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Confessions d’un jeune chanoine

Simone, un Valaisan de 25 ans, se livre dans «Au nom du fils», l’épisode 5 du podcast Immersif. Au fil de ce reportage sonore, le jeune homme nous raconte son quotidien de religieux à l’abbaye de Saint-Maurice: son choix d’entrer dans les ordres et les conséquences des scandales d’abus sexuels qui noircissent l’image de l’Eglise catholique.

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Podcast: Au nom du fils, confessions d'un chanoine
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Dans les années 1970, ils étaient plus d’une centaine à se rassembler à l’aube, à 6 h 15, pour la première prière. Aujourd’hui, ils sont à peine 30 à honorer les pratiques inspirées des premiers chrétiens. Pauvreté, chasteté et obéissance, c’est la même doctrine que respectent les chanoines de l’abbaye de Saint-Maurice depuis mille cinq cents ans. Contrairement aux moines reclus, les membres de cette confrérie sortent pour servir les laïcs. La plupart enseignent. Les étudiants de la région ont l’habitude de les voir, portant l’habit religieux en cours.

A notre arrivée à la gare, une silhouette vêtue d’une toge noire nous accueille avec un grand sourire. Simone a 25 ans aujourd’hui. L’adolescent, qui servait la messe dans la petite ville valaisanne, a réalisé il y a quelques années qu’il passait son temps libre à l’abbaye, entre la bibliothèque et la basilique. C’était sa nouvelle maison. Il décide alors d’entamer des études en théologie à l’Université de Fribourg pour entrer dans les ordres. Un choix qui a d’abord surpris sa famille, catholique mais pas forcément pratiquante. Cette décision radicale, il en est certain. «Si tu vois cette vocation comme une privation, c’est que ce n’est pas fait pour toi. Tu ne dois pas te pourrir la vie ou celle de tes confrères», explique à notre micro le jeune homme qui a plus de 25 ans de différence avec la plupart des autres chanoines.

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Le jour de notre immersion, le carillon est annonciateur des vêpres (prières) du soir. L’accueil est chaleureux. On a même accédé à la clôture, un espace réservé aux religieux et qui mène à leurs chambres. Enthousiaste et bienveillant, Simone souhaite changer l’image des hommes d'Eglise. Sur son compte Instagram, l’écclésiastique publie par exemple des photos de son quotidien atypique. «En soi, je peux faire ce que je veux! On ne m’a pas enchaîné ici. Je n’ai pas de GPS sur mon téléphone», dit-il avec humour.

Alors qu’on parle beaucoup ces derniers mois des abus sexuels qui touchent l’Eglise catholique, le jeune chanoine tient à rappeler que, malgré les agissements de certains membres, une vie consacrée à Dieu ne se résume pas à ces dérives. Il aborde ouvertement les scandales actuels tout en partageant son point de vue sur d’autres thématiques: de la place des femmes dans les institutions chrétiennes à la perte d’intérêt des questions spirituelles en 2022. Avant la prière du soir, il nous invite à déguster les bières brassées par l’abbaye. Un moment chaleureux en off, qui déconstruit davantage les clichés d’une vocation perçue comme en total décalage avec le reste de sa génération.
 

Par Jade Albasini publié le 19 avril 2022 - 11:06