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Peur du futur, angoisse, impuissance ou encore culpabilité: les réalités que recouvre l’éco-anxiété sont multiples. Au cœur du phénomène, une détresse psychologique causée par la crise climatique. Face à une situation qui ne cesse d’empirer, c’est la logique du «vivre avec» qui s’impose pour les éco-anxieux. Deux personnes concernées partagent des manières de gérer l’éco-anxiété au quotidien. Noemi Cinelli
Psychologie

L’éco-anxiété, un mal-être psychique prouvée et étudiée

Peur du futur, angoisse, impuissance ou encore culpabilité: les réalités que recouvre l’éco-anxiété sont multiples. Au cœur du phénomène, une détresse psychologique causée par la crise climatique. Face à une situation qui ne cesse d’empirer, c’est la logique du «vivre avec» qui s’impose pour les éco-anxieux. Deux personnes concernées partagent des manières de gérer l’éco-anxiété au quotidien.

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«C’est ce point de non-retour qui est stressant», explique Dimitri, étudiant vaudois, en évoquant une image de l’engrenage d’une machine allant droit dans le mur, et de plus en plus vite. Lorsque l’on vit avec de l’éco-anxiété, le futur, notamment professionnel, devient plus difficile à concevoir. Mais c’est aussi au quotidien que se décline ce mal-être psychique.

Rappelons que trois jeunes (16-25 ans) sur quatre souffrent d’éco-anxiété dans le monde, selon une étude internationale publiée en septembre dernier. Et en Suisse, en 2019, un texte (L'environnement, préoccupation croissante de la population, OFS) atteste que près de la moitié de la population considère que l’impact du changement climatique est «très dangereux». 

«Chez moi, les moments d’éco-anxiété se manifestent en fond dans le courant d’une journée. C’est parti pour bien se passer et, d’un coup, on tombe sur un article qui nous affecte, et ça vient occuper les pensées», ajoute l’étudiant lausannois. En filigrane, le rapport aux médias, lui aussi complexe.

Gérer les flux d’informations, se maintenir informé ou protéger sa santé mentale? «Un débat que j’ai toujours avec moi-même», affirme Dimitri. La recherche d’équilibre se joue aussi dans les gestes du quotidien.

Il s’agit de porter un regard attentif sur ses comportements, en minimisant leur impact écologique: seconde main, diminution de la consommation de viande ou encore modification des habitudes de déplacement. «Je pense que l’essentiel, c’est d’agir soi-même et de faire son maximum – parce qu’un peu, ce n’est pas suffisant –, tout en restant dans les limites de sa santé mentale», insiste Pardis, également étudiante en durabilité.

Dans ses cours justement, des chiffres et des faits qui attestent de la gravité de la crise climatique. Si le tout reste source d’angoisse, cette Genevoise a réussi «à la détourner en quelque chose de productif», en lançant notamment sa chaîne YouTube il y a un an. 

Au menu: vidéos informatives sur les questions environnementales et les luttes sociales, mais aussi astuces à appliquer pour soi. Une manière parmi d’autres de soulager son éco-anxiété. Parmi les autres pistes évoquées par les concernés figure le dialogue, qui prend place en thérapie, mais aussi – voire surtout – entre amis.

Par Noemi Cinelli publié le 10 juin 2022 - 12:59