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Emma Watson, éternelle première de la classe

Publié dimanche 26 juillet 2020 à 09:38
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Publié dimanche 26 juillet 2020 à 09:38 
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Le monde entier l’a vue grandir sous les traits d’Hermione dans «Harry Potter». La Britannique Emma Watson vient d’entrer au conseil d’administration du groupe de luxe Kering. Portrait d’une tête bien faite qui multiplie les engagements.
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Emma Watson pourrait se la couler douce: à 30 ans – elle vient de les fêter ce printemps – sa fortune personnelle est estimée à 85 millions de francs. Mais ce n’est pas son genre. Tout comme Hermione Granger, la comparse de Harry Potter qu’elle a incarnée à huit reprises au cinéma entre 2001 et 2011, la Britannique a l’envie de bien faire et un activisme social chevillés au corps. Un côté bonne élève qui rendait son personnage agaçant ou attachant et qu’elle a gardé jusqu’au bout des ongles.


Pour preuve, la polémique qui a éclaté le mois dernier lorsque J. K. Rowling, auteure de la saga aux 500 millions d’exemplaires, a posté sur Twitter des messages considérés comme transphobes. Illico presto, Emma Watson a manifesté son désaccord. «Je veux que mes followers trans sachent que moi et tant d’autres de par le monde vous voyons, vous respectons et vous aimons pour qui vous êtes», a-t-elle réagi, appelant ses 29 millions d’abonnés à faire un don à des organisations pro-transgenres.

AFP via Getty Images
Le 20 septembre 2014, ici avec le secrétaire général d’alors, Ban Ki-moon, elle donne un discours vibrant sur l’inégalité des sexes devant l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Sur Instagram, Emma Watson partage ses lectures féministes.


Son fil Twitter se lit d’ailleurs comme une litanie des combats de l’époque, de Black Lives Matter à #MeToo. Elle n’a pas attendu ce mouvement pour dénoncer les inégalités liées au genre: en 2014, à la suite de sa nomination comme ambassadrice de bonne volonté d'ONU Femmes, elle appelait les hommes à se lever contre les disparités sociales dues au sexisme dans un discours vibrant donné au siège new-yorkais des Nations unies. Qu’elle concluait par ces mots: «Vous vous demandez peut-être ce que fait cette fille de Harry Potter sur la scène des Nations unies [...]. J’ignore si je suis qualifiée pour être ici. Tout ce que je sais, c’est que ce problème me tient à cœur et que je souhaite apporter ma contribution pour faire bouger les choses.» Depuis, elle soutient le mouvement Time’s Up, fondé à Hollywood à la suite des révélations sur le producteur Harvey Weinstein. Son activisme ressort systématiquement dans ses interviews. Après avoir fondé un club de lecture féministe en ligne, pour lequel elle a caché dans tout Paris des exemplaires de La servante écarlate, roman dystopique redevenu un best-seller grâce à la série de HBO, elle vient de publier sa liste de lectures et de podcasts sur le racisme et le privilège blanc sur son compte Instagram, suivi par 57,5 millions de personnes.

Dave Hogan
Une bouille d’ange devenue militante: à 10 ans avec Daniel Radcliffe et Rupert Grint à l’annonce du casting de «Harry Potter à l’école des sorciers».


La manière dont elle utilise sa notoriété fait penser à une autre star militante, devenue ambassadrice de l’ONU à 26 ans: Angelina Jolie. Mais là où l’Américaine multipliait mariages et excès liés à la drogue dans sa jeunesse, Emma Watson a choisi les bancs de la fac. C’est à la Brown University, établissement de l’Ivy League, qu’elle a obtenu une licence ès lettres en 2014 – flanquée d’une garde du corps pour la remise des diplômes. Une expérience solitaire, tant sa notoriété est grande, et interrompue par les tournages. Chez Disney, Angelina Jolie incarne la méchante fée dans Maléfique, Emma Watson est la pure Belle de La belle et la bête (2017). Son image lisse se traduit dans les maisons de mode bon teint qui la choisissent pour leurs campagnes, Burberry ou Lancôme.


La mode: un autre de ses dadas. La mode éthique, attention. Elle avait 20 ans à peine quand elle s’est rendue au Bangladesh pour voir de ses yeux les conditions de production des vêtements consommés dans les pays riches. En 2016, sur les marches du gala du Metropolitan Museum of Art de New York, elle arbore une robe Calvin Klein faite en plastique recyclé. Elle est devenue ambassadrice d’une application permettant de connaître le bilan carbone de ses vêtements.

Getty Images
Ses tenues sont d’une élégance pointue, comme ci-dessous à un défilé Burberry en 2009.

Aux côtés de Kristen Stewart ou de Claire Foy («The Crown»), elle figure au casting de l’édition 2020 du célèbre calendrier, photographié par Paolo Roversi.


Le mois dernier, le géant français du luxe Kering a créé la surprise en annonçant la nomination de la star dans son conseil d’administration – aux côtés de Tidjane Thiam, l’ex-patron de Credit Suisse qui a quitté la banque en février dernier. Un joli coup de marketing pour la multinationale (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Pomellato… ou encore les montres suisses Girard-Perregaux, JeanRichard et Ulysse Nardin) dirigée par François-Henri Pinault (époux, pour l’anecdote, de l’actrice Salma Hayek), dont la marque la plus «écoconsciente», Stella McCartney, a quitté le bateau et qui a par ailleurs été condamnée à payer 1,25 milliard d'euros pour fraude fiscale en Italie l’année dernière. Dans un milieu connu pour son impact écologique dévastateur, Kering a promis de réduire de moitié ses émissions de CO2 à l’horizon 2025. «En tant que plus jeune membre du CA de Kering, j’espère influencer des décisions qui auront un impact sur les générations futures et le monde que nous leur laisserons», a déclaré la nouvelle venue.


Sa carrière d’actrice semble pour l’heure en pause, sans aucun projet annoncé. Difficile de dire s’il s’agit là d’un choix lié à ses autres engagements. Elle a beau avoir tourné avec des réalisateurs reconnus comme Sofia Coppola (The Bling Ring, 2013) ou Darren Aronofsky (Noé, 2014), son jeu reste limité. Elle a pour elle un minois irrésistible, illuminé par un sourire enfantin, et une beauté fraîche sur laquelle le temps semble ne pas avoir d’emprise. Dans Les filles du docteur March, dernière adaptation du classique américain sortie en début d’année, elle incarne l’aînée de la fratrie, la sage Meg. Et paraît plus jeune que ses trois consœurs.

Sur Instagram et participe avec sa mère à la Women’s March à Washington en 2017.

Contrairement à Angelina Jolie, elle reste mutique sur sa vie privée. Au fil des années, des photos, volées pour la plupart, ont révélé ses histoires, qui n’ont jamais fait de vagues. Elle serait actuellement en couple avec un jeune homme d’affaires américain, Leo Robinton. L’année dernière, elle a suscité les moqueries en déclarant dans une interview être sa propre partenaire («self-partnered»). Une manière maladroite de revendiquer un célibat bien dans sa peau. Un message dont se fichent les fans de la saga, qui chavirent de bonheur lorsque des photos la montrant en train de jouer de la guitare avec Tom Felton, l’interprète du vilain Draco Malfoy dans Harry Potter, avec lequel elle est restée amie, surgissent sur leur compte Instagram respectif. Après tout, il avait raconté qu’elle était son «premier amour». Hermione Granger, pardon, Emma Watson a encore beaucoup, beaucoup de travail.


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