègues au sein de la profession.» «Les frères et sœurs tirent toujours profit les uns des autres, qu’ils soient plus âgés ou plus jeunes, déclare Helmut Kasten. Ils essaient de négocier des compromis, de forger des alliances, de se disputer de manière constructive. C’est un entraînement social pour toute la vie.»

Parfois, les frères et sœurs sont très proches, parfois la jalousie s’installe. La relation demeure ambivalente et fluide. Reste que, selon l’ordre des âges, l’enfant apprend à s’adapter, à s’affirmer, à partager et à nouer des alliances de manière différenciée au sein de la famille. Il développe ainsi des stratégies d’affirmation de soi.

«Tu es trop petit pour ça»

La BD «Max en a marre de sa sœur», de la collection «Max et Lili», un livre rafraîchissant sur la jalousie entre frère et sœur.

En général, le petit dernier jouit de pas mal d’avantages. Il ne doit plus conquérir certains droits, ses aînés ayant déjà défriché le terrain. Il peut plus aisément dormir chez des copains, partir en vacances, rester debout plus longtemps le soir, regarder la télé: ce que les parents ont concédé aux plus grands, ils ne vont pas le refuser aux cadets.

En outre, les parents considèrent bien des aspects de manière plus détendue qu’auparavant. Ça, le petit dernier le doit aussi à ses grands frères et sœurs. Pourtant, les cadets ne voient pas toujours leur rôle positivement. A l’instar d’Annette, ils s’estiment traités injustement. Ils sont toujours à la traîne par rapport aux plus grands et souffrent des comparaisons. Ils s’entendent souvent dire: «Tu ne peux pas encore faire ça, tu es trop petit.» Et ça les énerve. Nombre d’entre eux ne se contentent pas de passer pour mignons tout plein. En guise de réaction, ils tendent à jouer la comédie et à faire les clowns parce qu’ils pensent que c’est le meilleur moyen d’être remarqués.

Exigence d'adaptation

Les puînés et les cadets doivent en outre s’adapter à beaucoup d’attentes. Ils doivent notamment prouver à leurs aînés qu’ils savent déjà plein de choses. Aussi le rapport entre le petit dernier et l’aîné est-il souvent ambivalent. D’un côté le petit est sans cesse en compétition, il demande de l’attention et de l’amour de la part de ses parents, ce qui n’est pas toujours évident. Mais en même temps il arrive que le cadet s’allie avec les plus grands contre les parents pour atteindre un objectif commun. Pour le petit dernier, cela signifie souvent prendre une décision: se contenter du rôle de «petit chouchou» ou concourir avec ses aînés et les surpasser?


Conseils: à quoi faut-il veiller?

Ce que les parents doivent faire...

• Eviter de comparer les enfants, sans quoi ils risquent de développer un esprit de concurrence et des guerres de pouvoir.

• Percevoir, renforcer et encourager chaque enfant individuellement.

• Accorder aux plus jeunes de la reconnaissance et de l’attention.

• Confier des tâches importantes aux plus petits. Ils peuvent ainsi faire la démonstration de ce dont ils sont capables. En général, ils se montrent imaginatifs, créatifs et très résistants.

• Faire en sorte que le petit dernier trouve sa niche dans la structure familiale et qu’il soit plus aisément perçu comme une personne autonome.

• Etre constant et cohérent et encourager le petit à l’action. Cela contribue aussi à persuader les enfants capricieux de coopérer.

• Encourager la solidarité au sein de la fratrie. Exemple: en cas de bagarre, ni TV ni sortie pour tous s’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord. Les coqs de combat concluront des alliances en raison de l’objectif commun.

• Ne pas se mêler des disputes entre frères et sœurs. Ils sont capables de les régler tout seuls. Il va de soi qu’il faut des règles claires et adaptées à l’âge des uns et des autres.

• Accorder plus de droits aux plus âgés mais, en même temps, exiger d’eux d’accomplir davantage de tâches, de sorte ce que personne ne se sente traité injustement.


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