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L'éditorial

L’Arc lémanique est une ville

Retour sur les élections en Suisse romande de ce week-end, qui ont donné lieu à des changements visibles... et durables?

Le conseiller d'Etat genevois démissionnaire Pierre Maudet (indép. à g.) a finalement perdu son face-à-face avec la Verte Fabienne Fischer dans la course à sa propre succession.

© Niels Ackermann / Lundi13

La Suisse romande a vécu un week-end électoral décisif. Il y a eu comme un changement d’heure, une prise de conscience.

L’Arc lémanique est une grande ville et, comme dans bien des métropoles, son électorat est majoritairement de gauche. C’est vrai dans les agglomérations vaudoises, mais surtout à Genève, qui – au niveau du canton – bascule de ce côté-ci de l’échiquier pour la seconde fois seulement depuis l’après-guerre. Quand on est urbain dans ce premier quart de siècle covidé, on s’intéresse davantage à l’écologie, à la place des femmes et des minorités dans la société ou au care qu’aux thèmes de la droite traditionnelle, devenus ringards et anecdotiques.

Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur mais d’un constat: au moment où la société change à toute vitesse, les débats majeurs deviennent à la fois toujours plus complexes et globaux. L’idéologie basée sur la seule responsabilité individuelle ne cadre pas avec l’époque. «La même taille pour tous», c’est étriqué en 2021. Et, pour tout dire, ça sonne même un peu comme le discours de la gauche des années 1990.

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Les grandes villes occidentales, de Paris à Londres, en passant par New York, en font le constat. Les bobos sont bel et bien là depuis une quinzaine d’années, et une lecture binaire et strictement locale des enjeux publics ne les emporte pas. Même en Valais, qui reste à droite, les électeurs cassent la formule d’un PDC majoritaire pour que de nouveaux thèmes naissent de la diversité.

En politique, il y a les idées, mais il y a aussi les personnalités qui comptent. Certaines ont la capacité de renverser l’ordre établi. Pierre Maudet – qui s’est entêté jusqu’à être sanctionné par le peuple, après la justice – a mené une campagne qui restera comme un objet politique unique. Fini le commando d’experts qui l’entourait pour la course au Conseil fédéral en 2017, place à la débrouille et aux promesses populistes pour capter le plus possible de cabossés de la pandémie.

Son parcours politique a-t-il été stoppé définitivement ce dimanche? Un tiers des Genevois ne le pensent pas. Souvenons-nous que Donald Trump s’est décidé à se lancer dans la course pour la présidence lors d’une soirée où Barack Obama l’a humilié devant tout Washington. Pour ceux qui carburent uniquement à l’ambition, ce sentiment constitue un puissant produit dopant.

Politique genevoise

Niels Ackermann commente ses images de Pierre Maudet

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Niels Ackermann / Lundi13
Par Stéphane Benoit-Godet publié le 29.03.2021
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