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© MAGALI GIRARDIN

Dominique Warluzel: «J’ai encore échappé au pire…»

Publié lundi 10 juin 2019 à 20:40
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Publié lundi 10 juin 2019 à 20:40 
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Le célèbre avocat genevois Dominique Warluzel a failli mourir dans sa chambre d’hôtel en mars dernier. Tiré d’affaire, il a fêté ses 62 ans en compagnie de son épouse et d’amis avant de rejoindre les Bahamas. Il projette d’y écrire une nouvelle pièce de théâtre.
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Il ne se souvient plus tout à fait de la date, évoque le mois dernier. Mais qu’importe. Dominique Warluzel, l’enfant terrible du barreau genevois, pénaliste redouté, avocat et ami des stars, homme de télé, auteur de théâtre, play-boy à l’esprit vif-argent, foudroyé par un AVC en 2013, lourdement handicapé depuis, a failli mourir, à Genève, d’une insuffisance respiratoire aiguë dans sa chambre médicalisée de l’Hôtel Métropole.

Râles

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Dans la nuit du 4 mars à 2h30, Nelly, son aide-soignante, a appelé une ambulance et le médecin de l’avocat genevois, à qui elle a fait parvenir ce cliché.

Celle qui lui a sauvé la vie n’a rien oublié, en revanche: «C’était le 4 mars à 2h30 du matin, précise Nelly, l’une des quatre aides-­soignantes qui se relaient en permanence à son chevet. J’ai entendu des râles, je lui ai fait du bouche-à-bouche, j’ai appelé une ambulance et j’ai prévenu son généraliste.» La jeune femme fait une photo qu’elle envoie au médecin. Sur le cliché morbide, l’homme de loi suffoque.

Aujourd’hui, il en rigole: «On dit en général que ça sent le sapin, mais pour mon cercueil je veux du merisier.» Mercredi 29 mai, Warlu, comme l’appellent ses proches, a fêté ses 62 ans en présence de son épouse, Corinne, et d’une quinzaine d’amis. Ils se retrouvent chez Marijo Raboud à l’Auberge de Gy.

Des cadeaux, pas de gâteau

MAGALI GIRARDIN
Au bout de la table, avec son épouse et ses convives, l’avocat genevois a fêté ses 62 ans le 29 mai dernier.

Il est 20 heures passées. Marchant avec difficulté, soutenu par un bras costaud, l’homme de loi s’assied à table. Corinne lui ouvre ses paquets. Il reçoit tout ce qu’il aime: un beau livre sur Brel, un autre sur Ava Gardner, une encyclopédie du film noir, le DVD d’un concert de Springsteen, du vin, des quiz de cinéma. Des cadeaux, mais pas de gâteau. Au menu, le poulet proverbial de la cheffe et des fraises, meringues avec crème double.

Ennuis judiciaires

Me Warluzel a changé. Il sourit et n’a plus l’intention de mettre fin à ses jours. Une litanie déroulée à longueur d’interviews depuis qu’il s’est inscrit à Exit. La mine est meilleure qu’à la sortie de ses ennuis judiciaires de 2016. Un coup de feu tiré à La Réserve après une violente dispute. Lui affirme avoir voulu en finir. «Je ne pouvais plus marcher, contrairement à ce que l’on m’avait promis. J’ai décidé de me suicider. D’où l’arme.»

Le drame lui a valu une condamnation à 30 mois dont 24 avec sursis et 6 fermes. La peine a été suspendue au profit d’un suivi psychologique. La mesure, achevée avec succès, a été levée par décision du Tribunal des mesures de contraintes. Me Warluzel est libre de ses mouvements sans condition restrictive. Il a de plus été condamné à dédommager son aide-soignante à hauteur de 170'000 francs. Un sale revers.

MAGALI GIRARDIN
Me Warluzel avec Jean-Charles Simon (t-shirt), l’avocat Charles Poncet (écharpe), avec qui il s’était brouillé puis réconcilié. «Je lui dois une défense de qualité», dit Dominique Warluzel. Charles Poncet l’a défendu avec Christian Lüscher (à dr.)…

Musique du «Clan des Siciliens»

Avant de repartir pour les Bahamas dimanche, il nous parle en piochant dans une boîte de bonbons Haribo et grille des cigarettes, peu recommandées dans son état, écrasées à peine allumées. Le dialogue, parfois, est interrompu par la sonnerie de son téléphone, la musique du «Clan des Siciliens», un film de gangsters avec un sanglant règlement de comptes.

