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Jeux de société

«La culture ludique ne cesse de croître»

En 2008, Hadi Barkat fondait la société Helvetiq, dont le catalogue compte 80 jeux actifs aujourd’hui, distribués dans plus de 35 pays. L’année 2020 restera pour lui un grand millésime. Entretien.

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Fondateur et patron d’Helvetiq, Hadi Barkat peaufine un nouveau jeu baptisé «Patient zéro».

Magali Girardin

- En termes de ventes de jeux, 2020 a été une année record en Suisse. Pour Helvetiq aussi?
- Hadi Barkat: Absolument. Notre chiffre d’affaires est en progression à deux chiffres. Cela s’explique par un intérêt croissant pour le jeu et ces moments de société. La culture ludique ne cesse de croître. Les gens réalisent qu’il y a énormément de créations, avec plein de jeux permettant de jouer seul ou à plusieurs, y compris via Zoom, comme «Dice Trip», où l’on voyage à travers la Suisse. En 2020, Helvetiq a créé entre huit et dix jeux, dont «Geographica» (ndlr: un quiz visuel avec un puzzle de la Suisse).

- «Bandido», un jeu coopératif, est votre best-seller. Fin 2018, vous en aviez vendu 105 000 exemplaires. Où en êtes-vous aujourd’hui?
- A 260 000 exemplaires! Les ventes ont explosé au niveau mondial. C’est incroyable. Du coup, on a lancé une collection. «Bandido» a maintenant une vingtaine de cousins et cousines.

- Des nouveautés à partager?
- Volontiers. «Tucano», un jeu de cartes autour des fruits de la forêt tropicale, doit bientôt sortir. Sinon, depuis le mois de décembre 2019, soit avant l’arrivée du coronavirus, on peaufine un jeu intitulé «Patient zéro». Il s’agit d’une course entre deux laboratoires pharmaceutiques qui cherchent l’antidote à une maladie dont le patient zéro a été identifié. Vingt-cinq molécules sont potentiellement utiles, mais seulement trois entreront dans la formule finale. C’est un chouette jeu de déduction, semi-coopératif. J’espère qu’il prendra la roue de «Pandémie» (ndlr: jeu canadien créé en 2008), qui a connu l’an dernier un développement monstrueux.

- Quand sortira-t-il?
- On va lancer un projet de financement participatif afin de créer une communauté autour du jeu dès le départ, au niveau mondial. Il faut savoir que, aujourd’hui, énormément de gens ne trouvent pas leurs jeux en boutique, mais justement sur de telles plateformes qui favorisent les échanges, fourmillent d’idées et de suggestions. C’est passionnant.

- Les Suisses aiment les jeux exploitant leurs références nationales. Est-ce pareil ailleurs?
- C’est une très bonne question, sans réponse définitive je le crains. Cela dépend des pays. Si vous faites un jeu sur la France, les Français ne vont pas aimer du tout. Ils ont une relation un peu compliquée à la nation. Les Belges, eux, sont comme les Suisses. Aux Etats-Unis, c’est variable. La version américaine de «Dice Trip» fonctionne bien en test, mais ce n’est pas toujours vrai. Les Suisses aiment les jeux à thématique suisse, c’est vrai, mais ils ont aussi du plaisir à jouer à autre chose.

>> Lire aussi: «Rien ne va plus... faites vos jeux!» sur le boom des jeux de société

Par Blaise Calame publié le 19 mars 2021 - 08:38