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© Marc Piasecki/Getty Images

Céline Dion assure le show... et le business!

Publié mardi 5 février 2019 à 16:40
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Publié mardi 5 février 2019 à 16:40 
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De passage à Paris la diva a couru les défilés et fait enfler la rumeur. Jugée trop maigre, elle a donné des précisions sur la nature de sa relation avec son ami le danseur Pepe Munoz, trois ans après le décès de son mari.
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A l’approche de 
ses 51 ans, le 30 mars prochain, Céline Dion joue les fashionistas, conquérante et décomplexée. Lorsqu’elle débarque à Paris pour la Fashion Week, c’est à la hauteur de ses moyens, en jet privé, vêtue d’un ensemble jogging à capuche en cachemire imprimé léopard griffé Baja East. Sur l’échelle de coupée, elle lève les bras comme pour dire: «Paris, me voilà!» La veuve de René Angélil est-elle aussi joyeuse que sa gestuelle triomphale le laisse entendre? «Je pense que je vis ma meilleure vie maintenant et je veux vraiment la prendre à bras-le-corps et profiter de chaque moment», a-t-elle déclaré au quotidien anglais The Sun.

Folles rumeurs

Elle a choisi le puissant tabloïd pour répondre aux rumeurs et aux insinuations. Céline a maigri, beaucoup. Trop, dit-on. Elle laisse apparaître un cou grêle, des joues striées de rides. Sa réponse claque: «Je ne veux pas en parler. Si vous aimez ça, tant mieux. Sinon, laissez-moi tranquille.» Elle précise toutefois: «Je le fais pour moi. Je veux me sentir forte, belle, féminine et sexy.» Cette silhouette ténue interroge. Et lorsqu’un voile de tristesse passe sur son visage émacié crûment saisi par les flashs, on se dit que derrière les sourires de façade, elle a encore le cœur plombé.

Trois ans déjà que son pygmalion devenu son mari, le père de ses trois enfants, a été emporté par un cancer de la gorge à 73 ans, après 35 ans d’une vie commune, professionnelle et amoureuse, consacrée à bâtir une carrière devenue un empire. Deux jours après, Daniel, son frère aîné, 59 ans, succombait à une tumeur au cerveau.

Après le temps du deuil, Céline Dion a décidé de liquider, parfois à perte, son patrimoine immobilier. La gigantesque maison de Jupiter Island, en Floride, acquise en 2010 avant la naissance des jumeaux Eddy et Nelson, a été rachetée 38 millions de francs au lieu des 72 initialement prévus. D’autres sont en attente.

«Maintenant, je m’amuse»

Céline veut s’alléger, se délester. «Depuis mon enfance, je bosse, je fais ce que j’aime, dit-elle. Mais maintenant, je m’amuse aussi. René m’a donné les bagages pour le restant de mes jours. Et je fais du mieux que je peux pour élever mes enfants, pour créer mes passions, pour m’entourer de vraies personnes que j’aime et pour explorer la vie.»

Lorsque comme elle, grâce à une voix céleste, on a amassé une fortune estimée à plus de 400 millions de francs, on peut bien se distraire. En clair, aller au défilé Chanel, lancer sa ligne de vêtements non genrés pour bébés et enfants avec les créatrices de la marque Nununu. Le prétexte à une interview tour à tour déjantée et grimaçante et soudain émouvante, notamment lorsqu’elle aborde en compagnie de la vlogueuse Lola Dubini ses souvenirs d’enfant victime de harcèlement scolaire. Céline fond en larmes, la caméra s’arrête net, puis elle reprend.

Ridicule et extravagance

On l’a également aperçue dans des tenues où le ridicule le dispute à l’extravagance. La robe jaune fluo signée Maison Margiela portée avec un blazer-cardigan et complétée de grosses baskets lui a valu critiques et sarcasmes. Céline Dion a intégré la moquerie et la caricature depuis bien longtemps. Elle les cautionne même. En 2012, elle avait accepté d’apparaître au générique du film «Sur la piste du Marsupilami», au cours duquel Lambert Wilson danse et chante en la parodiant.

A Paris, elle a continué à attirer la lumière sur le tournage d’une pub pour L’Oréal devant le Plaza Athénée. Le soir, elle enfilait un sweat blanc avec l’inscription «I’m Worth It»: «Je le vaux bien». Le slogan de la marque pourrait être le sien. Qu’elle déambule seule la peau cuivrée comme échappée d’une cabine à UV dans une combinaison noire très échancrée et sans soutien-gorge avant le défilé Fashion Freak Show de Jean Paul Gaultier ou bras dessus, bras dessous avec le danseur espagnol Pepe Muñoz, trilingue, 32 ans, Céline est sûre de son effet.