- Après un AVC aux Bahamas, une chute violente, trois trépanations, deux crises d’épilepsie, vous frôlez la mort, en Suisse cette fois. De quoi vous souvenez-vous?
- Dominique Warluzel: D’une difficulté à respirer de plus en p­lus aiguë. J’étais semi-­conscient. Puis plus rien. J’ai frôlé la mort à un millimètre. Lorsque j’ai ouvert les yeux, j’ai vu, penché sur moi, mon ami d’enfance le professeur François Sarasin, médecin-chef du service des urgences des HUG. Je lui ai dit: «Qu’est-ce que je fais ici?»

- Quelle est la cause de cette crise respiratoire aiguë?
- L’abus ou le sevrage brutal de benzodiazépines type Valium, d’anxiolytiques comme le Xanax ou le Temesta. Je les ai arrêtés il y a un mois environ. Je suis passé d’un total de 45 médicaments de tous types par jour à 30. Un spécialiste de l’institut médico-légal est venu me couper deux mèches de cheveux ce matin. Nous allons les faire analyser afin de dater l’exposition aux substances.

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Il est sujet à des crises d’épilepsie et soumis à une médication lourde. Il est passé de 45 à 30 médicaments par jour il y a un mois. Le sevrage serait la raison de son récent malaise.

- Que faites-vous à Genève?
- Je m’y ennuie profondément. Je téléphone à mon bureau à Nassau. On me lit les articles, je ne peux plus tenir un livre ou un journal à deux mains (il a perdu l’usage de sa main gauche et la marche après une chute le 2 janvier 2014, ndlr). Je regarde beaucoup la télé, des documents historiques, 8000 sont stockés sur mon iPad. La Deuxième Guerre mondiale, l’Indochine, la guerre d’Algérie et 1500 affaires criminelles. J’ai des pièces de théâtre radiophoniques suisses. La fameuse du lundi soir qui passait sur Sottens. Et je suis arrosé d’e-mails.

- Vous sortez parfois?
- De temps en temps au restaurant. C’est une expédition funèbre horrible. Sinon, je quitte la chambre pour aller voir des médecins à foison. Un neurologue, un généraliste, mon pneumologue, mon dentiste. Je ne fais que ça.

- S’offrir ces soins est un privilège.
- Oui, sinon je serais dans un EMS depuis longtemps, «léguminé».

- Vous faites appel aux meilleurs spécialistes ici et ailleurs et êtes surveillé en permanence. Que coûtent vos soins depuis six ans?
- Plusieurs millions.

- Combien?
- Moins de 5. C’est un miracle que j’aie pu les trouver. Notamment grâce à l’aide d’amis avocats. Mon assurance maladie, à laquelle je verse 1600 francs par mois, n’a pratiquement rien déboursé. Elle me devait 1,7 million. J’ai dû lui faire un procès qui s’est terminé par une transaction minable, pour moi, après trois ans de procédure. Soit 300'000 francs, auxquels il faut retrancher 50'000 à 60'000 francs d’honoraires versés à un spécialiste en assurances et un avocat. Grâce à mes amis et à cette contribution résiduelle, j’ai pu payer le tout avec difficulté. Mes activités aux Bahamas couvrent un peu plus de la moitié de mon train de vie sur une année. Je ne suis pas milliardaire comme Bertarelli.

- Avant de devenir avocat, comment avez-vous gagné votre argent?
- L’argent n’est pas arrivé comme ça (il claque des doigts). C’était dur. J’ai été facteur, puis j’ai travaillé dans un tunnel de lavage, j’ai été nettoyeur de chantier et vendeur chez Torre dans les arts ménagers pour 4,50 francs de l’heure. Je leur faisais gagner 3000 francs par jour.

- Le regard des autres vous incommode-t-il?
- Dehors, il me gênait déjà avant les événements. J’étais regardé comme une bête curieuse. Maintenant, c’est pire. Je le trouve intrusif et désagréable. Sans parler des réactions autour de moi. Les plus vicieuses et agressives sont venues de ceux qui m’étaient les plus proches. Des propos stupides du style: «Vous ne vous serviez de votre main gauche que pour compter votre argent.» D’autres ont profité de mon état de santé précaire, alors que j’étais incapable de bouger ou d’écrire, pour me voler.

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C’est dans sa chambre d’hôtel médicalisée à Genève que Dominique Warluzel a failli mourir le 4 mars dernier. Quatre aides-soignantes se relaient nuit et jour à son chevet.

