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L’air pur, c’est une vie meilleure

Publié mardi 24 avril 2018 à 00:00
modifié jeudi 17 mai 2018 à 16:19
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Publié mardi 24 avril 2018 à 00:00 
modifié jeudi 17 mai 2018 à 16:19
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En partenariat avec Dyson. Jour après jour, nous inspirons et expirons plus de 12 000 litres d’air. Au cours de la vie, la part de l’air ambiant représente en moyenne 600 tonnes. Qu’est-ce qui finit dans nos poumons?Texte: Susanne Loacker
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Il y a sans doute autant de définitions du bon air qu’il y a d’habitants sur cette terre. Pour une personne affectée de rhume des foins, c’est l’absence de pollens qui compte; pour un asthmatique, l’air doit être exempt de poussières fines. Et les gens qui souffrent de maladies de la peau ou portent des lentilles de contact sont heureux quand l’air n’est point trop sec.

De façon générale, ce que nous désignons par air propre doit être exempt d’impuretés et de substances nuisant à la santé. Ou plutôt, il ne doit pas en contenir davantage que ce qu’énoncent des valeurs indicatives qui varient d’un pays à l’autre. Du point de vue chimique, l’air propre est fait de 78% d’azote, de 21% d’oxygène, de 0,93% de gaz rares et de 0,03% de gaz carbonique. Il n’a ni couleur ni odeur.

Important pour la santé

L’homme moderne passe les neuf dixièmes de sa vie dans des espaces clos. L’air qui y circule est déterminant non seulement pour notre bien-être mais aussi pour notre santé.

Mais, suivant les facteurs génétiques, l’état de santé général ou une disposition momentanée, de multiples facteurs peuvent constituer un problème. La liste des substances qui affectent notre santé quand elles sont régulièrement inhalées à haute dose est pratiquement sans fin. «Dans la seule fumée du tabac, les mesures décèlent quelque 4000 de ces polluants», signale Thomas Zünd, du centre de consultation Gesunde Luft de Lunge Zürich (naguère Ligue pulmonaire). Il existe donc diverses dispositions sur les valeurs limites qui ne doivent pas être franchies. L’ordonnance fédérale sur la protection de l’air règle les valeurs maximales de certains polluants dans l’air extérieur, la Suva définit les polluants admissibles au travail et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a aussi sa propre liste des valeurs limites pour l’air intérieur.

Toutes ces réglementations sont inutiles si les valeurs limites ne sont pas respectées. Or, parfois, les autorités compétentes se bornent à les élever dès qu’elles sont fréquemment franchies. Mais elles ne servent à rien non plus quand des personnes réagissent à des substances qui sont censées être inoffensives.

L’architecte zurichois Andreas Zimmermann en connaît un rayon. Sur mandat de la ville, il a construit à Zurich-Leimbach quinze appartements destinés à des personnes souffrant de fortes allergies. Il n’a, bien sûr, pas pu utiliser du bois, car ce dernier contient des huiles essentielles susceptibles de provoquer des réactions chez les allergiques.

Trop sec ou trop humide

Les polluants ne sont pas le seul problème. L’air trop sec ou trop humide en est un autre. Un air trop sec est mauvais pour les muqueuses, les voies respiratoires et la peau, l’air trop humide peut engendrer des moisissures, ce qui non seulement est laid et peu appétissant mais, en plus, les spores de moisissures dans l’air peuvent déclencher des allergies. Un air trop humide naît souvent d’humidificateurs mal réglés mais aussi d’une aération déficiente ou insuffisante. Dans les logements Minergie, les bureaux jardins et les salles de classe, nous respirons souvent un air trop sec. Un bon air doit comporter un taux d’humidité de 30 à 50%.

Il importe donc de bien aérer, entend-on dire souvent. Oui mais, là aussi, ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre: c’est ainsi qu’au printemps, les victimes du rhume des foins devraient laisser la fenêtre fermée, sans quoi les pollens pénètrent et se déposent non seulement sur les muqueuses mais aussi sur les tapis, vêtements, meubles et rideaux.

Une croyance erronée fort répandue veut que toutes sortes de plantes soient bonnes pour l’atmosphère intérieure. De manière que bien des gens animés des meilleures intentions installent des gommiers dans les bureaux – et constatent que, dès lors, il y a encore plus de gens qui toussent et se frottent les yeux. Pas étonnant: le gommier est extrêmement allergène. En Europe, une personne sur cinq est allergique aux minuscules peluches qui ne cessent de se détacher de son tronc. Le gommier fait donc sans doute du bien à l’âme mais, dans le pire des cas, il peut déclencher un choc allergique gravissime.
Aérer, c’est bon pour ceux qui ne souffrent pas du rhume des foins. Un air relativement humide s’avère bon pour la peau mais peut engendrer des moisissures. Les bâtonnets d’encens aident peut-être à méditer mais génèrent des poussières fines. Et les sapins odorifères que l’on accroche au rétroviseur de la voiture pour masquer les relents indésirables peuvent causer, chez les personnes sensibles, des accès de toux et des yeux rouges. Au bout du compte, l’essentiel est que chacun sache ce qui est bon ou non pour lui.