Le séduisant garçon s’habille sobrement. Un jean, un t-shirt, un perfecto et le tour est joué. Il est connu pour le duo lascif partagé en scène sur «Le ballet», un titre écrit pour elle en 1995 par Jean-Jacques Goldman et tiré de l’album D’eux, le plus vendu de toute l’histoire de la chanson francophone avec 10 millions d’exemplaires.

Proche. Intime, même

Pepe Muñoz est basé à New York. Illustrateur et dessinateur de mode, il est devenu un proche de la star. Et même un intime. Après avoir raccroché les chaussons et quitté la troupe du Cirque du Soleil, il danse exclusivement pour la patronne. Est-ce son amant? Céline Dion précise: «La presse a dit: 'Oh mon Dieu, René vient tout juste de mourir et maintenant il y a un autre homme.' Oui, il y a un autre homme dans ma vie, mais ce n’est PAS l’homme de ma vie. Ne mélangeons pas tout.» Quelle est la nature de leur relation? «Nous sommes meilleurs amis. Bien sûr, nous nous câlinons, nous nous tenons la main et nous sortons, donc les gens voient cela. Ce que je veux dire, c’est que c’est un gentleman. Il me tend la main quand nous sortons.»

On l’aura compris, René Angélil, producteur, protecteur et homme d’affaires, est toujours dans son cœur. Il veille de là-haut et fonctionne comme une boussole. Les récentes déclarations de Céline ne sont pas le fruit du hasard. Désormais seule, elle mixe show et business. Ses saillies à la presse britannique sous-tendent la promo du concert qu’elle donnera à Hyde Park à Londres le 5 juillet prochain devant 65'000 personnes. Un show qu’elle seule pouvait vanter avec sa spontanéité légendaire et cet inimitable accent. «Hallo tout l’monde ici Céline Dion. J’avais une grande envie de fish and chips et, évidemment, de sticky toffee pudding (pâtisserie à base de dattes, ndlr). Alors j’ai décidé de me rendre à Londres cet été. Et pendant qu’j’y s’rai, j’vais en profiter pour part’ciper au festival British Summer Time. J’ai super-hâte de chanter pour vous.»

La musique, sa thérapie…

Sous les ors, la star n’oublie jamais d’où elle vient. Elle reste la fille de Thérèse et d’Adhémar, dernière d’une famille de quatorze enfants. Celle qui a poussé la chansonnette pour la première fois à l’âge de 5 ans à l’occasion du mariage de l’un de ses frères et qui remportait l’Eurovison pour la Suisse en 1988 avec le titre «Ne partez pas sans moi».

Avec Céline, on en revient toujours à la musique. Sa meilleure alliée, sa thérapie, son essence. La soprano est capable de couvrir quatre octaves. Son dernier album, sorti en 2016, «Encore un soir», aura été une échappatoire à son chagrin. Un hommage à son découvreur. Le quinzième et dernier titre du disque, «Trois heures vingt», est en réalité un enregistrement de 1984. Elle avait 16 ans. Cette guimauve sublime – ce qu’une partie de la critique a toujours détesté chez elle, son trop-plein de sentimentalisme – était la promesse prémonitoire de l’histoire d’amour qu’elle allait partager avec cet homme, plus âgé, qui a cru en elle.

Au printemps 1981, seul dans son bureau de Montréal, René Angélil, 39 ans, ramassait une cassette qui traînait parmi d’autres. «En l’écoutant, j’ai eu un choc, dira-t-il. Une voix comme ça, il y en a une tous les 20 ans.» Deux heures plus tard, la toute jeune Céline Marie Claudette Dion, 13 ans, toquait à la porte avec sa maman. A cette minute précise, la carrière de l’enfant qui rêvait de gloire et de chansons débutait. Elle se construira à travers plus de 220 millions d’albums vendus. En 2019, entre rires et larmes, l’ascension n’est pas terminée.


Las Vegas, show millionnaire

Une salle construite sur mesure pour une chanteuse? On n’avait jamais vu ça avant que le Colosseum, théâtre du Caesars Palace de Las Vegas, ne soit conçu pour accueillir Céline Dion. D’autres, comme Elton John, ont suivi depuis. Coût des travaux: 95 millions de francs.

Ce show est devenu le plus rentable de l’histoire de la ville du Nevada. Entre 2003 et 2007, ses 4300 places ont rapporté 500'000 dollars par soir à l’occasion de 717 représentations, générant quelque 400 millions de recettes. Ce lieu que Céline appelle «sa maison» a permis à la chanteuse de travailler tout en élevant René-Charles, né en 2001. Elle est revenue de 2011 à 2014 avec le même succès. Cette année, suite et fin de l’aventure, elle est de retour pour 28 représentations entre le 26 février et le 8 juin.


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