- Vous évoquiez ce litige dans nos colonnes en 2017. Comment s’est-il conclu?
- Par un arbitrage perdu. J’affirme qu’un de mes adversaires a imité ma signature sur un prétendu quitus, soit un acte marquant l’abandon de toute prétention, dans lequel je renonce – pourquoi l’aurais-je fait? – à une rente mensuelle et à des gains rétroactifs sur des dossiers que j’amenais à l’étude. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir signé, jamais. Il y en avait pour 2 millions. En plus, on est allé jusqu’aux Bahamas pour me piquer le plus de clients possible. Tout ça ne m’a rien appris sur la nature humaine que je n’aie déjà su avant. Mon regretté maître, Dominique Poncet, ce génie, une fois encore prophétique, m’avait mis en garde: «Surtout, mon petit Warlu, dans ce métier, ne tombez pas malade.»

- Votre chute est vertigineuse.
- Dans ma position, il ne fallait surtout pas que je tombe. Pour une raison simple: Genève n’est pas une ville faite pour accueillir des réussites individuelles comme la mienne. Le barreau, la télévision, le théâtre et surtout les femmes, cela génère de la convoitise et plus encore de la haine. Je l’ai toujours subie.

- Cette hostilité, ne l’avez-vous pas suscitée par votre arrogance?

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«Warlu» dans la vingtaine.«Je faisais un numéro d’amuseur à un anniversaire. J’ai eu ma licence en droit à 24 ans. Lors de ma première année de stage, j’ai défendu le ravisseur de la fille de Frédéric Dard.» Sa carrière a décollé à ce moment-là.

- J’ai peut-être été arrogant, mais je n’ai jamais voulu être provocateur. J’ai commencé à être un peu connu à 25 ans. Dès ce moment-là, j’ai ressenti cette haine très fortement dans le milieu des avocats et des journalistes. Y compris de la part de gens accomplis et au-dessus de moi.

- Vous saviez qu’on ne vous ferait pas de cadeau, non?
- Ce que cela déclenche est horrifiant. Au point que l’on peut se demander, aujourd’hui, s’il n’y a pas davantage de gens qui se réjouissent de mon état que de gens qui le déplorent. J’ai reçu des messages par centaines me disant: «On admire votre courage, continuez.» Cela ne compense pas les attitudes des autres qui, à mon avis, sont heureux. «Warlu, on l’a trop vu!» D’ailleurs, j’écris une nouvelle pièce de théâtre.

- Quel en sera le thème?
- La violence domestique à répétition. J’ai déjà le titre: «Homicide conjugal». L’épouse se venge et tue. La question se pose de savoir si c’est un meurtre, un meurtre par passion ou un assassinat, et s’il y a ou pas légitime défense.

- Qui jouera l’accusée?
- Corinne Touzet («Une Femme d’honneur», ndlr). Je lui ai promis il y a un an que je lui écrirais un rôle. Comme je ne peux plus me servir de ma main gauche, je dois trouver un autre moyen, comme la dictée électronique. Béatrice Barton m’avait aidé à rédiger la précédente, une pièce de 150 pages. Or, elle est en Californie, en attente d’un passeport américain.

- Au moment de votre AVC, vous aviez en tête une chanson. Et cette fois?
- Rien. En 2013, j’avais eu la collision de deux textes. Des vers de Brassens et l’allocution du général de Gaulle lors du putsch des généraux du 22 avril 1961. (Il récite.) «Un pouvoir insurrectionnel s’est établi en Algérie, par un pronunciamento militaire…» La chanson était adaptée, c’était Le Testament: «Je serai triste comme un saule quand le Dieu qui partout me suit me dira, la main sur l’épaule: "Va-t’en voir là-haut si j’y suis." Je connais toutes les paroles de Brassens depuis l’âge de 5 ans.

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«C’était il y a huit ans. Avec Laurent Gerra, j’étais en bateau dans les Exumas.»

- Le Warluzel d’avant, flamboyant, cassant, directif, parfois insupportable, comment le regardez-vous aujourd’hui?
- Dans mon rétroviseur, je n’ai à rougir de rien. J’ai eu une vie droite, je crois. Je n’ai pas de regrets, de remords particuliers à cultiver. Ensuite, j’ai été frappé par la foudre. Comme je n’y suis pas passé, il faut que j’assume. Avec ce qui me reste de force. Je ne lâche rien.

