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Ski alpin

Lara Gut-Behrami: Sa quête de la perfection en 10 dates clés

Lara Gut-Behrami a entamé sa 15e saison en Coupe du monde. Quinze années de succès éclatants et de cruelles déceptions, au fil d’un long apprentissage personnel. Retour sur une carrière exceptionnelle.

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Lara Gut

Lara Gut-Behrami est une trentenaire heureuse dans sa vie privée, mais sa soif de victoires est intacte.

Christoph Köstlin

2007: «L’âge n’a pas d’importance»

 

Trois jours avant la fin de l’année, Lara Gut, l’un des plus grands espoirs suisses, fait ses débuts en Coupe du monde lors du slalom géant de Lienz. Avec le dossard 60, elle termine 43e et manque donc la deuxième manche. Elle a skié trop direct dans la partie inférieure, analyse-t-elle. Le fait qu’elle soit la plus jeune skieuse au départ n’émeut pas l’adolescente de 16 ans. «L’âge n’a pas d’importance, je veux juste descendre la piste le plus vite possible!» Quatorze ans plus tard, elle a participé à 300 courses de Coupe du monde et en a terminé une sur cinq (61) sur le podium!

2008: «Je dois suivre mon propre chemin»

 

Lara Gut

En 2008, elle décroche son premier podium en tombant sur la ligne d’arrivée.

ARNO BALZARINI

En février, Lara Gut, 16 ans, chute sur la ligne d’arrivée de la descente de Saint-Moritz, mais se classe troisième! Elle rit aux éclats et attire immédiatement l’attention des fans de ski. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec Michela Figini, également Tessinoise, qui a connu le succès très jeune. Mais à l’époque déjà, Lara n’aime pas les comparaisons: «Que ce soit clair: je suis Lara Gut et je dois suivre mon propre chemin!» En décembre de la même année, elle établit un record encore d’actualité: à 17 ans et 237 jours, elle est la plus jeune gagnante d’un super-G de Coupe du monde.

2009: «Personne ne me permettait de faire des erreurs»

L’année commence par deux médailles aux Championnats du monde et se termine par une longue phase de rééducation après une luxation de la hanche. Entre les deux, Lara Gut a failli se retirer. Le buzz autour d’elle l’a dépassée. «J’avais 17 ans et personne ne me permettait de faire des erreurs. Je ne voulais pas être dans un monde où tout le monde pouvait avoir un avis sur moi, attendre quelque chose de moi», se souvient-elle quelques années plus tard. Elle n’est heureuse que pendant la minute et demie que dure la course. Et c’est pour ce plaisir-là qu’elle décide finalement de continuer.

2012: «Je promets de skier vite de nouveau»

Il y a une année blanche dans la carrière de Lara Gut: l’hiver 2011-2012 ne compte aucun podium! Le changement de matériel d’Atomic à Rossignol ne s’est pas bien déroulé. Et son ambition au classement général de la Coupe du monde l’a contrainte à disputer 32 courses, ce qui était trop. En six slaloms, elle n’a pas marqué le moindre point. Des contre-performances qui ébranlent profondément la skieuse qui, malgré toute son expérience, n’a que 20 ans. «Je ne peux que vous demander d’être patients. Je vous promets que je vais skier vite de nouveau», déclare-t-elle à Saint-Moritz, en larmes.

2014: «On comprend soudain les priorités»

 

Lara Gut

Accablée: Lara décroche le bronze de la descente des Jeux de 2014 derrière le duo en or Dominique Gisin (à g.) et Tina Maze.

sampics

Entre les Jeux olympiques et Lara, ce n’est pas l’amour fou: en 2010, à Vancouver, elle est absente pour cause de blessure; en 2018, à Pyeongchang, elle termine quatrième ou est éliminée; en 2014, elle remporte le bronze en descente à Sotchi, mais à un dixième de seconde des gagnantes à égalité. La tuile! «Je me suis dit: «Cool, j’ai une médaille!» Mais dès que j’ai vu mon retard, j’ai de nouveau pleuré», dit-elle. Elle se rend compte que cette occasion ne se représentera pas avant quatre ans. Avec le recul, elle apprécie la médaille qu’elle a gagnée. Mais pour avoir exprimé sa déception sur place, elle doit essuyer des critiques.

