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Coupe du Monde 2018

Quand des légendes du sport nous parlent du Mondial 

Marco Materazzi, Patrick Kluivert, Usain Bolt et d'autres stars évoquent leurs meilleurs souvenirs et partagent leurs espoirs et leurs favoris pour cette Coupe du Monde.*

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Diego Maradona et Usain Bolt, Marco Materazzi, Patrick Kluivert Gian Marco Castelberg

LE PLUS GRAND SPRINTER DU MONDE USAIN BOLT 

«EN JAMAÏQUE, LE FOOTBALL VIENT IMMÉDIATEMENT APRÈS L’ATHLÉTISME» 

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Maradona et Usain Bolt s’étreignent. Bolt est fan de l’Argentine depuis sa plus tendre enfance. Gian Marco Castelberg

Quel match d’un Mondial vous a laissé le souvenir le plus marquant?
Je me souviens d’une certaine défaite du Brésil (il rit en montrant du doigt un ami brésilien, assis près de lui). Et il y eut un Allemagne - Angleterre très disputé. L’Angleterre a égalisé, mais le but n’a pas été validé. Je ne me souviens plus exactement de quel Mondial il s’agissait. 

Qui était ou est toujours votre footballeur favori?
Je suis fan de l’Argentine, Batistuta fut une des idoles de ma jeunesse. Aujourd’hui, ce sont Messi, Ronaldo, Pogba. J’en admire tellement. 

Vous verra-t-on à la Coupe du monde en Russie?
Oui! J’espère pouvoir suivre les matchs de l’Argentine. C’est mon souhait depuis long- temps. Mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de vivre un Mondial sur place. Jeune, je n’avais pas l’argent pour les voyages. Quand j’ai eu les moyens, je n’avais plus le temps. 

Qui sont les favoris à vos yeux? 
Je veux que l’Argentine gagne. Mais je pense que ce sera l’Allemagne. Si Neymar est opérationnel, le Brésil a aussi ses chances. 

En Russie, il y aura l’assistance vidéo à l’arbitrage. Votre avis sur cette première?
Je pense que le sport y perd beaucoup. On doit permettre aux arbitres de se tromper. Si une erreur d’arbitrage entraîne une dé- faite, c’est embêtant, mais le football fonctionne malgré tout très bien depuis des années. Le jeu deviendra haché, ennuyeux et pénible. Je n’aime plus autant le cricket à cause de cela. Il y a trop d’arrêts de jeu.

Quand vous étiez enfant, le football constituait-il une solution de remplacement à l’athlétisme pour vous? 
J’ai commencé par le cricket, puis joué au football pendant des années. J’ai d’abord été gardien, puis demi. Plus je devenais rapide, plus on me faisait jouer offensif (rires).  J’ai donc fini attaquant de pointe ou ailier. 

Quelle place occupe le football en Jamaïque?
Massive! Le football vient juste après l’athlétisme, s’il ne le devance pas entre-temps. Le public vibre pour le football, tout le monde était très déçu d’avoir vu l’équipe nationale échouer encore une fois lors des qualifications pour la Coupe du monde. Le football joue un rôle important dans la vie des Jamaïcains. 

LE PROVOCATEUR MARCO MATERAZZI

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  Gian Marco Castelberg

«DEUX COUPES DU MONDE, UNE VICTOIRE: BEAU BILAN, NON?»

Quel fut le plus bel instant quand vous avez été sacré champion du monde 2006 avec l’Italie?
Quand j’ai soulevé la coupe.

Quel est votre plus beau souvenir d’un Mondial de votre enfance?
J’ai toujours rêvé de participer à une Coupe du monde. Adulte, j’ai souvent dû réfréner mes espoirs pendant quatre nouvelles années. Puis j’ai eu ma chance, en 2002. J’ai ni par par- ticiper à deux Coupes du monde et j’en ai gagné une. Pas mal comme bilan, non?

Votre joueur préféré?
J’en ai plusieurs: Messi, Ronaldo et Neymar, comme tout le monde. En- fant, j’aimais bien Marco van Basten.

Qui pourrait être la révélation du Mondial en Russie?
Ce ne sera pas vraiment une sensation, car on le connaît déjà. Malgré tout, je dis: Lukaku, le Belge.

