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© Denis Kormann

Comment éviter que les réseaux sociaux ne me nuisent au travail

Publié jeudi 17 octobre 2019 à 09:01
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Publié jeudi 17 octobre 2019 à 09:01 
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Via Facebook, Twitter et Instagram notamment, internet rend visible la sphère privée. Y compris pour l’employeur. Ce qui peut avoir des répercussions désagréables. Voici à quoi il importe de veiller.
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Les réseaux sociaux, c’est fantastique! Quel pied de pouvoir échanger avec ses amis ou de parfaits inconnus tout ce qui fait le sel et le poivre de notre vie! Jusqu’au jour où l’on s’aperçoit que la Toile abrite également bon nombre de gens qui ne nous veulent pas que du bien...

Le chef a-t-il le droit de me surveiller sur la Toile?

Je cherche un emploi d’agente fiduciaire. Il m’arrive de poster des photos de moi sur Instagram, y compris dans des poses suggestives. Un employeur potentiel a-t-il le droit de m’espionner en ligne?

Bien sûr que les employeurs peuvent utiliser les réseaux sociaux et Google pour en apprendre davantage sur des candidats que ce que ces derniers vantent dans leur lettre de motivation et leur CV. Difficulté: le comportement et le style de vie hors travail sont tabous tant qu’ils n’influencent en rien le poste de travail visé. De sorte que, lors de l’entretien d’embauche, l’employeur n’a pas le droit de demander quoi que ce soit et, au fond, il ne devrait pas se procurer de telles informations sur internet. Car les situations privées que l’on met en ligne sont en principe réservées à un cercle restreint d’amis et de connaissances. Reste qu’on oublie souvent que des photos un brin érotiques peuvent être vues par d’autres utilisateurs et par… votre potentiel employeur.

Conseils

● Avant de poster n’importe quoi, réfléchissez.
● Utilisez les possibilités qu’offrent les réseaux sociaux pour protéger votre sphère privée.
● Un profil soigneusement élaboré sur un réseau professionnel (LinkedIn ou Xing) peut vous avantager lors d’une candidature.

Ai-je le droit de révéler un scandale?

Je suis sûr que mon employeur est impliqué dans un scandale de corruption. J’ai fait connaître mes soupçons sur Twitter, car je ne savais pas comment m’y prendre autrement.

Il y a des risques à révéler des dysfonctionnements dans une entreprise: on peut être mobbé, accusé de cracher dans la soupe ou même se faire licencier. Il est donc utile de se renseigner au préalable sur les répercussions du point de vue pénal et du droit du travail. Un employé doit se comporter de manière honorable et loyale. Ce qui implique qu’il devrait commencer par annoncer à l’interne les abus qu’il constate.

Conseils

● Adressez-vous à l’instance idoine au sein de votre entreprise. Voyez si l’on peut vous garantir l’anonymat et faites-vous confirmer votre démarche et son contenu par écrit. Si l’employeur ne réagit pas, vous pouvez vous adresser à une autorité compétente, au Ministère public ou à l’inspection du travail.
● Si cela ne sert toujours à rien, vous pouvez vous adresser aux médias, autrement dit au public. On n’a le droit de renoncer à publier une information à l’interne que si des «intérêts importants» sont en jeu et si un dommage ne peut être évité autrement.

Denis Kormann
 

Puis-je engueuler mon chef sur le Net?

«Mon patron est un crétin cupide.» C’est ce que j’ai posté sur Facebook et je le maintiens. Mais ferais-je quand même mieux d’effacer le message?

Oui. Traiter son employeur de crétin publiquement (ce qui est le cas avec un post sur Facebook), c’est s’exposer à un licenciement dans les plus brefs délais. Quant à savoir si votre avis est justifié, c’est au tribunal d’en décider. Il tiendrait compte des situations concrètes qui se sont présentées par le passé. Le licenciement immédiat est justifié dès lors que la poursuite des rapports de travail s’avère déraisonnable pour des motifs importants.

Conseils

● Effacez tout de suite le commentaire désobligeant.
● Cherchez le dialogue avec votre patron pour aplanir les conflits.
● Evitez de répandre des commentaires émotionnels sur internet.

Mon collègue a-t-il le droit de me mobber sur la Toile?

Je suis mobbé par un collègue de travail. Il m’ignore au bureau et poste des commentaires infects sur mon profil Facebook. Que puis-je faire?

L’employeur a un devoir d’assistance. Il ne doit pas tolérer de cybermobbing au sein de l’entreprise. Dès qu’il en entend parler, il doit élucider les faits et prendre les mesures qui s’imposent. Il ne peut certes pas prescrire à votre collègue ce qu’il a le droit de faire ou non pendant son temps libre, mais il peut organiser un entretien entre les personnes concernées et impartir des consignes de comportement.

Conseils

● Restez sur vos gardes quant aux «amitiés» sur Facebook, surtout si vous avez affaire à un collègue ou à un supérieur. Sans quoi vous leur donnez accès à votre sphère privée et vous rendez vulnérable.
● Vous pouvez effacer vous-même des commentaires indésirables sur votre profil Facebook et bloquer des utilisateurs agressifs.

Peut-on me licencier pour des photos de soirées de fête?

J’ai posté sur Facebook quelques photos de soirées festives alors que j’étais en congé maladie. Mon patron les a vues et m’a virée séance tenante. En a-t-il le droit?

Les circonstances en décident. Notamment les causes de votre congé maladie. S’il s’agissait d’une fracture du poignet, on ne peut pas vous en vouloir. Une incapacité de travailler ne signifie pas que vous devez vous terrer chez vous. Il en va tout autrement si vous prétendez être au lit avec 40°C de fièvre et que l’on vous voit sautiller sur une piste de danse. A vrai dire, se faire porter pâle une seule fois ne suffit pas pour un licenciement immédiat. Mais s’il y a déjà eu de semblables épisodes ou si vous avez déjà reçu un avertissement pour de tels comportements, le rapport de confiance est bien sûr durablement rompu. Et alors le licenciement immédiat se justifie.

Conseil

● Il est possible d’adresser une requête à Google ou à Facebook pour supprimer des photos embarrassantes.


Le livre

DR
 

«Les réseaux sociaux pour les nuls», histoire, secrets et enjeux des principaux réseaux sociaux, de Yasmina Salmandjee et Paul Durand Desgranges.


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