2016: «Quand je réfléchissais, je ralentissais»

Lara Gut

En 2016, Lara s’offre le grand globe de cristal, celui du classement général de la Coupe du monde.

DR

Le graal du ski alpin: le général de la Coupe du monde. Il était depuis longtemps évident que Lara pouvait y prétendre. Mais elle s’aperçoit que dès qu’elle pense en termes de points et de globes de cristal, ses performances en pâtissent. Elle se refuse donc à crier victoire jusqu’au final à Saint-Moritz et préfère attendre que son nom soit gravé sur le trophée suprême. Avec 1522 points, 13 podiums et 380 867 francs de primes engrangées, cette saison 2015-2016 est celle de tous ses records personnels, sauf celui des victoires: en 2014 elle en avait signé sept, soit une de plus qu’en 2016.

2017: «Je m’étais égarée»

Lara Gut arrive aux Mondiaux de Saint-Moritz en pleine forme. Tout semble en place pour des médailles. Mais la Rega doit venir la chercher: déchirure ligamentaire au genou. Lara analyse a posteriori cette blessure particulièrement cruelle de manière philosophique: c’est son corps qui aurait tiré le frein à main parce qu’elle avait un besoin urgent de se mettre en mode pause. De fait, cet accident aura des conséquences durables: elle s’occupe désormais d’elle en tant qu’être humain et non en tant qu’athlète. Elle s’est rapprochée de son père, de ses amis, de ses propres envies. Un véritable tournant, donc.

2018: «Ce fut le début d’une nouvelle vie»

Un moment fort dans sa vie privée: en juillet, Lara Gut se marie avec le footballeur Valon Behrami sur le Monte Brè. Leur relation durait depuis une année. Cet amour l’a transformée, dit-elle à la télévision suisse italienne: «J’avais certes une famille, mais j’étais seule. Maintenant, j’ai quelqu’un à mes côtés. Cela change tout.» Valon a vécu quelque chose de similaire dans sa carrière. Lui aussi est un combattant, et parfois un marginal. Il comprend donc sa femme. Aujourd’hui, ils ont une maison à Udine et un appartement à Gênes, au bord de la mer.

2021: «Ces médailles d’or ne changent pas ma vie»

 

Lara Gut

Triomphe en 2021 à Cortina d’Ampezzo: elle décroche l’or en géant, sa discipline préférée.

Valeriano Di Domenico

Dans les sept Championnats du monde auxquels Lara Gut-Behrami a participé (28 courses au total), elle a en moyenne décroché presque une médaille toutes les trois courses. Une statistique exceptionnelle. Mais il a fallu les derniers Mondiaux en date pour qu’elle gagne de l’or. A Cortina d’Ampezzo, elle triomphe même deux fois, en super-G et en géant. Mais pour la Tessinoise, ce n’était pourtant pas une obsession: «Pour la première fois dans ma carrière, j’avais réalisé que gagner de l’or ne changerait pas ma vie.» Cette décontraction lui a permis de réussir une saison exceptionnelle.

2022: «J’espère que ça va marcher comme la saison passée»

Elle a trouvé son bonheur dans le privé et retrouvé sa vitesse sur les lattes. Lara Gut-Behrami décrochera-t-elle en février à Pékin le titre olympique qui manque encore à son palmarès? On peut en tout cas supposer qu’il s’agit de ses derniers Jeux. Lors de l’ouverture de cette saison à Sölden, elle a évoqué la fatigue liée aux voyages. Une fatigue disproportionnée pour quelques minutes de ski. «Plus le temps passe, plus c’est difficile pour moi.» Mais elle précise aussi que ces minutes sont encore une compensation suffisante pour elle. C’est pourquoi elle ne veut faire l’impasse sur aucune course.

Par Eva Breitenstein publié le 1 décembre 2021 - 08:43