Quel est le match le plus dingue que vous ayez vu lors d’un Mondial?
Peut-être le «match du siècle», Italie - Allemagne en 1970, que l’Italie a remporté 4-3. Je ne l’ai pas vécu, il a eu lieu avant ma naissance.

Quel est votre favori?
Le Brésil et l’Argentine.

Que pensez-vous de l’assistance vidéo à l’arbitrage?
Réalisée de manière compétente, elle pourrait être précieuse.

LE SENTIMENTAL CHRISTIAN KAREMBEU

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  Gian Marco Castelberg

«À 4 HEURES DU MATIN, NOUS ÉTIONS CENT RÉUNIS DEVANT LE PETIT ÉCRAN»  

Quel fut le plus beau moment que vous ayez vécu lors d’un Mondial?
En tant qu’adulte, c’est clair: le titre de 1998, avec la France. Mais, sur le plan émotionnel, les Coupes du monde que j’ai vécues dans mon enfance, devant le petit écran, furent presque plus belles. Je me rappelle m’être levé à 4 heures du matin pour suivre les matchs. J’ai grandi en Nouvelle-Calédonie, au beau milieu du Pacifique. Au village, il n’existait qu’un seul poste TV. Nous étions sûrement cent à nous réunir devant une toute petite télé. Chacun ne voyait que la moitié de l’écran, les joueurs étaient minuscules. Malgré tout, l’ambiance était extraordinaire. Tout le monde rêvait de participer un jour à une Coupe du monde.

Qui était votre idole?
Maradona, Pelé, Zico, Socrates. La belle époque!

Quel jeune joueur brillera lors du Mondial en Russie?
Probablement Neymar. Il est le joueur le plus complet de la nouvelle génération.

Qui est votre favori?
La France. Cela fait vingt ans maintenant que la France a remporté la Coupe du monde. L’équipe actuelle peut y arriver de nouveau. Elle réunit tant de talents.

FAN DE L’ARGENTINE ROBBIE KEANE

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  Gian Marco Castelberg

«MARADONA ÉTAIT UN GÉNIE. MESSI LUI RESSEMBLE»

Quel fut le plus beau moment de votre carrière lors d’une Coupe du monde?
En 2002, en Corée du Sud. J’y ai marqué trois buts. L’Irlande a passé la phase de groupes. Inoubliable. Mon égalisation à un partout face à l’Allemagne dans le temps additionnel surpasse bien sûr tout.

Quel est votre plus beau souvenir d’un Mondial de votre enfance?
La Coupe du monde 1994, aux Etats-Unis. Ray Houghton a donné la victoire à l’Irlande d’un tir de loin, face à l’Italie (1-0), au Giants Stadium. Tout le pays était en délire.

Quel fut votre joueur favori quand vous étiez enfant et en avez-vous encore un?
Enfant, c’était Diego Maradona. J’avais épinglé des posters de lui dans toute ma chambre. C’était un génie, une source d’inspiration. Aujourd’hui, c’est Leo Messi, qui présente beaucoup de similitudes avec Maradona, pour ce qui est de son jeu.

Lequel des joueurs de la nouvelle génération peut marquer son époque?
Neymar, sûr. Ce qu’il a déjà démontré avec Barcelone et le PSG est énorme. Il faut espérer qu’il soit épargné par les blessures. Il sera passionnant de voir ce qu’il arrivera à faire avec le Brésil.

Qui est votre favori?
Si je devais miser sur un pays: l’Allemagne. Mais je crois que l’heure de l’Argentine a sonné.

L’assistance à l’arbitrage par la vidéo fait une première en Russie. Un progrès à saluer?
J’étais pour, jusqu’au jour où j’ai vu un match de Tottenham qui a ni en désastre. L’assistance vidéo a tué l’esprit du jeu. C’est néfaste quand le public et les joueurs doivent patienter pendant que l’arbitre se fait téléspectateur avant de communiquer son verdict.