Conseils pour une bonne atmosphère intérieure

Mettre à profit les effets positifs des plantes. L’interdiction des plantes dans les grands bureaux jardins est contre-productive. Enormément de plantes contribuent à une saine atmosphère intérieure, notamment celles qui nettoient l’air, réduisent le CO2 et diminuent le taux d’ozone. D’autres sont utiles dans la chambre à coucher car, la nuit, elles absorbent surtout le CO2. C’est scientifiquement établi. Lorsqu’on passe ses journées dans un grand bureau sec et dépourvu de plantes, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que de compenser le soir et le week-end en sortant longuement dans l’air pur.

Eviter l’air sec. Si l’air est sec, les voies respiratoires, la peau et les muqueuses en pâtissent. C’est désagréable sur le moment mais, à long terme, cela peut entraîner de sérieux problèmes de santé. Voici les mesures à prendre pour lutter contre un air intérieur trop sec.

Ne pas surchauffer les locaux. Diminuer la teneur en poussières et en substances irritantes, car un air chargé en poussières est ressenti comme encore plus sec et irrite encore plus la peau et les voies respiratoires.

Installer les plantes adéquates et recourir à des humidificateurs. Mais Lunge Zürich déconseille les appareils qui fonctionnent selon le principe de la vaporisation parce qu’ils risquent de disséminer des bactéries, des amibes et des moisissures. Les humidificateurs s’avèrent efficaces pour peu que leur filtre soit régulièrement changé, de même que les évaporateurs, mais ils consomment beaucoup de courant.

Mais attention! Un air trop humide génère souvent des moisissures. Dans le pire des cas, la réaction aux spores de moisissures peut être de l’asthme ou une bronchite chronique. C’est pourquoi, si l’on utilise un humidificateur, il faut constamment contrôler l’humidité de l’air. C’est surtout à la salle de bains qu’il convient d’aérer suffisamment.

Ajuster la température. La température exerce une influence sur l’atmosphère ambiante. Selon Lunge Zürich, la température idéale au séjour est de 19 à 22 degrés; la nuit, dans la chambre à coucher, 18 degrés suffisent.
Aérer convenablement. Les personnes qui s’éveillent souvent le matin avec des maux de tête devraient tenter de dormir la fenêtre ouverte. Les salles de réunion et les salles de classe où séjournent beaucoup de gens doivent également être aérées régulièrement. Car l’air s’y charge en dioxyde de carbone du fait de la forte consommation d’oxygène. Il devient alors suffocant et pauvre en oxygène et cela nous fatigue.

Il est recommandé d’aérer par à-coups, soit d’ouvrir grand les fenêtres de tous côtés d’une pièce pendant cinq à dix minutes trois à cinq fois par jour. Laisser les fenêtres entrouvertes toute la journée contribue peu à la qualité de l’air mais entraîne des frais de chauffage élevés. Idéalement, il faut aérer au moins avant d’aller se coucher et après s’être levé, si possible aussi après le bain ou la douche, après le repassage ou la cuisine.

Utiliser un purificateur d’air. Lunge Zürich conseille des appareils à filtre – et de changer le filtre régulièrement. Le centre déconseille les épurateurs qui travaillent avec de l’eau: si on ne change pas l’eau assez fréquemment, des bactéries et autres polluants sont disséminés. Lunge Zürich s’avoue également sceptique à propos des appareils à ionisation: ils produisent des ions chargés auxquels les poussières se lient; ils tombent ainsi au sol et peuvent être mieux éliminés. Mais comme il se forme de l’ozone, ces appareils ne sont pas recommandables.

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ATMOSPHÈRE AMBIANTE

BON

Aérer par à-coups est hygiénique et économise de l’énergie. Il convient d’aérer trois à cinq fois par jour pendant cinq à dix minutes.

Les plantes réduisent de manière avérée les polluants dans l’air mais ne remplacent pas une aération. Attention: certaines plantes peuvent déclencher des allergies, d’autres sont vénéneuses.

Le philodendron pousse très vite et recèle par conséquent un potentiel élevé de nettoyage de l’air.

La sansevière est particulièrement appropriée pour réguler le taux de CO2 dans la chambre à coucher.

MAUVAIS

La fumée du tabac charge l’atmosphère ambiante en poussières fines et de près de 4000 substances nocives. C’est le plus dommageable de tous les poisons domestiques.

Les bougies sont une source de poussières fines sous-estimée. Les particules de suie restent très durablement dans l’air.

Les parfums chargent l’atmosphère ambiante en substances chimiques.

Les bâtonnets d’encens génèrent énormément de poussières fines et libèrent toutes sortes de substances odoriférantes.

Les imprimantes laser et les photocopieuses libèrent, quand elles fonctionnent, des poussières fines, des substances chimiques et de l’ozone.

Les produits de ménage tels que les tablettes de lave-vaisselle et les détergents peuvent être dangereux pour la santé.

Les humidificateurs mal utilisés génèrent des moisissures. L’eau croupie dans les appareils peut contaminer l’atmosphère.

Lors de travaux de bricolage, notamment lorsque l’on colle ou laque, l’atmosphère ambiante peut être polluée par de la poussière ou des substances chimiques.

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