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«Ecologie, haut les coeurs!»

Publié mercredi 2 janvier 2019 à 16:55
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Publié mercredi 2 janvier 2019 à 16:55 
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Philippe Roch, ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement livre un plaidoyer pour une écologie audacieuse et joyeuse.
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J’appelle une révolution intérieure au niveau de la conscience et du cœur, qui seule peut nous donner l’espérance d’une humanité réconciliée avec elle-même et avec la nature. Les violences commises entre communautés humaines et le pillage de la nature tirent leur énergie d’une profonde insatisfaction dans un monde désenchanté. Toujours décevante, la course aux consommations matérielles conduit à une fuite en avant sans limites. Aucun système ne peut tenir longtemps à ce régime, d’autant plus si l’on tient compte qu’une grande partie de l’humanité vit dans une pauvreté dont il faut absolument la sortir.

Certains prêchent que des mesures techniques nous permettront de relever ce défi sans remettre en question nos modes de vie. Certes, des panneaux photovoltaïques et thermiques, des moteurs de voiture moins gourmands et moins polluants, des maisons mieux isolées et une agriculture plus proche de la nature sont des progrès bienvenus et nécessaires, mais, pris dans le flux de la croissance, ils ne font que repousser de peu les échéances et n’arrêteront pas notre folle course avant qu’elle se fracasse contre le mur des limites planétaires. Si malgré cette évidence nous ne parvenons pas à prendre les mesures nécessaires, c’est parce que nous nous sommes piégés dans un système économique et social qui dépend du mythe d’une croissance continue pour payer les salaires, les assurances sociales, les retraites, les dépenses de santé d’une population croissante et vieillissante.

«Le temps de faire des choix courageux»

Il est temps de faire des choix courageux, avec détermination, imagination, dans un esprit d’aventure solidaire et joyeuse. Les personnes et les familles qui ont déjà adopté un mode de vie écologique plus sobre, individuellement ou dans des coopératives d’habitation, des réseaux de production agricole ou d’économie solidaire, témoignent qu’une vie plus simple, plus conviviale et respectueuse de l’environnement est plus riche et plus heureuse. Certes il faut faire le saut, abandonner l’illusoire confort d’une vie bien rangée, bien payée, protégée par des institutions qui semblent immuables, mais notre confort est fragile et plus personne de sérieux ne doute que nous avons dépassé les limites de la productivité de la Terre.

Au lieu de viser une croissance matérielle, travaillons à une prospérité qui permette de partager entre tous les biens que la nature met à notre disposition sans la détruire. Cela ne sera possible que par l’application d’une écologie intégrale, biologique, écosystémique, sociale et spirituelle, comme l’annonce le pape François dans l’encyclique «Laudato si’». Pour réussir, il faut commencer par soi-même, car nous devenons des leviers plus efficaces si nous vivons la transition écologique en nous; «Sois le changement que tu souhaites pour le monde» disait le Mahatma Gandhi. Alors haut les cœurs pour nous engager avec joie, curiosité, autonomie et passion sur le chemin du changement!


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