LE RÊVEUR ALAN SHEARER

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  DMcCallum

«LE MEILLEUR QUE J’AIE JAMAIS VU: ZINEDINE ZIDANE»  

Quel fut le plus beau moment que vous ayez vécu lors d’un Mondial?
J’ai participé à la Coupe du monde 1998 avec l’Angleterre, en marquant quelques buts. Hélas, mes goals face à l’Argentine n’ont pas suffi  pour passer les huitièmes de finale. Nous avons perdu aux tirs au but.

Quel est votre plus beau souvenir d’enfant ou d’adolescent?
J’avais 19 ans lors de la Coupe du monde 1990 en Italie, quand l’Angleterre a atteint les demis, après des victoires sur la Belgique et le Cameroun. Puis l’Allemagne nous a éliminés aux tirs au but. Mais j’ai réalisé mon rêve d’enfant: j’ai pu jouer une phase  finale de Coupe du monde.

Qui était votre joueur préféré et lequel est-ce aujourd’hui?
Le meilleur contre qui j’aie jamais joué était Zidane. Ce qu’il était capable de faire avec un ballon était incroyable. Il conduisait la balle indifféremment du pied gauche ou du pied droit. Il caressait le ballon.

Qui est votre favori cette année?
Je crois que la France fera un bon tournoi. Mais il n’y a pas d’équipe qui domine les autres. Même le vainqueur devra bénéficier d’un coup de chance.

Quel joueur de la nouvelle génération a l’étoffe d’une future superstar?
J’espère que ce sera un Anglais. Dele Alli (Tottenham) a tout pour être celui-là. Il n’a aucune pression sur les épaules.

TÊTE D’OR PATRICK KLUIVERT

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  Gian Marco Castelberg

«LE BRÉSILIEN WILLIAN PEUT ACCOMPLIR UNE EXCELLENTE COUPE DU MONDE»

Quel fut le plus beau moment d’une Coupe du monde pour vous?
En tant que joueur, le Mondial 1998 en France. Quand j’ai égalisé de la tête à 1-1 contre le Brésil, en demi-finale, j’ai couru jusqu’au drapeau de corner et j’ai tiré la langue, je ne savais plus où j’étais. En tant que spectateur, ce fut la Coupe du monde précédente, en 1994 aux Etats-Unis. Nous avions aussi perdu contre le Brésil, c’était hallucinant. Je n’oublierai pas non plus la  finale de la Coupe du monde 2010, en Afrique du Sud, face à l’Espagne. Robben a eu une immense occasion de nous donner le titre. Dommage.

Quels étaient vos joueurs favoris quand vous étiez enfant, et aujourd’hui?
Aujourd’hui, c’est Leo Messi. Un talent naturel. Et puis, au risque de paraître peu original, il ne faut pas oublier Ronaldo. Il mérite notre considération. Il travaille comme personne pour arriver où il en est et il est justement récompensé. Chez lui, on ne voit que la façade et pas toute la pratique qui se cache derrière. Enfant, mon idole était Marco van Basten. Je me souviens de son but extraordinaire en 1988, à l’Eurofoot en Allemagne. Il est très rare de botter une balle aussi parfaitement.

Quel jeune joueur pourrait se révéler lors du Mondial en Russie?
Je crois que Willian, le Bésilien de Chelsea, est capable de réaliser une Coupe du monde extraordinaire. Et bien sûr, comme tout le monde, j’attends Neymar.

Et l’assistance vidéo?
La GLT, la goal-line technology, est importante à mes yeux. Ainsi que la question «penalty ou non». Hormis ces deux situations, tout se complique rapidement. Je crois qu’il ne faut pas laisser la technologie voler la vedette au jeu.

Qui est votre favori du Mondial russe?
Il y en a cinq ou six. L’Espagne, l’Allemagne, le Brésil, la France, la Belgique... Si vous me demandez de n’en choisir qu’un, alors... le Brésil... ou l’Allemagne (rires).

 Texte: Eva Breitenstein, Christian Bürge
* Toutes ces stars se sont données rendez-vous pour le Match of Friendship dans le cadre de Baselworld, la foire mondiale de l’horlogerie, à Bâle. Ambassadeurs de la marque Hublot, ils évoquent leurs souvenirs et leurs espoirs.

Par L'illustré publié le 25 juin 2018 - 11:07, modifié 18 janvier 2021 - 20:59