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© BALANCA ERWAN

Le martin-pêcheur, un oiseau bleu fascinant

Publié dimanche 14 octobre 2018 à 08:05
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Publié dimanche 14 octobre 2018 à 08:05 
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Le photographe breton Erwan Balança a capturé des images rares de ce bel emplumé furtif. La Salamandre consacre à ces photos un livre et une expo.
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«Si j’avais une passion pour l’école, c’était pour sa forme buissonnière», avoue Erwan Balança. Ce gamin de la campagne bretonne, solitaire et contemplatif, passait le plus clair de son temps au bord de la rivière avec sa canne à pêche, heureux dans ce monde que lui avait fait découvrir son grand-père. Une rencontre avec l’autre pêcheur assidu qui fréquentait ces lieux était donc inévitable et c’est à l’âge de 9 ans qu’Erwan a aperçu Martin pour la première fois.

BALANCA ERWAN
 

Puis l’enfant et l’oiseau se sont revus, encore et encore, Martin filant toujours au ras de l’eau à la vitesse de l’éclair, jusqu’au jour où, surprise, 40 grammes de plumes, de couleurs et d’énergie se sont posés à l’extrémité de la canne à pêche d’Erwan. «A trois mètres de mon nez!»
Erwan ne savait pas encore qu’il allait parcourir le monde, armé de son appareil photo et guidé par son amour pour la nature. Et ne se doutait pas non plus que Martin et lui, c’était pour la vie!
Les noces d’émeraude
Mais il n’y a pas de hasard: Erwan observe et photographie Martin à chaque fois qu’il en a l’occasion depuis quarante ans et quarante ans de compagnonnage, ça correspond à des noces d’émeraude – de la couleur des plumes de l’oiseau!

BALANCA ERWAN
 

A défaut d’un fromage, cela valait bien un livre! Martin, le pêcheur plonge son lecteur dans l’univers de l’oiseau et c’est une immersion qui parle à tous nos sens. On sent la brume s’élever des plans d’eau, enveloppant un couple de grèbes huppés. On voit les premiers rayons de l’aube éclairer un fuligule milouin, on perçoit l’humidité et l’odeur stagnante du brouillard avalant une roselière où s’abrite un bruant des roseaux, on s’empêtre dans les fils d’une toile qu’une araignée tisse pour «pêcher au filet», on devine le clapotis d’une loutre se glissant dans l’eau, on surprend une genette en chasse, un épervier qui ose rêver de croquer un martin-pêcheur, on entend le saut d’une carpe à plusieurs centaines de mètres…
Dans cet univers, l’unique représentant européen de la famille tropicale des alcédinidés, qui réunit une petite centaine d’espèces apparemment originaires de Malaisie, éclate de toutes ses nuances d’orange et de bleu, oiseau métallique en habit de lumière.
Poids plume, de 40 à 45 g pour une envergure de 24 à 26 cm et une longueur de 16 à 17 cm, notre pêcheur se révèle vorace. Un adulte engloutit 14 à 25 petits poissons par jour, sans compter les insectes et batraciens de passage, pour alimenter la batterie énergétique qui lui permet de pratiquer le vol stationnaire et la plongée à pic jusqu’à un mètre de profondeur. Et il est capable d’attraper 70 ou 80 petits poissons, jusqu’à 7 ou 8 cm pour nourrir sa progéniture de quatre à sept œufs par couvée, deux à trois fois par an, de mars à septembre.
Martin ne sait pas nager!

BALANCA ERWAN
Mâle et femelle sont identiques, à un détail près: le bec, taillé en poignard, est tout noir chez Martin alors que la mandibule est orange chez Martine.

Contrairement à de nombreux oiseaux pêcheurs, Martin n’a pas de palmes. Ses doigts sont partiellement soudés, ce qui rend ses pattes plus efficaces dans le creusement du terrier qui sert à sa progéniture, mais c’est à la poussée d’Archimède, résultant de l’air emprisonné sous son plumage, imperméable, qu’il doit de pouvoir remonter de ses plongées à pic.

BALANCA ERWAN
Si les orangés de ses plumes sont dus à un pigment, la couleur turquoise du martin-pêcheur est le résultat d’un effet d’optique.

Des plongées qui n’ont pas échappé à l’objectif d’Erwan, logé dans un caisson étanche, entouré de flashs subaquatiques et commandé par un système de déclenchement à distance. Martin y prouve son efficacité: cible repérée jusqu’à 20 mètres sous l’eau, diffraction corrigée, cible attrapée dans 99% des cas.


 

Un livre et une expo à ne pas manquer!

Flèche d’azur et d’orangé au-dessus de l’eau, le martin-pêcheur est un oiseau tout simplement unique. Le nouveau livre photo «Martin, le pêcheur» raconte ce prodige qu’on dirait surgi des tropiques. Les images renversantes d’Erwan Balança révèlent le martin-pêcheur dans sa vie spectaculaire au ras des flots: premières rencontres hors de l’eau, moments d’intimité dans le terrier ou incroyables séances de plongée. «Martin, le pêcheur», c’est aussi une très belle exposition photographique à ne pas manquer au prochain Festival Salamandre du 26 au 28 octobre à Morges.

Martin, le pêcheur. Erwan Balança
144 pages – Fr. 49.–
en librairie ou sur boutique.salamandre.net

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