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© Olivier Bieli

Les chevreuils s'invitent au cimetière

Publié mardi 7 juillet 2020 à 09:10
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Publié mardi 7 juillet 2020 à 09:10 
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Quand des chevreuils se sentent si bien dans un cimetière qu’ils deviennent trop nombreux, au point que les services de la ville de Bâle veulent les abattre, cela fait un tollé. Et une jolie histoire qui en dit beaucoup sur les paradoxes de notre époque et qui a ému jusqu'à Brigitte Bardot.
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Depuis des années, les chevreuils ont pris leurs aises au Friedhof am Hörnli, le plus grand cimetière du pays. A l’abri de prédateurs, de joggeurs, de tracteurs meurtriers pour les faons, l’espèce y vit bien. Trop bien: d’une quinzaine, elle est passée à 25 individus. En mai, le Service des espaces verts de Bâle-Ville délivre une autorisation de tir. Levée de boucliers, pétitions, intervention de Brigitte Bardot et recours déposé par la Fondation Franz Weber et l’association Helvetia Nostra: les hôtes indésirables sont en sursis jusqu’au 19 juillet.

Olivier Bieli
Idyllique?

Si des habitants sont dérangés par les dommages causés aux tombes réparties sur plus de 50 hectares, d’autres, «qui ont aussi des proches enterrés là», ne veulent pas qu’on touche aux animaux, plaide le policier bâlois Olivier Bieli, propriétaire d’un refuge animalier en Alsace voisine. Sa pétition contre le «massacre» a recueilli 18 000 signatures.

Olivier Bieli
Une couronne à croquer.

Les chevreuils sont plus nombreux que dans la forêt voisine, une surpopulation qui nuirait à leur bien-être, a analysé la commune de Riehen. Un non-sens pour Olivier Bieli. «C’est nous, les humains, qui sommes trop nombreux et qui empiétons sur leur territoire. Nous les dérangeons avec nos balades et nos vélos en forêt.»

Olivier Bieli
Petit galop.

La présence des cervidés coûte très cher, souligne le Service des espaces verts de Bâle-Ville: 100 000 francs pour les dégâts à la flore et les mesures – clôture, plantation de bégonias, préparation à base d’acide butanoïque et autres peaux de brebis – visant à les maintenir éloignés, avec un employé qui s’y consacre entièrement. Des tentatives fastidieuses et qui ne fonctionnent qu’un temps.

Il y a trop de gens dans les forêts, cela dérange les chevreuils. Au cimetière, ils ont la paix

Olivier Bieli
Repose en paix.

Pendant que les chevreuils méditent sur leur sort, les pétitionnaires assurent pouvoir trouver des solutions permettant d’éviter l’abattage de la dizaine de bêtes en surnombre. La Fondation Franz Weber a demandé la tenue d’une table ronde avec les autorités. Olivier Bieli, lui, propose que les animaux soient déplacés dans une zone sauvage où vivent des prédateurs naturels comme le lynx. A suivre...


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