- Coincé comme vous l’êtes dans une chaise, en chambre, avec un esprit qui fonctionne, vous vous dites quoi?
- Que, provisoirement, la mort ne voulait pas de moi. J’ai toujours à l’esprit la phrase de Jacques Mesrine (célèbre criminel, ndlr): «Nous sommes tous en sursis dès la naissance.» Comme me l’a dit Alain Delon un jour: «C’est terrible, surtout quand on était comme nous.» Et comme l’a souligné un neurologue: «Evidemment, vous, vous êtes tombé de plus haut qu’un autre.» On me dit que mon intellect est intact. J’ai une mémoire absolue, dite eidétique. Elle concerne une personne sur un million. Si vous me demandez de réciter le générique complet du film «Quai des Orfèvres», y compris le décorateur et le directeur de production, je peux.

- Ce don a-t-il été un moteur dans votre carrière?
- Cela a été fondamental. Tout ce qui m’est passé devant les yeux, tout ce que j’ai entendu est gravé dans mon esprit. Tout. Des millions d’informations. Je peux ressortir une conversation cinquante ans après.

- Quel bon souvenir gardez-vous?
- Le bateau dans les Exumas, cet archipel des Bahamas, mes îles chéries. Une totale plénitude.

- Des procès aussi?
- Quelques plaidoiries mémorables, des dossiers très difficiles: les affaires Dard, Medenica, Nicolo, celle dite «de la princesse russe», l’affaire Lagonico… Tout ce que j’ai eu à affronter et dont je me suis, paraît-il, pas trop mal tiré. Du point de vue humain, c’est plus diffus. J’ai perdu quelques âmes en route que je ne retrouverai jamais et que je ne chercherai pas à reconquérir.

- Vous repartez aux Bahamas?
- J’y suis bien. J’administre des sociétés, des trusts et des fondations. J’ai une plage devant moi, une piscine, deux bergers allemands baptisés Ringo et Sheila (rires). Je travaille ma rééducation comme un dingue. J’ai quelques amis. L’un dans l’autre, ça suffit. Mon problème est de ne plus pouvoir bouger seul. Corinne m’accompagne et cela me ravit. J’ai besoin de son soutien. Elle restera un mois.

- Vous vous êtes unis en 2017, mais vous ne vivez pas ensemble.
- C’est un compagnonnage éclairé et aménagé.

- C’est-à-dire?
- Une entente parfaite avec des zones de vie commune classique et d’autres durant lesquelles chacun vit sa trajectoire de façon indépendante. Corinne vit à Bordeaux, elle a une fille de 21 ans. Elle est maquilleuse dans le cinéma et la télé. Nous nous sommes connus lorsque j’enregistrais, à Paris, la série d’émissions «Dans mon cinéma».

- Si la mort vous rattrapait, quelles seraient vos dernières volontés?
- Ma vie n’est pas à Genève. Si j’en avais eu encore le moindre doute, il est dissipé. J’ai tout prévu pour le «boulevard des allongés». Je me ferai enterrer à Nassau. Là-bas, Montgano Hepburn, ma directrice depuis sept ans, saura quoi faire. Elle est aussi pasteur.


L'éditorial: Warluzel, la fureur de survivre

Par Michel Jeanneret, rédacteur en chef

Un sourire. Pour qui a déjà rencontré l’ombrageux Dominique Warluzel, la scène que nous publions en une de L’illustré est tout à fait inédite. L’avocat genevois aura survécu à un AVC, à plusieurs trépanations, à des emmerdes impossibles qui ont fait le bonheur de ses (nombreux) ennemis, à une détresse respiratoire qui aurait pu avoir raison de son envie acharnée de défier la mort, et le voilà qui sourit. Pour la première fois dans un média. Comme si cet homme brisé, soudainement fragile, avait enfin compris qu’il fallait sourire à la vie, malgré la déchéance d’une liberté dont il est pourtant éperdu.

Devinant sa lassitude de la vie, connaissant son côté grandiose et tragédien, imaginant la brutalité que son état doit faire subir à son narcissisme, on imaginait cet amoureux de cinéma en finir par les armes, mais il faut croire que ce scénario eût été jugé trop banal par son auteur. Warluzel, l’avocat au succès insolent, le tombeur, le flambeur, cet homme-là allait surprendre tout le monde en affrontant la douleur, après avoir chuté d’un peu plus haut que les autres.

A voir sourire Warluzel, on commence par se dire qu’il a changé. Mais à bien y réfléchir, on acquiert la conviction qu’il est resté fidèle à lui-même, animé d’une incroyable volonté de dépassement de soi et des autres, celle-là même qui l’a poussé toute sa vie à tutoyer les sommets, quelle que soit la montagne sur laquelle son destin avait décidé de le porter. L’avocat cassant est peut-être désormais tout cassé, mais ses détracteurs auraient tort de s’en réjouir, car, dans ce film-là, il brille toujours un peu plus que les autres.


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