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Des rames aux planches, Augustin Maillefer a amené son aviron au théâtre

Deux fois sélectionné pour des Jeux olympiques, le rameur vaudois Augustin Maillefer, à la retraite depuis 2020, vient de participer à un spectacle de théâtre. Il a accepté spontanément et il a adoré.

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Augustin Maillefer

Augustin Maillefer vient de participer à un spectacle de théâtre et il a adoré cela. 

Alisson Shepherd/24 heures

«L’automne dernier, quand le metteur en scène Frédéric Ferrer m’a appelé pour me faire la drôle de proposition de figurer dans un spectacle en mai-juin au Théâtre Vidy-Lausanne, j’ai dit oui. Je suis ainsi: quand on me demande quelque chose où je ne sais pas trop où l’on va mais qui me semble sympa, j’y vais. Je suis toujours curieux de voir ce qui va se passer, j’aime le côté spontané des choses. En général, ce sont toujours de bonnes surprises.

Il faut dire qu’il s’agissait d’un spectacle particulier. Il se passait au-dehors et Frédéric Ferrer parlait d’aviron et d’olympisme pendant une heure, avant que nous arrivions dans notre bateau, un quatre de couple. Le jeudi soir, on s’est même fait applaudir après un freinage devant la tribune, tellement on a fini proches du bord. Ensuite, je devais répondre aux questions du public. J’avais conscience que je m’adressais à des personnes dont beaucoup découvraient l’aviron. Même si je ne savais pas à quoi m’attendre, l’exercice était dans mes cordes, ce n’était pas du théâtre classique. Avant qu’on débarque, l’acteur avait su installer une ambiance détendue en parlant avec une incroyable précision de notre sport où la gauche est la droite, où on avance en arrière.

J’ai beaucoup aimé. Chaque soir a été différent. On a tout eu au niveau météo. Un magnifique coucher de soleil, une soirée entrecoupée par de la pluie, une autre avec tout le monde en pèlerine où on a fini sous les éclairs. Le dernier soir, à cause du bruit d’une disco voisine, on a joué dans le théâtre. On s’est retrouvé à devoir y faire entrer le bateau.

Par rapport au trac lié à une compétition, je constate une énorme différence. Il n’y a pas le stress de la douleur. Dans une course, même si tout allait bien, je savais que j’aurais mal. Le corps était en éveil pour cela. Il n’était pas dupe, il savait ce qui allait lui arriver.

Ce que m’a apporté un sport aussi dur? Là, par exemple, alors que je suis en train de passer des examens pour la HEP, j’arrive à bien me concentrer dans ces moments clés emplis de tension, je parviens à être en confiance, à me dire: «Voilà ce qui est attendu de moi, je suis au clair, c’est bon.» J’ai gagné en lucidité. Autour de moi, je vois parfois des étudiants qui ont travaillé cinq fois plus et qui s’égarent, se font des films. Pas moi.

Pourtant, petit garçon, j’étais très stressé. Lors de mes premières compétitions, c’était horrible. En famille, on courait par exemple chaque année les 4 kilomètres de Lausanne, sans pression, sans jamais parler de gagner ou de perdre. Or tout me paniquait, le fait de partir à une certaine heure, le besoin de me montrer à la hauteur. Ensuite, junior en aviron, il m’est arrivé de vomir avant les compétitions, surtout celles purement physiques.

Le théâtre fut une chouette découverte, cela m’a donné envie d’en refaire. Bon, j’avais le beau rôle: j’étais l’invité et tous les problèmes étaient pour les autres. Ce fut spécial et amusant, sans prise de tête. Le fait que l’esprit général ait été teinté de deuxième degré tout en restant sérieux a aussi compté.»


Son nouveau bateau, Alinghi


Le rameur de 29 ans vient d’intégrer l’Alinghi Red Bull Racing, qui prépare la Coupe de l’America. «Comme c’était un secret, je redoutais qu’un spectateur ne me questionne sur mon avenir pendant le spectacle.» Mais ce n’est pas arrivé.

Augustin Maillefer

Le rameur de 29 ans vient d’intégrer l’Alinghi Red Bull Racing, qui prépare la Coupe de l’America.

Alinghi Red Bull Racing
Par Marc David publié le 3 juillet 2022 - 08:32