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L'édito

Cancer du sein: la parole aux malades

Qu'écrire encore sur octobre rose, le mois qui visibilise le cancer du sein dans la société? Comment un homme peut-il encore traiter ce sujet? Pour le journaliste Philippe Clot, c'est en écoutant, accompagnant et aimant celles qui en souffrent, et en leur donnant la parole évidemment.

Cancer du sein

Le 19 octobre 2021 est la journée internationale du cancer du sein.

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Que peut bien écrire un homme sur le cancer du sein, maladie qui touche cent fois plus les femmes que les mâles? Les études et statistiques de l’OMS m’ont en tout cas dissuadé de théoriser sur le paradoxe entre une médecine toujours plus efficace et l’inertie du monde face aux pollutions et modes d’alimentation cancérogènes. Le cancer du sein est en effet un fléau mondial, une maladie non infectieuse et la moitié des cas concerne des femmes sans facteur de risque notable. Fallait-il alors déplorer ici le manque de moyens accordés à la recherche contre le cancer en m’inspirant d’une réplique de la fameuse série Dr House: «C’est moins rentable de lutter contre le cancer que de chercher comment cacher le dopage aux anabolisants»? Là encore, une rapide recherche démontre que ce financement est massif, notamment parce que les pharmas réalisent de grosses marges sur ces médicaments. Et les résultats sont là: le taux de mortalité par cancer du sein comparatif par âge a chuté dans le monde de 40% entre les années 1980 et 2020.

En fait, les mieux placées pour mettre des mots sur cette maladie sont les premières concernées: les malades. En les écoutant, on vérifie que chacune d’elles vit différemment ce long combat intérieur. Mais des points communs émergent aussi: l’importance de l’entourage par exemple. Quand on aime vraiment d’amour ou d’amitié un congénère, sa maladie, les effets des traitements, l’éventuelle mutilation chirurgicale n’altèrent en rien cette affection. Et c’est d’ailleurs le même cynique Dr House (pardon pour la trivialité de mes références dans cet édito) qui le dit: «On ne peut pas aimer quelqu’un sans pleurer avec lui, partager ses problèmes, ses peurs.»

L’autre point commun qui unit ces témoins, c’est que la maladie leur a appris à mieux s’occuper d’elles-mêmes. Car s’il ne s’agit pas d’une statistique scientifique, ce cancer semble cibler souvent les natures les plus altruistes. La bienveillance commence par celle qu’on se réserve. Il y a certains égoïsmes qui n’en sont pas. Alors aux 17 Suissesses qui apprendront aujourd’hui qu’elles devront mener ce long combat, nous leur souhaitons d’être bien entourées et de penser beaucoup à soi.

Par Phillipe Clot publié le 20 octobre 2021 - 08:50